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Autrui est-il le médiateur indispensable entre moi et moi-même ?

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Mais des faits innombrables prouvent combien la cohabitation est désespérément difficile : depuis les conflits entre les individus jusqu'aux guerres entre les peuples, tout montre que si autrui se révèle être l'allié le plus indispensable, il est aussi mon plus implacable ennemi. Autrui renvoie à un objet du monde qui est donc autre que moi (un homme que je rencontre n'est pas moi) mais pas de la même façon dont une chose ou même un animal sont autres : autrui est en même temps comme moi, il m'est semblable et je lui ressemble, c'est un homme comme moi, un autre moi (alter ego). Cette notion est contradictoire, puisqu'elle signifie en même temps l'identité et la différence.Autrui est à la fois semblable à moi et différent de moi, le même et autre que moi. Comme moi, il est un être raisonnable, c'est une conscience. Mais comme autre, il est « alter ego «, cad un autre moi et un autre que moi. Mais, puis-je me passer du médiateur qu'est autrui ? Dois-je passer par lui pour me découvrir et me reconnaître ? La connaissance de soi passe-t-elle par la reconnaissance de l'autre ? Une conscience isolée des autres aurait-elle conscience d'elle-même ?

 

1) Autrui n'est pas le médiateur entre moi et moi-même (le solipsisme et la certitude du cogito chez Descartes).

 

2) Autrui est le médiateur entre moi et moi-même (les analyses de Hegel et Sartre)

 

3) Autrui comme médiation éthique (analyse de Lévinas).

 

 

 

 

« Plan: 1) Autrui n'est pas le médiateur entre moi et moi-même (le solipsisme et la certitude du cogito chezDescartes). Le solipsisme Du latin solus, "seul", ipse, "moi-même", le solipsisme est le point limite de l'idéalisme métaphysique : il définit uneattitude du sujet pour lequel rien n'existe en dehors de sa conscience. Tout se passe dans la solitude du moi : jesuis seul dans ma tête et ne puis entrer dans la conscience d'autrui. Dans cette perspective, les autres se réduisentà n'être que de pures fictions créées par mon esprit. Pour le solipsisme • Descartes, découvrant le cogito, aboutit à une unique certitude après le doute : la seule existence de son êtrepensant. Quant à l'existence des choses et à celle d'autres consciences, elle n'est pas encore avérée et faitproblème. Nous ne pourrions imaginer autrui que par le subterfuge d'un raisonnement par analogie. La conscienced'autrui découlerait ainsi de la conscience de soi. • Leibniz imagina aussi un monde d'esprits qu'il nomme monades et dontaucune n'aurait de "fenêtre" sur le dehors du monde. RAPPEL: LA MONADE CHEZ LEIBNIZCe terme renvoie à l'unité spirituelle élémentaire dont tout ce qui existe estcomposé. La monade est à la métaphysique ce que le point est à la géométrieà la fois unique et en nombre infini. Il n'y a pas chez Leibniz de dualisme (d'uncôté l'âme et de l'autre l'esprit). Mêmes les minéraux ou les végétauxpossèdent une dimension spirituelle ! Il y a des monades douées de mémoirechez les animaux, des monades douées de raison comme chez les hommes.Aucune monade ne ressemble à une autre. Chacune d'elles représente lemonde de manière toujours particulière et plus ou moins claire, à la manièrede miroirs plus ou moins bien polis. A la faveur de la bonté et de l'omnisciencedivines, toutes les monades constituent un tout harmonieux, car chacune estcomme un monde fermé, sans portes ni fenêtres, cad sans communication. Des objections au solipsisme • De nombreux philosophes, par la suite, ont écarté cette théorie, insenséedans sa logique même pour Schopenhauer, illusoire pour Husserl. Pour cedernier, en effet, l'existence d'autrui est vécue a priori, elle se donneimmédiatement comme présence, dans une évidence originaire, contemporainede celle par laquelle je me saisis moi-même.• Cette doctrine, en tant que posture philosophique, a besoin de se formuler, donc de s'adresser à d'autres, ce quisuppose par là-même l'existence d'autrui.• Une solitude totale n'existe pas, ou bien se détache sur fond d'une relation à autrui : être seul, c'est être sansautrui. C'est donc se reporter à lui, sur le mode du manque. 2) Autrui est le médiateur entre moi et moi-même (les analyses de Hegel et Sartre) »

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