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« Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même. » in : L'Être et le Néant (Gallimard, p. 276).

Extrait du document

C'est parce que tout rapport à autrui a lieu sur la toile de fond du monde que le conflit cesse d'être le constituant essentiel de ces rapports.

 

On peut se demander si les trois dimensions de Sartre ne se réduisent pas, malgré tout, aux deux dimensions qu'elles sont initialement, à savoir moi et autrui.

 

Il manquerait ainsi une dimension fondamentale à Sartre : celle du monde.

 

C'est peut-être parce que Sartre n'a pas analysé avec suffisamment de densité cette appartenance commune d'autrui et de moi-même au monde que ses descriptions manquent de nuances et se déroulent dans l'horizon du conflit.

 

Merleau-Ponty a quant à lui bien mieux tenu compte des véritables trois dimensions que sont autrui, moi et le monde.

 

Autrement dit, ce qu'on peut reprocher au sujet, à l'ego sartrien, c'est de n'avoir aucun relief, d'être si l'on veut, un ego désincarné.

 

Et l'ego auquel pense Merleau-Ponty est bien plutôt celui qui fait corps avec le monde.

 

Au fond, dit Merleau-Ponty, «chez Sartre c'est toujours moi qui fais la profondeur, qui la creuse, qui fais tout, et qui ferme du dedans ma prison sur moi« (Le Visible et l'Invisible, p. 291).

 

Aussi n'est-ce point un hasard si, en modifiant la perspective sartrienne qui fait du conflit l'horizon de n'importe lequel de nos rapports à autrui Merleau-Ponty modifie du même coup la nature profonde du rapport moi-autrui.

 

Ce n'est en effet qu'au sein de ces deux contextes qu'il y a un «problème d'autrui«.

 

Ici se pose une question : qu'est-ce que l'existentialisme?

 

Allons-nous répondre comme le fit Sartre dans ce que Merleau-Ponty appelait un «manifeste« que «l'existentialisme est un humanisme«?

 

Resterait alors non seulement à se demander ce que veut dire le mot «humanisme« (c'est précisément ce que fit Heidegger dans la Lettre sur l'humanisme), mais encore pourquoi le thomisme, le socialisme, le marxisme, le scoutisme, pour ne prendre que ces quelques exemples, ont aussi été qualifiés d «humanismes«.

 

Pourquoi dans ces conditions ne pas considérer également la cueillette des olives en Basse Provence comme un humanisme?

 

Plutôt donc que de définir l'existentialisme comme un humanisme, ou même comme le renversement d'une proposition métaphysique en disant certes que «l'existence précède l'essence«, mais en omettant d'une part de véritablement s'interroger sur la provenance de ce couple de concepts et en ne s'apercevant pas d'autre part que le renversement d'une proposition métaphysique ne permet pas pour autant de sortir de la métaphysique, nous préférons essayer de le situer.

 

« Autrui 31 En ce qui concerne notre sujet, la cinquième des Méditations cartésiennes de Husserl (Vrin) apparaît comme un texte fondamental. C'est aussi, il est vrai, un texte très difficile. On demandera donc ici l'aide de son professeur. De Max Scheler, on lira Nature et Formes de la sympathie chez Payot. Être et Temps (Sein und Zeit), de Martin Heidegger, contient des remarques capitales à propos d'autruia. Conseillons encore aux élèves la lecture de la Lettre sur l'humanisme que Heidegger adressa à Jean Beaufret (Aubier-Montaigne). Dans L'Être et le Néant de Jean-Paul Sartre (Gallimard ; existe à présent en collection « Tel ») on lira principalement le chapitre 1 de la deuxième partie, les chapitres 1 et III de la troisième partie et enfin l'ensemble de la quatrième et dernière partie. Mais, afin d'avoir une vue quelque peu différente de celle que l'on a en lisant L'Être et le Néant, nous conseillons de lire au moins certains passages de la Critique de la raison dialectique (Gallimard) ou Les Mots(« Folio», Gallimard). Enfin il serait bon de lire également deux textes assez courts mais bien différents l'un de l'autre : La Transcendance de l'ego (Vrin) qui est le premier texte strictement philosophique de Sartre, et L 'Existentialisme est un humanisme ( « Folio » ). Si le premier texte mérite d'être connu, le second est à la limite trop connu et les thèses qu'il énonce doivent être précisées par d'autres références. Signalons enfin à propos de Sartre que ses romans ou ses pièces de théâtre sont susceptibles d'offrir de judicieux exemples. Rappelons à ce sujet qu'il convient d'éviter de citer, telle quelle, la phrase «L'enfer c'est les autres ». Cette phrase fait partie de ces inamovibles citations qui, en raison du grand nombre de fois où elles apparaissent dans les copies, finissent par ne plus rien signifier. On ne quitte pas l'atmosphère sartrienne en lisant le roman de Simone de Beauvoir intitulé L'invitée (Livre de poche). On trouvera là une illustration des thèses de Sartre sur les relations avec autrui. On pourra compléter la lecture de ce texte par celle d'un essai qui a pour titre Pour une morale de l'ambiguïté (suivi de Pyrrhus et Cinéas, collection « Idées », Gallimard). Nous conseillons la lecture de Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty (collection« Tel», Gallimard; nous citons d'après l'ancienne édition). On se reportera plus particulièrement dans la deuxième partie au chapitre IV et dans la troisième et dernière partie aux chapitres 1 et IL Il ne faudrait pas non plus négliger certains essais de Sens et Non-Sens ou de Signes (Gallimard). On consultera aussi Les relations avec autrui chez l'enfant (in:« Bulletin de Psychologie», novembre 1964). Enfin, l'on s'efforcera de repérer dans Le Visible et l'invisible (Gallimard) les notes de travail consacrées à la question d'autrui. Les élèves pourraient mettre à profit le climat sartrien du sujet qui leur est proposé pour chercher à savoir ce qu'il faut entendre par « existentialisme », ce terme d'ailleurs ne s'appliquant pas au seul Sartre. Indiquons ici quelques références: a. Traduction hors commerce d'Emmanuel Martineau et traduction de François Vezin chez Gallimard. »

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