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Baruch Spinoza (1632-1677): Dieu - La nature humaine - Les modes finis et limités : les corps

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spinoza

Elle est conçue de façon totalement abstraite et globale.

 

Aussi les corps qui composent la nature ou Dieu ne sont-ils pas réellement distincts les uns des autres.

 

Pour désigner les corps physiques qui forment la nature ou Dieu, Spinoza emploie le terme de «mode«.

 

La cause première des corps est Dieu, bien entendu, mais ici, elle n'est pas «absolument prochaine«, elle est «éloignée«.

 

En effet, la cause directe d'un corps est un autre corps, la cause d'un mode fini et limité est un autre mode fini et limité : par ces termes, Spinoza ne désigne rien d'autre que la reproduction des espèces qui se fait d'individu à individu.

 

On se souvient, en effet, que les modes finis et limités, dont l'homme, ne sont pas des parties d'un tout divisible mais des manifestations de la totalité, même s'ils sont limités dans la durée et dans l'espace.

 

L'homme peut donc parvenir à des idées adéquates de ces attributs de Dieu parce qu'il a l'idée des modes de ces attributs.

 

13. On connaît le sens de «passion« dans le tangage courant : c'est te terme qui désigne un embrasement violent des sentiments d'un être.

 

Mais l'étymologie latine, qui remonte au verbe patior signifie «subir«.

 

A l'inverse, on trouve la tristesse et son corollaire la haine, sentiments suscités à l'encontre de ceux qui semblent empêcher de persévérer dans l'être.

 

Ces idées, qui placent la cause du conatus en dehors de soi, sont aussi inadéquates les unes que tes autres.

 

L'analyse des passions suit entièrement cette division initiale.

 

Par l'effet de l'imagination, l'homme peut ainsi éprouver de la haine non seulement pour un être donné mais pour tous ceux qui lui sont reliés d'une manière ou d'une autre ; un même être peut être associé à d'autres êtres ou objets dont les uns suscitent sa joie et d'autres sa tristesse : l'homme hait et aime ainsi en même temps.

 

L'espoir est ta passion ressentie par l'homme devant un événement à venir porteur d'une puissance accrue pour son être et la crainte devant un événement qui risque d'amoindrir sa capacité à persévérer dans l'être.

 

De même, le sentiment de pitié est ressenti lorsque l'homme imagine chez un autre la tristesse c'est-à-dire le sentiment éprouvé devant la diminution de sa capacité au conatus et l'émulation devant le désir d'un autre, désir qui est la marque, chez cet autre, de la capacité à persévérer dans l'être.

 

C'est aussi selon cette distinction fondamentale que l'homme désigne le bien et le mat.

 

Le bien est ce qu'aime l'homme parce qu'il en tire sa joie et le mat est ce qu'il hait parce qu'il en éprouve de la tristesse.

 

Mais l'âme agitée de ces passions se trompe et s'égare.

 

Car elle conçoit au sujet de la persévérance dans son être des idées inadéquates et les passions la mettent en esclavage puisqu'elle répond aux sollicitations externes.

 

Il existe cependant une véritable liberté possible, qui est aussi une véritable action, issue d'une idée adéquate de l'être humain, c'est-à-dire d'une idée qui connaît sa propre cause.

 

Et comme toujours chez Spinoza, il ne s'agit pas tant de remplacer des sentiments par d'autres, comme le proposent les morales antiques, que de saisir la cause même des passions pour les transformer en action.

 

Si l'homme est capable, en concevant des idées adéquates, de se comprendre comme la cause de son appétit, de son désir, de sa joie, de son amour, de son sentiment d'émulation, s'il est capable, donc, de se comprendre lui-même comme la cause de sa persévérance dans son être, alors, loin de subir le tourment des passions, il agit et parvient à la liberté.

 

Mais il ne peut, bien entendu, être la cause des sentiments qui appartiennent au groupe de la tristesse, car il ne peut concevoir des idées adéquates, connaître les causes véritables et diminuer son être.

 

C'est le fait d'être soi-même cause de sa persévérance dans l'être, de concevoir des idées adéquates, ce qui revient à être à soi-même sa plus grande préoccupation et l'objet de son amour.

 

Les sentiments qu'éprouve l'homme sont issus des lois éternelles de la nature, celles qui le poussent à persévérer dans l'être parce que la nature elle-même cherche à se conserver en vie, à persévérer dans son être.

 

Cette connaissance de la cohérence entre le but de l'humanité et le but de l'univers entier engendre une joie infinie et l'amour de la cause première des lois de la nature, Dieu, dont ces lois sont le mode infini de l'attribut «pensée«.

 

On a vu que le mode infini de l'attribut «étendue« est un mouvement perpétuel organisé selon certaines lois, qui sont celles de la nature et qui sont le mode infini de l'attribut «pensée« de Dieu.

 

Les Idées adéquates et Inadéquates 

Les passions

Causes des passions 

Passions et conatus

La liberté de l'homme

L'immortalité de l'âme

L'individu comme éternel

Qu'est-ce que la connaissance adéquate de l'homme ?

« Œuvre L'œuvre de Spinoza est courte mais elle eut un retentissement immen­ se et lui valut d'être l'objet de mouvements d'admiration et d'enthou­ siasme, mais aussi d'indignation et de rejet. L'Ethique fut achevée en 1675.Auparavant, il avait écrit un ouvrage de méthode intellectuelle, le De Emendatione intellectus, « Sur la réforme de l'entendement», rédi­ gé avant 1662, et le Tractatus theologicopoliticus, «Traité théologico­ politique » écrit de 1665 à 1670 qui fut la seule œuvre importante publiée de son vivant. Il laisse inachevé le Tractatus politicus, le «Traité politique», auquel il se consacre de 1673 à 1677. L'œuvre morale de Spinoza, ['Ethique, est aussi son œuvre majeure et c'est elle qui sera étudiée ci-après. C'est une œuvre complexe, écrite en latin, extrêmement difficile d'accès, rédigée more geometrico, c'est-à­ dire comme une démonstration mathématique, sous forme de défini­ tions, axiomes, lemmes, etc., qui se renvoient les uns aux autres et ren­ dent très ardue la lecture. La visée de l'ouvrage est de donner à l'hom­ me, par la connaissance de sa nature, les clés à la fois de la sagesse et du bonheur, qui sont les mêmes. Pour ce faire, Spinoza définit d'abord ce que l'on peut connaître de la nature de Dieu, puis ce qu'est la natu­ re de l'homme, pourquoi il est incompréhensible à lui-même, ce que sont les passions qui le tiennent en esclavage, comment transformer le rapport de l'homme aux passions et parvenir, enfin, à la vie éternelle. L'œuvre est ainsi divisée en cinq parties : 1. De Dieu ; Il. De la nature et de l'origine de l'âme; Ill. De l'origine et de la nature des affections; IV. De la servitude humaine ou de la force des affections ; V. De la puis­ sance de l'intelligence ou de la liberté humaine. Dieu Qu'est-ce que le Dieu de Spinoza ? Il possède des attributs en nombre infini mais l'homme ne peut en connaître que deux : l'étendue et la pensée, qui incarnent toutes deux son infinité sous des formes diffé­ rentes. Ces attributs définissent l'essence de Dieu. Les modes* Que signifie l'assertion « l'étendue est un attribut de Dieu » ? Dieu se révèle dans toute l'étendue du monde physique, il est le monde phy­ sique. C'est une affirmation qui revient à soutenir que Dieu n'est pas distinct de la nature : de fait, Spinoza dit bien « Deus sive natura », « Dieu ou la nature ». Cette équivalence a profondément choqué les contemporains de Spinoza qui y ont vu une doctrine panthéiste. C'est une accusation qui n'est pas tout à fait exacte. Spinoza ne conçoit pas l'étendue comme constituée de parties juxtaposées et composées -130- »

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