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Que vaut une preuve contre un préjugé : Introduction : Preuve signifie connaissance démontrée, c’est aussi une démarche rationnelle qui sert à établir que quelque chose est vrai.

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Que vaut une preuve contre un préjugé : Introduction : Preuve signifie connaissance démontrée, c’est aussi une démarche rationnelle qui sert à établir que quelque chose est vrai. Contrairement au préjugé qui signifie au contraire : idée acceptée avant d'être examinée (pré-jugé), idée préconçue. Un préjugé n'est pas nécessairement faux, mais il est cru sans qu'on ait la preuve de sa vérité ou de sa fausseté. Il n'est pas une simple hypothèse. Une hypothèse est posée de façon temporaire en attente d'une démonstration qui déterminera si elle est retenue ou disqualifiée. L'hypothèse est donc par définition provisoire: validée, elle cesse d'être hypothèse pour devenir connaissance ; invalidée, elle est rejetée. Le préjugé, lui, est posé de façon autoritaire, indépendamment de toute justification. Enfin, pouvoir quelque chose contre est la capacité de s'opposer, de dépasser, de déraciner. A la vue de tout cela nous pourrons donc nous demander comment expliquer que les preuves ne suffisent pas à détruire les préjugés ? Cette question rejoint donc la question plus large des relations entre la science et les croyances irrationnelles. Plan : En principe une preuve peut tout contre un préjugé En principe une preuve peut tout contre un préjugé car elle est justifiée par une expérience qui atteste de sa validité. C’est une opération amenant l’intelligence d’une manière indubitable et universellement convaincante (du moins en droit) à reconnaître la vérité d’une proposition considéré d’abord comme douteuse. La preuve est en général un raisonnement mais pas toujours. Elle peut consister en une présentation de fait qui lève le doute. De plus il y a différents types de preuve qui servent à valid&e...

« II) En pratique une preuve ne peut pas grand-chose contre un préjugé Celui qui a un préjugé n'a pas nécessairement tort. Le jugement qu'il a porté prématurément peut se révéler vrai. Cependant, que son idée soit vraie ou fausse, les « preuves » qu'il apporte semblent toujours être aussi faibles. Prenons l'exemple qui accuse une personne de lui avoir volé son portefeuille alors qu'il n'en a aucune raison. Il dira, par exemple, pour justifier son appréhension, que cette personne « a l'air malhonnête », S'il se trouve que la personne est vraiment coupable, celui qui l'avait soupçonnée triomphera en disant qu'il « en était sûr ». Et pourtant, son accusation du départ reste un préjugé, car il n'avait alors aucune raison valable de penser cela. Donc, qu'il soit vrai ou faux, le peu de valeur du préjugé réside en ce qu'il n'est pas fondé sur des raisons valables. Ce que nous appelons « raisons valables » ce sont les raisonnements qui seuls peuvent constituer des preuves. Les pseudos preuves de celui qui accuse de vol sont en réalité des affirmations très subjectives, à propos de « l'air malhonnête », extérieurs au fait comme le sont les propos racistes. Autrement dit, sa démarche est le contraire d'un raisonnement. Car tous ses arguments se ramènent à l'affectivité, ce sont des sentiments, des impressions. Mais alors, si celui qui a un préjugé n'a pas raisonné, il devrait être facile de lui montrer son erreur en lui apportant des preuves. Mais il reste convaincu malgré le raisonnement. Et lorsque son préjugé s'avère vrai il est encore plus difficile de lui montrer l'invalidité de son jugement. Peut-être que celui qui a des préjugés ne se soucie pas vraiment de démontrer son idée. Cela pourrait expliquer le peu d'intérêt qu'il porte au raisonnement. En effet, l'idée que nos préjugés puissent exister totalement à notre insu n'est pas acceptable. Car notre raison nous porterait à en douter. Ce qui fait que l'on est convaincu d'un préjugé c'est que l'on choisit d'y croire avant même de l'avoir vérifié. Sartre nous montre dans la réflexion sur la question juive que l'antisémite choisit ses arguments alors qu'il est déjà persuadé d'avoir raison, il ne cherche donc pas de preuves. Au contraire, celui qui se sert de sa raison ne bâtit ses affirmations que sur le raisonnement. Il y a donc de la part de celui qui préjuge un refus de raisonner et de connaître la vérité. Son souhait n'est pas véritablement d'avoir raison mais plutôt d'avoir une opinion solide à ses propres yeux, qui lui parait censé. Ses idées sont pour lui des principes inviolables. C'est par leurs manière de penser, tout à fait opposées que le dialogue est impossible entre celui qui a des préjugés et celui qui bâti son jugement grâce à la raison. La discussion n'intéresse pas le premier puisque de toute façon il est fermé aux arguments et preuve que l’on peut lui faire. Il s'est installé dans son préjugé. Il semble alors impossible d'anéantir un préjugé avec une preuve puisque l'existence du préjugé est étrangère à la raison. »

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