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C'est ma conscience qui agit et donne sens au monde

Publié le 28/09/2013

Extrait du document

conscience

Pourquoi donc est-ce que je me trompe sur le rapport de ces deux bâtons, surtout s'ils ne sont pas parallèles? Pourquoi dis-je, par exemple, que le petit bâton est le tiers du grand, tandis qu'il n'en est que le quart ? Pourquoi l'image, qui est la sensation, n'est-elle pas conforme à son modèle, qui est l'objet? C'est que je suis actif quand je juge, que l'opération qui compare est fautive, et que mon entendement, qui juge les rapports, mêle ses erreurs à la vérité des sensations, qui ne montrent que les objets. Ajoutez à cela une réflexion qui vous frappera, je m'assure, quand vous y aurez pensé ; c'est que si nous étions purement passifs dans l'usage de nos sens, il n'y aurait entre eux aucune communication ; il nous serait impossible de connaître que le corps que nous touchons et l'objet que nous voyons sont le même. Ou nous ne sentirions jamais rien hors de nous, ou il y aurait pour nous cinq substances 2 sensibles, dont nous n'aurions nul moyen d'apercevoir l'identité. Qu'on donne tel ou tel nom à cette force de mon esprit qui rapproche et compare mes sensations ; qu'on l'appelle attention, méditation, réflexion, ou comme on voudra, toujours est-il vrai qu'elle est en moi et non dans les choses, que c'est moi seul qui la produis, quoique je ne la produise qu'à l'occasion de l'impression que font sur moi les objets. Sans être maître de sentir ou de ne pas sentir, je le suis d'examiner plus ou moins ce que je sens.

ROUSSEAU

1. Je m'assure: j'en suis sûr.

2. Substances : être séparés existant par eux-mêmes.

La conscience qui agit permet la communication entre elles. Percevoir,c'est synthétiser tous ces échanges et rendre compte de  l'unité du moi. Le phénoménologue Merleau-Ponty écrit, au XX' siècle : « Le monde est inséparable du sujet, [...] et le sujet est inséparable d'un monde qu'il projette lui-même «. La perception rend compte de l'expérience unitaire de la conscience. Si nous n'étions pas actifs, nous ne pourrions pas opérer cette synthèse qui ouvre au monde, à autrui, et qui donne sens. Avoir conscience, c'est lier et identifier, dans une activité qui ne cesse jamais. Les sens transmettent des impressions : seule ma conscience leur donne sens.

QUESTIONS

1. Dégagez la thèse de ce texte et les étapes de son argumentation.

2. Expliquez :

a. «je suis actif quand je juge «.

b. « ou nous ne sentirions jamais rien hors de nous, ou il y aurait pour nous cinq substances sensibles, dont nous n'aurions nul moyen d'apercevoir l'identité«.

3. Puis-je être maître de mes sensations ?

conscience

« b.

« ou nous ne sentirions jamais rien hors de nous, ou il y aurait pour nous cinq substances sensibles, dont nous n'aurions nul moyen d'apercevoir l'identité».

3.

Puis-je être maître de mes sensations ? RÉAGIR •Mots clés • rapport : ici, c'est un lien, une relation que l'esprit constate.

Cela peut être une relation de ressemblance, de cause à effet, ou un rapport de gran­ deur.

• image : du latin imago, « représentation, image, portrait ».

C'est la représentation matérielle d'un objet.

• sensation : émotion, impression.

Changement d'état à dominante affective; fait de conscience élémentaire fourni par les sens, causé par une excitation physiologique.

• conforme : semblable, analogue.

• modèle : ce qui sert ou doit servir d'objet d'imitation pour faire ou reproduire quelque chose.

• entendement : faculté de comprendre, pouvoir de connaître et de juger ; la raison.

• opération : en mathématiques, processus de nature déterminée qui, à partir d'éléments connus, permet d'en engendrer un nouveau; calcul; acte supposant réflexion et combinaison de moyens en vue d'un résultat déterminé.

• communication : établir une relation avec quelqu'un ou quelque chose, résultat de cette action.

• apercevoir : découvrir, remarquer, discerner ; prendre conscience.

• identité : similitude, unité ; permanence ; en mathématiques, égalité qui demeure vraie quelles que soient les valeurs attribuées aux termes qui la constituent.

• attention : concentration, tension vers.

• méditation : approfondissement, concentration, contemplation ; pensée profonde.

• réflexion : retour de la pensée sur elle-même en vue d'examiner plus profondément une idée, une situation ; délibération, méditation.. »

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