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Comment savoir que l'on a raison ?

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Le rationalisme classique, inspiré par Descartes, défend cette thèse. Malebranche explique que nous pouvons tous faire la différence entre de mauvaises raisons, égoïstes, et de bonnes, louables et acceptables par tous les êtres humains. La capacité de distinguer des prétextes et des justifications acceptables est en effet permanente et internationale. Sa présence donne-t-elle une raison d’aller encore plus loin, et d’affirmer que, si la raison est universelle, elle peut aussi être déclarée innée?
Autant cette thèse est positive en droit en ce qu’elle exclut toute hiérarchie naturelle (raciale par exemple) entre les hommes, autant elle reste discutable dans les faits. Car les hommes des diverses cultures ne jugeront pas bonnes ou mauvaises les mêmes raisons. Il serait plus juste d’autre part de parler de capacité naturelle d’apprendre à raisonner et argumenter, plutôt que de la supposer déjà prête à l’usage dès la naissance. Reste au mérite de Malebranche d’avoir signalé la dualité de la raison: capacité de bien raisonner (rationnellement) et de se fixer des limites pratiques ou morales (raisonnablement). Or on n’aura pas raison de la même manière dans les deux domaines.

« PhilCor2004L,ES,S 26/08/03 18:04 Page 99 La démonstration 11 S GUADELOUPE–GUYANE–MARTINIQUE SEPTEMBRE 2002 • SÉRIE ES U J E T Comment peut-on savoir que l’on a raison ? C O R ■ Éléments NOTIONS EN R I G É d’analyse JEU La conscience ; autrui ; la démonstration ; la vérité ; la justice et le droit. DIFFICULTÉS m Le sujet invite à se mettre à la place de celui qui hésite à propos d’une position qu’il suit, ou d’un acte qu’il envisage d’effectuer. On adopte ici le point de vue du sujet au sens philosophique : c’est de l’intérieur que la question est posée. D’ordinaire, on se demande plutôt s’il est possible d’approuver autrui, de lui donner raison. m La question ne peut pas se poser dans l’absolu. Il est nécessaire d’envisager des situations concrètes. Mais ces exemples ne doivent pas être trop nombreux, ni anecdotiques. Il faudra donc bien choisir les cas instructifs et surtout bien les analyser sans jamais perdre de vue le problème philosophique. m On remarquera que la question n’est pas : « Comment savoir si l’on a raison ? » : « que », à la place de « si », implique un degré plus fort dans LA DÉMONSTRATION • SUJET 11 99 »

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