Corrige-philo-metropole-2021: Sujet 1 - Discuter, est-ce renoncer à la violence ?
Publié le 29/08/2026
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Correction - Philosophie 2021- Metropole
Plans détaillés et pistes de rédaction pour les sujets du baccalauréat général pour les trois sujets de
dissertation et l'explication du texte de Durkheim.
En philosophie, il n'existe pas de corrigé unique : les références et les plans proposés servent de pistes
solides pour construire une copie personnelle.
Sujet 1 - Discuter, est-ce renoncer à la violence ?
Analyse du sujet.
Discuter, c'est échanger des arguments dans un langage commun.
Renoncer à la
violence, c'est refuser d'imposer sa volonté par la force physique, la menace ou l'humiliation.
Le sujet demande donc si la parole remplace réellement la violence, ou si elle peut parfois la masquer, la
prolonger, voire la préparer.
Problématique possible.
La discussion est-elle l'alternative civilisée à la violence, ou bien peutelle elle-même devenir un rapport de force ?
I.
La discussion naît souvent du conflit
Le conflit fait partie de la condition humaine : les individus n'ont pas les mêmes intérêts, les mêmes
désirs, les mêmes croyances ni les mêmes expériences.
Discuter suppose donc d'abord qu'il y ait
désaccord.
Une société démocratique ne supprime pas les conflits ; elle leur donne une forme réglée,
publique et argumentée.
Dans les sociétés contemporaines, cette discussion est fragilisée par la multiplication des canaux de
communication et par la disparition d'un langage véritablement commun.
Jean-François Lyotard parle de différend pour désigner une situation où les parties ne parviennent plus
à se comprendre parce qu'elles ne partagent pas les mêmes règles de langage ou les mêmes critères de
jugement.
Cette incommunicabilité peut mener à une forme de violence : l'autre devient celui que je ne comprends
pas, ou celui par qui je ne me sens pas compris.
Dans une oeuvre comme Juste la fin du monde de JeanLuc Lagarce, Louis ne parvient pas à annoncer sa mort prochaine à sa famille.
Le langage, au lieu de
créer un lien, révèle la distance entre des univers sociaux,
affectifs et intellectuels opposés.
II.
Pourtant, discuter est une condition de la paix civile
La discussion s'oppose à la violence lorsqu'elle accepte une règle essentielle : on ne cherche plus à
vaincre l'autre par la force, mais à le convaincre par des raisons.
Elle devient alors le
fondement des sociétés policées, c'est-à-dire des sociétés où les conflits sont encadrés par le droit, les
institutions et la parole.
Habermas montre que la communication rationnelle possède une portée morale et politique.
Parler
avec autrui, c'est reconnaître qu'il peut comprendre, répondre, objecter et participer à la recherche
d'un accord.
La parole devient ainsi un devoir social : elle permet d'éviter que le désaccord ne
dégénère en domination brutale.
La démocratie repose précisément sur cette exigence.
Étymologiquement, dêmos signifie le peuple
et kratos le pouvoir.
Si le peuple doit gouverner, il doit pouvoir délibérer.
L'éloquence antique, chez
les grands orateurs grecs et romains, manifeste cette idée : la parole publique est un instrument
politique majeur, capable de transformer la force en débat.
III.
Mais la parole peut aussi devenir violente
Discuter ne suffit pas toujours à renoncer à la violence, car une discussion peut être faussée par
l'orgueil, la mauvaise foi ou le désir de dominer.
On peut parler non pour chercher la vérité, mais pour
écraser l'adversaire, imposer son opinion ou ridiculiser celui qui pense autrement.
Tocqueville analyse la passion moderne de l'égalité : chacun veut être reconnu comme l'égal de l'autre.
Cette exigence peut être légitime, mais elle peut aussi produire une susceptibilité extrême.
Dès lors, ne
pas être écouté ou ne pas être reconnu peut être vécu comme une injustice.
La discussion devient alors
une lutte pour la considération.
La violence verbale naît aussi de la confusion entre opinion et savoir.
Si toute opinion est jugée
équivalente à une connaissance, chacun peut croire que son avis mérite d'être imposé.
La discussion ne
renonce donc vraiment à la violence que si elle accepte des règles : écouter, justifier, distinguer croire et
savoir, reconnaître la dignité de l'interlocuteur.
Conclusion
Discuter peut être une manière de renoncer à la violence, car la parole substitue l'argument à la force.
Mais cela n'est vrai que si la discussion est sincère, réglée et orientée vers la compréhension.
Une parole
qui humilie, manipule ou refuse d'écouter ne supprime pas la violence
: elle la déplace dans le langage.
Sujet 2 - L'inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ?
Analyse du sujet.
L'inconscient semble, par définition, échapper à la conscience.
S'il devenait
immédiatement connu, il ne serait plus inconscient.
Pourtant, la psychanalyse affirme qu'il est possible d'en
interpréter les manifestations : rêves, lapsus, symptômes, répétitions ou désirs refoulés.
Problématique possible.
L'inconscient est-il absolument inconnaissable, ou peut-on en obtenir une
connaissance indirecte par l'interprétation ?
I.
L'inconscient semble d'abord désigner ce qui échappe au savoir
La conscience désigne la capacité de se représenter soi-même et le monde.
Descartes fonde la certitude du
sujet sur le Cogito ergo sum : je pense, donc je suis.
Dans cette perspective, ce
qui relève de moi semble devoir être accessible à ma pensée.
Mais l'inconscient introduit une limite : une partie de la vie psychique ne serait pas immédiatement
transparente au sujet.
L'être humain ne se connaît donc pas entièrement.
Il peut agir, désirer ou souffrir sans
comprendre clairement les causes profondes de ce qu'il éprouve.
Pour Freud, l'inconscient est le lieu des désirs, des pulsions et des souvenirs refoulés.
Ces éléments sont
inconnus du sujet parce qu'ils ont été repoussés hors de la conscience.
En ce sens, l'inconscient semble bien
échapper à la connaissance directe.
II.
Cependant, l'inconscient se manifeste par des signes
L'inconscient n'est pas visible comme un objet matériel, mais il produit des effets.
Les rêves, les lapsus, les
actes manqués, les symptômes névrotiques ou certaines répétitions de
comportement peuvent être compris comme des indices.
La psychanalyse cherche précisément à
interpréter ces signes.
Pour Freud, la cure par la parole permet au patient de faire émerger ce qui était refoulé.
La libre
association consiste à laisser venir les pensées sans censure afin de repérer des liens cachés.
Lacan
prolongera cette idée en montrant l'importance du langage dans la formation du sujet et de son désir.
Connaître son inconscient, ce n'est donc pas l'observer directement, mais apprendre à lire ses
manifestations.
Cette connaissance est partielle, fragile et médiatisée par l'interprétation.
III.
L'accès à l'inconscient reste indirect et jamais totalement achevé
L'interprétation des rêves, étudiée par Freud puis développée différemment par Jung, donne
une voie d'accès à l'inconscient.
Les images du rêve ne livrent pas un sens évident : elles doivent être
déchiffrées à partir de l'histoire du sujet, de ses désirs et de ses conflits internes.
D'autres pratiques, comme l'hypnose ou certaines formes de méditation, cherchent également à faire
apparaître ce qui échappe à l'attention ordinaire.
Elles témoignent d'un besoin moderne de mieux
comprendre les zones obscures de soi-même.
Mais l'inconscient ne devient jamais un savoir totalement maîtrisé.
Il résiste toujours en
partie, car il se transforme, se déguise et dépend d'une histoire singulière.
La connaissance de l'inconscient
existe donc, mais elle n'a pas la certitude d'une science exacte.
Conclusion
L'inconscient échappe à la connaissance immédiate : il n'est pas directement présent à la conscience.
Pourtant,
il n'échappe pas à toute forme de connaissance, car ses effets peuvent être interprétés.
La psychanalyse
propose ainsi une connaissance indirecte, progressive et toujours incomplète de cette part obscure du sujet.
Sujet 3 - Sommes-nous responsables de l'avenir ?
Analyse du sujet.
Être....
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