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Croire, est-ce renoncer à la raison ?

Publié le 31/01/2004

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On se demande si la croyance peut remplacer la raison, c'est-à-dire si elle permet de ne pas avoir à faire usage de la raison. Il y a également cet aspect selon lequel la croyance est suffisamment séduisante pour que la raison soit persuadée, trompée ou non. Il faut aussi envisager le fait que l'on ne fasse plus du tout appel à la raison dans la croyance (dans quelle mesure une croyance est-elle irrationnelle, volontairement ou inconsciemment irraisonnée ?). Qu'est-ce que le renoncement ? Ce mot implique une espèce de volonté, alors que le non-usage de la raison peut être inconscient, ou seulement temporaire (on peut croire en Dieu par exemple, tout en sachant qu'il est impossible de prouver scientifiquement son existence. La croyance n'exclut pas nécessairement la raison). Donc la croyance implique-t-elle nécessairement que l'on renonce à la raison ? Est-ce qu'en croyant je décide volontairement de ne plus faire travailler ma raison ?

Analyse du sujet. • Croire, c'est adhérer à une proposition, à une thèse, à une valeur dont on ne peut donner aucune justification rationnelle. C'est affirmer quelque chose qu'on tient pour vrai, sur la simple foi de l'autorité ou de la confiance. • Renoncer consiste à abandonner volontairement quelque chose. • Par l'usage de la raison, on entend l'exercice, l'utilisation de certaines facultés de penser telles que l'abstraction, le jugement, la démonstration et, par extension, toute méthode logique ou scientifique. Identification de la problématique. On oppose communément la croyance et le savoir, sous prétexte que la première s'apparenterait à l'ignorance, tandis que le second seul serait connaissance effective. Pourtant, si la croyance peut prendre la forme névrotique du préjugé, elle advient aussi là où la raison semble impuissante (religion), ou encore latente et inexprimée. Faut-il pour autant dire que la croyance est irrationnelle ? Ne pourrait-elle pas être la forme complémentaire d'une conscience rationnelle consciente de son statut ?

Nous sommes souvent amené à croire sans savoir, chaque fois que nous émettons une opinion sur un sujet sans avoir d’éléments suffisants pour en juger correctement. Il semble donc évident qu’il y a une opposition entre croire et savoir.

Pourtant, il n’est pas sûr pour autant que croire amène à renoncer à savoir. Comment être sûr que le savoir ne pourra jamais être atteint ? Qu’est-ce qui peut nous obliger à seulement croire ? Ne faut-il pas au contraire toujours chercher à savoir ?

Il faudra alors remettre en cause la stricte opposition entre les deux termes du sujet. Croire, n’est-ce pas assentir, donner son adhésion à quelque chose, qu’il s’agisse d’une simple opinion ou d’un véritable savoir ? Mais alors, n’y a-t-il pas une progressivité de l’un à l’autre terme, bien plutôt qu’une opposition ? Ou ne faut-il pas plutôt dire que croyance et savoir ne sont pas sur le même plan ?

I.                  Croire amène à renoncer à savoir : le pouvoir illusoire de la croyance   Opinion et illusion Foi et illusion Une seule solution : le désir philosophique de savoir II.               Croire est un préliminaire nécessaire à savoir   Le savoir est lui-même une forme de croyance La croyance comme préliminaire nécessaire au savoir. Le savoir est-il définitif ? III.           Croire et savoir ne sont pas sur le même plan   Persuader et convaincre Le sens et la vérité La valeur pratique de la croyance

« Introduction : Nous sommes souvent amené à croire sans savoir, chaque fois que nous émettons une opinion sur un sujet sans avoir d'éléments suffisants pour en juger correctement.

Il semble donc évident qu'il y a une opposition entrecroire et savoir. Pourtant, il n'est pas sûr pour autant que croire amène à renoncer à savoir.

Comment être sûr que le savoir ne pourra jamais être atteint ? Qu'est-ce qui peut nous obliger à seulement croire ? Ne faut-il pas au contrairetoujours chercher à savoir ? Il faudra alors remettre en cause la stricte opposition entre les deux termes du sujet.

Croire, n'est-ce pas assentir, donner son adhésion à quelque chose, qu'il s'agisse d'une simple opinion ou d'un véritable savoir ? Maisalors, n'y a-t-il pas une progressivité de l'un à l'autre terme, bien plutôt qu'une opposition ? Ou ne faut-il pas plutôtdire que croyance et savoir ne sont pas sur le même plan ? I.

Croire amène à renoncer à savoir : le pouvoir illusoire de la croyance Opinion et illusion 1.

Une opinion est une croyance au sujet de quelque chose qui n'est que probable.

Par exemple, je crois qu'il pleuvra demain, ou encore que tous les oiseaux ont deux pattes.Analyse de l'allégorie de la Caverne de Platon : les prisonniers de la Caverne ne croient pas celui qui en a été libéré, ils prennent leurs propres opinions pour le savoir véritable, ils croient que la Caverne est le monde du vrai.

Dans cette célèbre allégorie (République, VII), Platon présente dans un schéma simplifié le statut de l'homme dans lemonde : la duperie du nigaud qui prend des vessies pour des lanternes.

Il faut imaginer une caverne profonde danslaquelle les hommes sont enchaînés face à la paroi du fond.

Ne pouvant tourner la tête, la réalité est pour eux cemur sur lequel se déploient des jeux d'ombres.

A l'entrée de la caverne brûle un feu qui dispense une lumièresuffisante pour découper sur ce mur les silhouettes des figurines que manipulent des montreurs de marionnettes,interposés entre le feu et la cloison.

Lorsqu'ils parlent, l'écho produit donne l'illusion aux captifs que ce sont lesombres projetées qui prononcent ces paroles.

L'illusion est parfaite et peut ainsi durer toute une vie.

Mais si on endébarrasse un de ses chaînes - et c'est la mission du philosophe que de délivrer l'homme de l'erreur pour le conduireà la vérité -, qu'on le force à tourner la tête pour découvrir le stratagème, il sera frappé d'étourdissement.

Par laforce de l'habitude, les ombres de la paroi lui paraîtront plus réelles que cette nouvelle vision des figurinesmanipulées devant le feu.

Il lui faudra un certain temps pour s'accoutumer à l'éblouissement du feu et convenir qu'ilne voyait que l'ombre projetée des silhouettes qu'il voit désormais en réalité.

Si maintenant on conduit cet affranchihors de la caverne, l'éblouissement sera encore plus grand, et il faudra encore plus de temps pour voir les vraishommes et les vrais objets, dont les figurines n'étaient que les imitations.

Plus grande encore sera la volonté deretourner dans le confort ténébreux de sa caverne.

A l'extérieur, il ne pourra d'abord observer que les ombresnaturelles tant l'éclat est grand, puis les reflets des choses dans l'eau, puis les choses et les êtres en eux-mêmes.C'est à la faveur de la nuit qu'il pourra lever la tête aux cieux pour contempler les astres, et après une longue etpatiente éducation regarder ce dont quoi toute réalité procède, ce qui donne l'être et la vie, la lumière solaire.Le peu de réalité auquel il avait accès dans la caverne procédait donc de cela : cette réalité unique et lumineuse,cause universelle de toute consistance et de toute réalité.Ce sera alors son tour de descendre dans la caverne pour en avertir ses camarades.

Sous l'éblouissement du soleil, ilest plongé de nouveau dans les ténèbres, il passera pour un maladroit, un égaré ou un fou, tant il est vrai que nouspréférons nos chimères et nos faux-semblants à l'effort pénible d'ouvrir les yeux et de nous retourner pour gravir lapente qui nous achemine vers la vérité à laquelle nous ne sommes pas préparés.Cette allégorie illustre parfaitement la métaphysique platonicienne.

Nous sommes plongés, par nos habitudes quisont celles du commun des mortels, dans un monde de l'apparence et du faux-semblant.

Ce monde n'est pasentièrement faux (il suffirait alors d'en prendre le contre-pied pour accéder à la vérité), mais illusoire.

L'illusion n'estdonc pas une erreur, mais une imitation lointaine du vrai.

Il existe un arrière-monde véridique et consistant donttoutes nos illusions tirent leur semblant d'être.

Ce monde est celui des Idées, immuables et universelles dont toutesles choses existantes sont des imitations grossières et approximatives.

Pour saisir la vérité, il faut se détourner dusensible et penser.

Ce monde vrai tire son être propre d'une seule et unique réalité qui est le Bien (le soleil, raisonpour laquelle on présente la vérité comme une lumière qui dissipe les ténèbres.) Donc l'opinion n'est pas qu'une simple croyance, dont on saurait qu'elle est relative et simplement probable. L'opinion usurpe la place du savoir, elle est une illusion de savoir.

Ainsi, Socrate a été condamné à mort parce qu'il montrait à tous qu'ils ne savaient rien mais ne le savaient pas : ils croyaient tous tout savoir sur tout.

Le véritable. »

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