Devoir de Philosophie

Dissertation l'art nous détourne t-il de la réalité ?

Extrait du document

« Juliette de Loÿs T02 L’art nous détourne-t-il de la réalité ? L'art est la création d’objet ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l'homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique. La réalité quant à elle est ce qui existe indépendamment du sujet, qui n’est pas le produit de la pensée. La réalité pour Platon est l’essence même des choses. Elle ne peut donc pas être représenté par l’art puisque la reproduction d’une chose lui retire son essence. Mais peut-il y avoir une réalité sans un regard pour la percevoir ? L’art est une perception de la réalité, car l’artiste d’après Bergson regarde la réalité nue et sans voile. L’art met en jeu une représentation englobante du regard et du réel. De ce point de vue, il semble paradoxal que l’art puisse nous détourner de la réalité. Cependant, si l’art nous détourne de la réalité, il occupe dans nos sociétés une place bien trop importante, qu’il faudrait remettre en cause. C’est donc à la fois la place de l’art mais également des artistes qui nous détourneraient de la réalité qu’il faut questionner Platon considère que la réalité d’un objet est son essence, et non sa version physique ; alors d’après lui l’art ne permet pas de percevoir cette réalité. Si l’objet matérielle n’est qu’une copie de son essence originelle et donc de la réalité, alors l’art n’est que la copie d’une copie. Platon prend l’exemple d’un lit : le menuisier qui fabrique un lit reproduit l’essence d’un lit. Il s’agit donc d’une copie de ce qu’est réellement un lit. L’artiste qui reproduit ce lit ne reproduit donc que l’image de l’image de l’essence du lit. L’art n’a avec Platon aucune valeur, et il nous éloigne la réalité, car une imitation d’une imitation ne peut en aucun cas représenter le monde réel. Cependant, la définition de l’art par Platon se limite à l’imitation de la nature par l’artiste. Cette opinion est d’après Hegel celle du sens commun. Dans l’introduction de l’Esthétique, Hegel ce qu’avance Platon : l’art d’imitation est vain et inutile. L’artiste produit des illusions partielles qui certes sont impressionnante par leur technique et leur proximité avec leur modèle (Hegel prend pour exemple les raisins de Zeuxis : des raisins peints avec tellement de réalisme que les pigeons venaient les picorer) mais qui restent bien en dessous de la nature. En effet, les arts visuels sont limités par leurs moyens d’expression (ils ne reposent que sur un seul sens : la vue) ; cependant, l’essence d’un objet repose sur bien plus qu’un seul sens. Pour Brancusi, l’essence d’une chose ne repose pas uniquement sur la vue et donc sur ses caractéristiques physiques mais bien sur un ensemble d’élément qui compose une chose. Brancusi prend l’exemple de la peinture d’un poisson : selon lui, peindre un poisson en représentant ses écailles, ses nageoires et toute ses caractéristiques physiques, n’a pas de sens. Le poisson se caractérise par son mouvement, la lumière qu’il reflète... Néanmoins, si l’art nous détourne de la réalité, ce n’est pas forcément une mauvaise chose : face à une réalité douloureuse, l’art peut être l’apaisement de l’âme. C’est l’idée que défends Schopenhauer dans l’Esthétique. Cet ouvrage est une tentative de Schopenhauer de trouver un remède au pessimisme qui résulte de cette intuition de l'essence du monde. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles