Donna Haraway, résumé et explication de Manifeste Cyborg
Publié le 25/05/2026
Extrait du document
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Introduction
« Cela veut dire construire et détruire les machines, les identités, les catégories, les
relations, les légendes de l’espace.
Et bien qu’elles soient liées l’une à l’autre dans une
spirale qui danse, je préfère être cyborg que déesse.
» (p.82, Manifeste cyborg), voilà
comment se nit l’essai de Donna Haraway publiée pour la 1ère fois en 1985.
Cette
dernière phrase situe l’entièreté de l’œuvre de l’autrice.
SLIDE 1
Entre poésie, théorie, et essai politique, la plume de donna Haraway est complexe,
radical et libre.
Philosophe, historienne, biologiste et sociologue, professeure a l’université de Californie à
Santa Cruz et chaire d’histoire de la conscience et des études féministes, Donna
Haraway, cultive un dialogue entre di érents domaines dans chacun de ces livres.
C’est peut être cette approche pluridisciplinaire qui rend la lecture de Manifeste Cyborg si
riche et ses relectures si di érentes chacune.
Loin des discours théoriques abstraits,
l’autrice invite à visiter « nos mondes » qui sont peuplés de monstres, de Cyborg, cet être
hybride et sans identité stable, ni humain, ni machine.
Elle a cette capacité à ancrer la ction dans un monde concret, dans des expériences
vécues.
Manifeste Cyborg, est, à ses débuts, un article rédigé par Donna Haraway sous la
demande des socialistes féministes américaines pour Socialist Review, comme ré éxion
sur le futur du féminisme dans le contexte de la présidence de Reagan.
(81-89) À cette
époque, la politique de gauche aux États-Unis est en déclin, et Manifeste Cyborg eu dès
sa publication une place majeure dans les domaines féministes, faisant de celui-ci un
point d’encrage dans les théories post-modernes, marxistes et donnant naissance au
mouvement du cyber féminisme.
Acclamée depuis 1985, et grandement critiquée dès 1990, manifeste Cyborg est une
œuvre clivante, tant il est un OVNI dans la sphère de débat.
Mais alors, Pourquoi
Manifeste Cyborg, (et plus généralement Donna Haraway) in uence t-il autant la
production contemporaine ?
Voilà à quoi s’enquiert cette présentation, même s’il est complexe de répondre
succinctement à ce sujet tant l’autrice crée un monde fourmillant d’idées.
Tout d’abord
perçons l’abcès : qu’est ce que le Cyborg d’Haraway ? Celui ci révèle d’un traitement
originale, qui est en lien avec les convictions politiques et féministes de l’autrice dont on
verra les grands principes par la suite.
Ces principe, cette gure Cyborg, nous sont déjà
bien familiers, car il sont une référence dans la production artistiques contemporaines de
ces dernières années.
1ere Partie : La gure du Cyborg et ses paradigmes
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SLIDE 2
Tout d’abord, l’œuvre est l’écriture d’un mythe, par dé nition quelque chose d’atemporel
et de symbolique.
Le mythe politique est un moyen de structurer une société, d’élucider
et transmettre une identité.
L’ironie est au cœur du mythe Cyborg , il est un élément
nécessaire pour l’autrice car il révèle les contradictions inhérentes à toute réalité, "L’ironie
est une histoire de tension produite lorsque l’on veut faire tenir ensemble des choses
incompatibles parce que deux d’entre elles, ou toutes, sont vraies et nécessaires." (p.30)
De la découle l’utilisation d’un bestiaire réel ou fantastique dans l’œuvre, d’un mélange de
ction, et de réel, grâce à la gure du Cyborg.
SLIDE 3
Mais tout d’abord, qu’est ce qu’un Cyborg ? Abréviation de « cybernetic organism », le
Cyborg est par essence hybride, il n’est pas totalement organique, ni mécanique.
C’est
un être brouillant les frontières.
Il découle e ectivement de la cybernétique, une science des processus de commandes
et de communications chez les êtres vivants développée dans les années 50 et
Popularisé par la publication en 1953 de Norbert Wiener, Cybernetics or Control and
Communication in the Animal and the Machine.
Le terme vient à la base d’une démarche
pluridisciplinaire, uni ant les domaines de l’automatique, de l’électronique, de la théorie
mathématique et de l’information.
(En 1960, Kline et Manfred Clynes invente le terme cyborg, l'utilisant dans un article du magazine
Astronautics sur les avantages des systèmes homme-machine autorégulateurs dans l'espace)
CROQUIS
Selon ce croquis, le cerveau humain et les machines du XXème siècle ont tout deux un
schéma machinale du traitement de l’information, dans lequel le monde est lu et écrit en
code phénoménologique.
La rétroaction ou « feedback », que vous voyait ici permettrait
alors l’auto régulation du système et avec, son automatisation.
Il provient donc, en premier lieu, d’hypothèse et de recherche scienti que, et ne restait
alors qu’une chimère.
La gure du Cyborg est alors très vite passé dans le domaine de la
ction, une gure de la pop culture, comme avec le super héros Cyborg des DC Comics
en 1980.
SLIDE 3
Ainsi, le Cyborg fut récupéré selon l’autrice par l’Occident, qui en a fait une gure du
progressisme, du militarisme, du capitalisme et du patriarcat.
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Le Cyborg n’est pas genrée et ne suit pas une logique de reproduction, mais plutôt de réplication.
Donna Haraway compare cela au C3I, un programme militaire américain dont l’acronyme
correspond à « commande contrôle communication Intelligence ».
Composée de ligne de code, il
peut se répliquer in niment et s’appliquer à tout phénomène, ce que l’autrice compare donc à
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Des les premiers mots de l’essai, donna Haraway pose la base de ce récit : « Je vais
tenter ici de construire un mythe politique ironique qui soit dèle au féminisme, au
socialisme et au matérialisme.
» (p.29).
Mais que veulent dire ces propos ?
une « orgie Cyborg » car comme le C3I, le Cyborg est cette ligne de code, il n’est fait que
d’écriture, d’information et de signaux, sur lesquels il agit et auxquelles il peut réagir.
Il est devenu, dans l’imaginaire collectif la créature menant à l’apocalypse, dépassant un
jour son créateur.
En e et, le Cyborg n’est pas comme la créature de Frankenstein, il n’a
pas d’amour pour son créateur, il n’a pas besoin de rédemptions, d’holisme, de désir.
(là encore l’autrice s’attache à une lecture non binaire de l’Alliée et de l’ennemie).
Sans rédemption, il remet en question les grands mythes traditionnels fondant le système
de pensée occidental.
Que ce soit celui de la genèse chrétienne, création de l’homme et
de la femme et leur chute, mais aussi celui d’Œdipe, qui explique en psychanalyse la
naissance du désir ainsi que la compréhension par l’enfant des di érences de genres.
Ces deux mythes explique la di érence de genre et la matrice de l’identité sexuelle des
hommes et des femmes.
Ils justi ent, chez les psychanalystes, les chrétiens mais aussi
les marxistes, la domination de la femme et de la nature par l’homme.
Le cyborg, quant à lui, n’a pas de notion du genre, du créateur, de désir.
Il passe l’étape
de l’unité originelle, ou de l’identi cation à la Nature.
Haraway dit : « Le cyborg ne
reconnaîtrait pas le jardin d’Eden, il n’est pas fait de boue et il ne peut rêver de retourner
à la poussière.
» (p.33).
Dans sa dé nition même, le Cyborg est un être sans origine.
La technologie nous dépasserait-elle ? Haraway critique le cynisme de cette idée.
Pour
elle, l’humain n’est pas vouée à être dépasse par sa création, mais il lui faut pour cela
comprendre l’identité et les logiques du cyborg.
Celui-ci n’est pas dénué de logiques de
domination, mais celles-ci sont di érentes des nôtres : elle ne se base pas sur le genre,
sur l’éthique, et nous apparaissent donc comme bien plus e rayante.
(Cette notion de déterminisme technologique fut critiquée dès sa naissance par les féministes
socialistes et marxistes, car elle oublie les créations organiques déjà existantes, comme la poésie,
les cultures primitives, la création biologique.) (Haraway elle même exprime une certaine mé ance
quand au déterminisme technologique, cette idée que le progrès est inarrêtable, que l’humain et
la société n’in uent pas sur ce dernier.
l’autrice nous rappelle que notre Nature primitive nous est
inconnus, et que notre ontologie, essence de nos Cultures, est perdu à jamais (tout comme notre
innocence originelle))
Auparavant, les progressistes (se trouvant donc du meme bords politiques qu’haraway), appuyée
l’idée qu’il fallait que l’homme dépasse la technique.
C’est par exemple le cas de Caroline
Merchant, dans La Mort de La Nature.
Pionnière de l’éco féministe, elle s’interrogea sur le lien
entre féminité et nature et comment la révolution scienti que (1500-1700) changea la perception
de la nature de féminine à neutre, et ainsi accentua la domination de ces deux instances.
Le cyborg révèle les tabous, les barrières brisées : celles des déviances, de la bestialité,
de linceste, du rapport pervers entre l’homme et la machine.
Il est, et je cite « résolument
du côté de la partialité, de l’ironie, de l’intimité et de la perversité.
Il est dans l’opposition,
dans l’utopie et il ne possède pas la moindre innocence.
» (p.
32).
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La logique Cyborg vacille entre dystopie oppressante, ou le corps est contrôlées par un
réseau technologique, et l’utopie libératrice où les relations entre....
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