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Ecouter la voix de sa conscience, est-ce écouter celle de sa raison ?

Publié le 27/02/2008

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D'où notre question : dans quelle mesure voix de conscience et voix de raison se confondent-elles ?   Plan :   I. Voix de la raison et voix de la consciene : une relation d'exclusion II. Identification entre voix de la raison et voix de la conscience III. Remise en question de la conscience     Voix de la raison et voix de la conscience : une relation d'exclusion   1. La conscience relève du sentiment   Cf ROUSSEAU et son interpellation de la conscience – la conscience a bel et bien une voix ! « quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au-dedans de nous, et c'est par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir » « Conscience ! Conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable à Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer d'erreurs en erreurs à l'aide d'un entendement sans règle et d'une raison sans principe » Pour Rousseau, la conscience relève de la nature et du sentiment. Ecouter la voix de sa conscience c'est donc écouter une voix intime qui ne semble pas dépendre de la raison 2. La conscience morale VS calcul rationnel de l'intérêt En effet on peut imaginer un cas où la conscience nous intime l'ordre d'agir de telle manière alors que la raison s'adonnant au calcul de son propre intérêt nous invite à agir d'une autre manière. C'est dans une certaine mesure ce qu'on appelle un cas de conscience. Exemple de cas de conscience qui semble illustrer cette relation d'exclusion : si l'on pense au cas de cet homme en Italie qui souhaite qu'un médecin débranche l'appareil respiratoire qui le tient en vie dans des conditions insupportables – quasi aucune possibilité de communiquer et de se mouvoir -  hormis par le biais du regard.
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« Comment dans ces conditions Rousseau peut-il soutenir l'infaillibilité de ce sentiment ? Parce qu'unsentiment anime le cœur des hommes et caractérise l'humanité : la pitié, sentiment qui le conduit àsouffrir au spectacle de la souffrance de l'autre. Pourtant, de nombreux événements dans la viecourante et dans l'histoire nous montrent que ce sentiment n'est pas toujours présent chez leshommes. En effet, si on affirme que l'homme est animé par ce sentiment, que sa conscience le guide,comment, une fois encore, comprendre la barbarie, la violence, la cruauté dont les hommes peuventêtre capables ? L'argumentation de Rousseau est double :- si les hommes sont capables de cruauté, c'est parce que la société les a pervertis en faisant naître levice, la comparaison et la rivalité ;- l'existence de ce sentiment est avérée par la réalité. En effet, si la morale ne reposait que sur laraison, cela ferait bien longtemps que l'humanité aurait disparu. Pour Rousseau, la conscience relève de la nature et du sentiment. Ecouter la voix de sa conscience c'est donc écouter une voix intime qui nesemble pas dépendre de la raison 2. La conscience morale VS calcul rationnel de l'intérêt En effet on peut imaginer un cas où la conscience nous intime l'ordre d'agir de telle manière alors que laraison s'adonnant au calcul de son propre intérêt nous invite à agir d'une autre manière. C'est dans unecertaine mesure ce qu'on appelle un cas de conscience. Exemple de cas de conscience qui semble illustrer cette relation d'exclusion : si l'on pense au cas decet homme en Italie qui souhaite qu'un médecin débranche l'appareil respiratoire qui le tient en vie dansdes conditions insupportables - quasi aucune possibilité de communiquer et de se mouvoir - hormis parle biais du regard. Imaginons un médecin qui en son âme et conscience comme on dit se dit qu'il doit ledébrancher, le délivrer ; mais qui selon un calcul rationnel se dit que s'il le fait, il risque la prison. Onvoit que dans ce cas là la raison et la conscience semblent ne pas aller dans le même sens. Identification entre voix de la raison et voix de la conscience II. 1. La moralité tire son origine dans la loi de la raison Cf KANT « Loi fondamentale de la raison pure pratique. Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puissetoujours valoir en même temps comme principe d'une législation universelle [...] L'autonomie de lavolonté est le principe unique de toutes les lois morales et des devoirs qui y sont conformes ; aucontraire toute hétéronomie du libre choix, non seulement n'est la base d'aucune obligation, mais elleest plutôt opposée au principe de l'obligation et à la moralité de la volonté. Le principe unique de lamoralité consiste dans l'indépendance à l'égard de toute matière de la loi (c'est-à-dire à l'égard d'unobjet désiré), et en même temps aussi dans la détermination du libre choix par la simple forme législativeuniverselle, dont une maxime doit être capable. Mais cette indépendance est la liberté au sens négatif,cette législation propre de la raison pure et, comme telle, pratique, est la liberté au sens positif. La loimorale n'exprime donc pas autre chose que l'autonomie de la raison pure pratique, c'est-à-dire de laliberté » Pour KANT, la morale trouve son unique fondement dans la raison 2. Conscience morale et raison ne font qu'un Cf KANT « Tout homme a une conscience et se trouve observé menacé de manière générale tenu en respect(respect lié à la crainte) par un juge intérieur et cette puissance qui veille en lui sur les lois n'est pasquelque chose de forgé -arbitrairement- par lui-même mais elle est inhérente à son être. Elle le suitcomme son ombre quand il pense lui échapper. Il peut sans doute par des plaisirs ou des distractionss'étourdir ou s'endormir, mais il ne saurait éviter parfois de revenir à soi ou de se réveiller dès lors qu'ilen perçoit la voix terrible. Il est bien possible à l'homme de tomber dans la plus extrême abjection où ilne se soucie plus de cette voix, mais il ne peut jamais éviter de l'entendre. Cette dispositionintellectuelle originaire et (puisqu'elle est la représentation du devoir) morale qu'on appelle conscience,a en elle-même ceci de particulier que bien que l'homme n'y ait affaire qu'avec lui-même, il se voitcependant contraint par sa raison d'agir comme sur l'ordre d'une autre personne. Car le débat dont ilest ici question est celui d'une cause judiciaire causa devant un tribunal. Concevoir celui qui est accusépar sa conscience comme ne faisant qu'une seule et même personne avec le juge, est une manièreabsurde de se représenter le tribunal : car s'il en était ainsi l'accusateur perdrait toujours. C'estpourquoi pour ne pas être en contradiction avec elle-même, la conscience humaine en tous ses devoirsdoit concevoir un autre (comme l'homme en général) qu'elle même comme juge de ses actions. Cetautre peut être maintenant une personne réelle ou seulement une personne idéale que la raison sedonne à elle-même. » Remise en question de la conscience III. »

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