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En quel sens peut-on dire que l'historien "fait" l'histoire ?

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Il échappe au pouvoir de l'historien, comme de quiconque, de faire, c'est-à-dire de refaire, l'histoire objective.Aucune tentative de falsification n'y changera rien; un régime totalitaire peut bien, s'il en a les moyens, censurer les livres d'histoire, afin d'ensevelir dans l'oubli des moments peu glorieux de son passé : le passé figé dans son éternité est hors d'atteinte de ces coups bas. Les historiens soviétiques proposent aujourd'hui des manuels d'histoire de l'URSS où ne figure pas une seule fois le nom de Staline ; nos livres sont encore aujourd'hui presque muets sur le passé colonial européen des pays du tiers monde. passé qui contribue à comprendre leur misère actuelle. Si l'on entend par histoire le passé, c'est-à-dire ce que Marron appelle la réalité historique, alors l'historien peut faire qu'on oublie l'histoire, mais il ne peut faire l'histoire, parce qu'il ne peut la défaire.Face à cette histoire objective « en soi « (Marron utilise aussi l'expression kantienne d' « histoire nouménale «), que doit être l'histoire comme connaissance? Quels buts l'historien doit-il assigner à sa science (l'histoire subjective, au sens hégélien), dans le traitement de l'histoire objective ?Tout un courant historique a longtemps recommandé - et même commandé - à l'historien de s'effacer devant son objet : le passé. Marron mentionne, pour les critiquer, tous ces historiens qui voulaient que l'histoire ne fût que pure narration de faits ; pour eux, l'histoire existait déjà, avant même le travail du savant, ensevelie dans les documents ; le rôle de l'historien se réduisait donc à une analyse la moins personnelle, la plus neutre possible, analyse au terme de laquelle l'historien produirait le pur passé, le donnant à voir au public. Une telle conception de l'histoire fait de l'historien l'humble et discret serviteur des époques passées dans la présente.

• En quel sens: En quelle acception particulière. Notons que l'expression est au singulier : une seule réponse est requise

• peut-on : le verbe pouvoir a, ici, deux significations :

- est-il légitime, a-t-on le droit?

- est-il possible, sommes-nous capables?

• historien: celui qui relate les événements du passé

• faire: créer, produire, réaliser

• l'histoire:

- l'ensemble des événements du passé constituant le devenir humain social et spirituel (aussi bien individuel que collectif)

- le récit de ces événements

« PRÉPARATION Sens des termes • En quel sens: En quelle acception particulière. Notons que l'expression est au singulier : une seule réponse est requise • peut-on : le verbe pouvoir a, ici, deux significations : - est-il légitime, a-t-on le droit? - est-il possible, sommes-nous capables? • historien: celui qui relate les événements du passé • faire: créer, produire, réaliser • l'histoire: - l'ensemble des événements du passé constituant le devenir humain social et spirituel (aussi bien individuel quecollectif) - le récit de ces événements Sens globaux et sens du sujet • Il est évident que le sujet concerne l'expression: l'historien «fait» l'histoire. - Notons d'abord les guillemets qui isolent le verbe faire. Tls attirent notre attention sur une «anomalie» ou uneétrangeté. En effet, dans la mesure où (selon notre définition) l'histoire est constituée d'événements du passé,échappant, par conséquent, à l'historien, il y a quelque paradoxe à ce qu'il «fasse» l'histoire, alors qu'il devraitseulement la dévoiler, la raconter ou l'observer. On peut même dire que les guillemets donnent un certain senspéjoratif à la formule : l'historien construirait une histoire arbitraire. - «fait» introduit une notion de relation très forte entre l'histoire et l'historien : celui-ci, selon nos définitions,transforme des événements en un ensemble, dont l'aspect le plus élémentaire est le récit. Cette relation impliqueque l'historien dispose, vis-à-vis de l'histoire, de moyens, de méthodes, voire d'objectifs, etc., c'est-à-dire deconditions déterminant son action. • La formule «peut-on dire» nous invite à porter une appréciation sur la valeur de l'affirmation «l'historien faitl'histoire». • Nous pouvons maintenant attribuer un sens précis au sujet. Quelle signification de la relation entre l'historien etl'histoire rend légitime et possible l'assertion suivante : l'historien crée et produit l'histoire, c'est-à-dire un ensembleorganisé d'événements du passé décrivant le devenir humain? • Après avoir ainsi dégagé une signification plus précise, nous savons que nous devons examiner : - la relation entre historien et histoire - la nature exacte de l'histoire - la démarche de l'historien. • Nous pouvons maintenant passer au questionnement. Vous y retrouverez des questions et des thèmes surl'histoire qui vous sont très familiers. Nous avons commencé ce questionnement en nous interrogeant sur la nature de l'histoire. »

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