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EN QUOI LE DISCOURS PHILOSOPHIQUE SE DISTINGUE-T-IL DE L'OPINION ?

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EN QUOI LE DISCOURS PHILOSOPHIQUE SE DISTINGUE-T-IL DE L'OPINION ?

 

Les problèmes sont : Qu’est-ce qui justifie que la philosophie comme la science condamnent l’opinion? Qu’est-ce qui justifie qu’elles prétendent tenir des discours qui sont autre chose que de simples opinions? En quoi, malgré leur accord sur ce point, elles se distinguent l’une de l’autre? 

On sait déjà en quoi l’opinion est condamnable, on sait aussi comment il est possible de rompre avec elle. Ce qu’on ne sait donc encore pas, c’est si le discours philosophique est distinct de ceux de l’opinion, et si donc il a plus de valeur. On ne sait pas encore non plus qu’est-ce qui distingue la philosophie de la science. 

Pour répondre à toutes ces questions, et trouver des solutions à ces deux problèmes, il faut commencer par s’interroger sur les prétentions de la philosophie par rapport à l’opinion. 

Or, pour examiner ces prétentions, il semble nécessaire de faire ce que nous avions fait au sujet de l’opinion, à savoir : analyser le discours philosophique sous les points de vue structurel, génétique et fonctionnel. 

Seulement, à bien y regarder, c’est vain parce qu’on l’a déjà fait, en partie du moins, lorsqu’on a répondu à la question de savoir comment il était possible de rompre avec l’opinion. 

En effet, l’origine du discours philosophique correspond précisément à ce qui détermine la rupture avec l’opinion, à savoir la rencontre avec l’altérité et le désir de vérité, à savoir aussi la rencontre d’un problème. En somme tout le contraire de la passivité. Mais ainsi connaissons-nous aussi non pas tant la fonction que la vocation du discours philosophique, de la philosophie en général : la recherche de la vérité. Ce qui n’a rien à voir avec les fonctions de l’opinion : se rassurer et s’intégrer socialement. 

Ce qui signifie que sur ces deux points au moins, il est impossible de comparer le discours philosophique et l’opinion. A ce titre, il n’est pas contestable que la philosophie, comme elle le prétend, se distingue de l’opinion. Mais qu’en est-il en ce qui concerne la forme même du discours philosophique comparativement aux discours de l’opinion?   

 

« leur trouver une justification, de les démontrer, de leur apporter des arguments. Avant lui, ceux qu'on appelait lesphilosophes, c'est-à-dire les penseurs dit présocratiques, se contentaient d'un dire, souvent à caractère poétique (Cf. le poème de Parménide, les aphorismes de Héraclite ), certes pénétrant et plein de sagesse, mais dépourvu detoute forme de justification rationnelle. Rq : Il n'est pas impossible que ce soit délibéré de leur part. Ainsi, Héraclitedépose ses écrits dans un temple, comme s'il ne s'adressait pas aux hommes mais aux dieux. Cf. Platon , de F. Châtelet, livre de poche, Gallimard, collection Idées. Il faut ajouter à tout cela que le caractère raisonné, discursif du discours philosophique ne l'empêche pas d'êtreaussi polémique, sophistique, rhétorique, ironique, imprécatoire, implicite... Mais, si ce trait ajouté aux autres permet bien de distinguer le discours philosophique de celui de l'opinion, cela poseaussi un problème. D'abord, la philosophie n'a pas le monopole des discours raisonnés, cohérents, discursifs. Elle partage cettecaractéristique avec d'autres discours, comme celui des sciences, de la théologie, mais aussi ceux qu'il peut nousarriver de tenir lorsque nous sommes soucieux de convaincre avec des raisons du bien fondé de nos avis, de nosidées. C'est pourquoi il va nous falloir distinguer tous ces discours, malgré leur commune discursivité, malgré leurcommune distance à l'égard des discours de l'opinion, et leur commune condamnation de ladite opinion. Mais, et c'est beaucoup plus important même si cela ne saute pas aux yeux, la seule cohérence d'un discours, sonrespect scrupuleux des rêgles de la logique formelle, sa discursivité ne garantissent absolument pas la vérité dudiscours. Autrement dit, la seule discursivité, si elle suffit à légitimer la prétention de tous ces discours à ne pasêtre des opinions de plus, ne garantit en revanche pas que ces discours soient vrais, alors qu'ils le prétendent ouqu'on leur prête cette prétention. Il faut en effet distinguer la validité d'un discours et sa vérité. Un discours est dit valide, si quant à sa forme, iln'enfreint aucune règle logique, si sa forme est du point de vue de la logique irréprochable. Un discours sera dit vraisi sa conclusion est en accord avec la réalité, si elle est adéquate au réel. Or, pour le redire en ces termes, lavalidité formelle d'un discours ne garantit pas la vérité de sa conclusion. On pourrait penser que cette validité dudiscours constitue tout de même une condition nécessaire à défaut d'être suffisante de la vérité du discours. Pas dutout : il est possible de tirer une conclusion vraie (adéquate) d'un raisonnement non valide. Ex : 1) Tous les chats ont quatre pattes. 2) Félix, mon animal domestique, a quatre pattes. 3) Donc Félix est unchat. La conclusion est vraie si j'avais un chat qui s'appelle Félix. Pour autant, la démonstration n'est pas valide. Elleest une forme non valide du raisonnement. Si on remplaçait Félix par Médor, sans changer la forme du raisonnement,on arriverait à une conclusion fausse, parce que Médor est un chien comme son nom l'indique. Ici, démonstrationnon valide et conclusion vraie. Ce raisonnement a en plus l'apparence de la validité. Mais pourquoi peut-on dire quecette conclusion est vraie, même après avoir appris que le raisonnement n'était pas valide? Parce qu'on peut levérifier dira-t-on. Parce qu'on peut, au moyen de l'observation, c'est-à-dire en comparant la conclusion duraisonnement et ce qu'on peut dire de la réalité telle qu'on la perçoit, saisir un accord entre cette conclusion et nosobservations. Ex : 2) Tous les hommes sont mortels. 2) Zeus est un homme. 3) Donc, Zeus est mortel. Oci, c'est le contraire : leraisonnement est valide, mais sa conclusion est fausse. Pourquoi? Parce que Zeus n'est pas un homme mais un dieu.Donc, si la conclusion est fausse, c'est parce qu'un de ses points de départ, une de ses prémisses, est fausse.Conséquence : un raisonnement qui est valide, qui respecte la logique formelle, a une conclusion vraie, à conditionque ses prémisses soient vraies. Comment peut-on faire pour garantir le passage de la validité formelle à la vérité objective et universelle? Commentest-il possible de parvenir à la vérité à partir d'un raisonnement valide? Comment dépasser les limites duraisonnement en matière de vérité? Comment la philosophie s'y prend-t-elle pour dépasser ce problème? Le fait-t-elle comme le fait la science? Sur quoi se fonde le discours philosophique? Sur quoi fonde-t-il sa prétention à lavérité? B) Sur quoi se fonde le discours philosophique? A bien y regarder, on vient de le voir, en analysant les deux raisonnements donnés en exemple: il est possible oubien comme pour le premier, de confronter la conclusion à ce qu'on sait de la réalité, ou bien, comme pour lesecond, il est possible pour être sûr que la conclusion soit vraie, de s'assurer avant de commencer que les points dedéparts sont eux-mêmes vrais. Ces deux manières de procéder sont respectivement celle de la science et celle de la philosophie (et de lathéologie). 1) Science, théologie et philosophie. Pour dépasser le problème que pose l'insuffisance de la validité formelle des raisonnements en matière de vérité, lascience recourt à ce qu'on appelle l'expérience, l'expérimentation, ce qui lui permet non pas tant de vérifier la vérité »

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