Devoir de Philosophie

Explication de texte. J Bentham. Les animaux peuvent-ils souffrir?

Publié le 07/11/2021

Extrait du document

bentham
Jérémy Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation, 1823. Correction de l’explication de texte. « Quels sont les agents qui, placés dans la sphère d'influence de l'homme sont susceptibles de bonheur ? Ils sont de deux sortes : d'autres êtres humains, autrement dit des personnes, et d'autres animaux, dont d'anciens juristes négligèrent les intérêts par insensibilité, et qui de ce fait ont été rabaissés au rang d'objet (…) Mais y-a-t-il une seule raison pour que nous tolérions de les torturer ? Je n’en vois aucune. Y en a-t-il une pour que nous refusions de les maltraiter ? Oui, et plusieurs. Il eut une époque, et j’avoue avec tristesse qu’en bien des lieux ce temps n’est pas révolu, où la plus grande partie de l’espèce, sous la dénomination d’esclaves, était considérée aux yeux de la loi de la même manière que les animaux des races inférieures sont traités en Angleterre par exemple. Le jour viendra peut-être où le reste de la création animale acquerra ces droits qui n'auraient jamais pu être refusés à ses membres autrement que par la main de la tyrannie. Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n'est en rien une raison pour qu'un être humain soit abandonné sans recours au caprice d'un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort. Et quel autre critère devrait marquer la ligne infranchissable ? Est-ce la faculté de raisonner, ou peut-être celle de discourir ? Mais un cheval ou un chien adulte sont des animaux incomparablement plus rationnels, et aussi plus causants, qu'un enfant d'un jour, ou d'une semaine, ou même d'un mois. Mais s'ils ne l'étaient pas, qu'est-ce que cela changerait ? La question n'est pas : peuvent-ils raisonner ? ni : peuvent-ils parler ? mais : peuvent-ils souffrir ? » Jérémy Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation, 1823. Introduction.   Introduction. Les animaux ont-ils droit au bonheur au même titre que les hommes et leurs intérêts doivent-ils être pris en considération et protégés par la loi ? Dans cet extrait de l’Introduction aux principes de la morale et de la législation de 1823, le philosophe utilitariste anglais, Jérémy Bentham, défend une thèse pour le moins avant-gardiste et revendique pour les animaux le droit au bonheur en tant qu’êtres sensibles capables d’éprouver de la douleur ou du plaisir voire de la peine. Il n’y a aucun argument moral valable autorisant le droit à les reléguer dans la catégorie « d’objet » et à tolérer leur maltraitance. Quand bien même on ne leur reconnaîtrait pas le statut de « personne », privés qu’ils seraient de raison et de langage (ce qui reste à démontrer), ils n’en demeur...
bentham

« Les animaux ont-ils droit au bonheur au même titre que les hommes et leurs intérêts doivent-ils être pris en considération et protégés par la loi ? Dans cet extrait de l'Introduction aux principes de la morale et de la législation de 1823, le philosophe utilitariste anglais, Jérémy Bentham, défend une thèse pour le moins avant-gardiste et revendique pour les animaux le droit au bonheur en tant qu'êtres sensibles capables d'éprouver de la douleur ou du plaisir voire de la peine.

Il n'y a aucun argument moral valable autorisant le droit à les reléguer dans la catégorie « d'objet » et à tolérer leur maltraitance.

Quand bien même on ne leur reconnaîtrait pas le statut de « personne », privés qu'ils seraient de raison et de langage (ce qui reste à démontrer), ils n'en demeurent pas moins des êtres capables de souffrir et pour lesquels l'empathie s'impose. Aussi, Bentham ne désespère-t-il pas de voir évoluer le statut juridique de l'animal et la reconnaissance de son droit au bonheur comme en témoignent les lignes 5 à 14 qui établissent une analogie entre le statut et le sort des esclaves dans le passé et le statut et le sort des bêtes dans le présent.

Aussi, on peut se demander si l'amendement français de janvier 2015 qui reconnaît aux animaux le statut « d'êtres vivants dotés de sensibilité » ne vient pas tardivement donner raison à Bentham.   Première partie. Bentham est un philosophe utilitariste qui entend fonder la morale, le droit et la politique sur l'utilité.

Or, pour l'utilitarisme benthamien, une action n'est utile ou bonne que si elle contribue au bonheur de chacun et de tous ou l'augmente.

La recherche du bonheur ou du bien-être qu'il identifie à la plus grande quantité possible de plaisir (qu'il ne réduit pas à la seule sphère des sens ; il inclut les satisfactions psychologiques) est ce qui motive fondamentalement nos conduites.

Son utilitarisme qu'il définit lui-même comme « la doctrine du plus grand bonheur du plus grand nombre » consiste donc à mettre la morale, le droit et la politique au service de ce même bonheur. La question du bonheur ou plaisir se saurait cependant ne concerner que l'homme.

Dans la logique de son utilitarisme mais aussi de son hédonisme hérité d'Epicure, Bentham considère que les animaux, en tant qu'êtres dotés de sensibilité, sont capables d'éprouver du plaisir ou de la douleur.

Ils sont donc, pour reprendre sa formule de la ligne 1-2 : « susceptibles de bonheur ».

En effet, si le bonheur a trait au plaisir et. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles