Devoir de Philosophie

Explication de texte, Réflexions sur l'éducation de Kant

Publié le 06/02/2022

Extrait du document

kant

« Ensuite, dans cet extrait de Réflexions sur l’éducation, Kant fait explicitement référence à la religion chrétienne : « La question de savoir si le Ciel » et « Adam et Eve étaient demeurés au paradis ». Effectivement, dans l’Ancien Testament, qui est l’ensemble des écrits de la Bible antérieurs à Jésus Christ, le travail est une malédiction, une punition divine. Par ailleurs, nous retrouvons également dans la vision chrétienne du travail l’idée que celui-ci est une inévitable servitude, un fardeau dont les hommes sont victimes, ce qui revient à l’idée de devoir, d’obligation. Le récit biblique de la Genèse nous éclaire sur le sens que le christianisme accorde initialement à l’idée de travail et le présente comme une malédiction portée par Dieu sur l’homme en châtiment du péché originel. L’homme après cette faute fondamentale devra « gagner son pain à la sueur de son front », autrement dit devra se satisfaire lui-même et travailler pour soi afin d’être méritant. Emmanuel Kant dans son texte, bien qu’il se base sur la religion chrétienne faisant référence à Adam et Eve pour exposer sa thèse, écrit plutôt une antithèse. En effet, il ne décrit pas le travail comme une « malédiction », une conséquence du « péché originel », au contraire il nous fait échapper à la torture de l’ennui, il est salvateur. Si nous observons la phrase « L’homme, en effet, a besoin d’occupations et même de celles qui impliquent une certaine contrainte » cela nous montre qu’il faut à tout prix échapper à l’oisiveté dangereuse, à l’encontre du travail vu comme une valeur. Il vaut mieux être contraint et occupé que ne rien faire. Mais si, comme le dit Kant, « La question est de savoir si le Ciel n’aurait pas pris soin de nous avec plus de bienveillance, en nous offrant toutes les choses déjà préparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés de travailler », le travail n’aurait plus aucune valeur, tout serait trop facile, il ne faudrait pas fournir d’efforts, il n’y aurait donc pas forcément de mérite à concrétiser un projet, pas de but ultime. C’est pour cela que l’auteur y apporte une « réponse négative » qui contre avec le fait que l’homme doit être occupé même si c’est au prix de quelques sacrifices comme des horaires précis, être employé et donc être sous les ordres de quelqu’un, etc… Si l’homme ne travaillait pas, s’il n’avait pas de projet, pas de but à atteindre, l’ennui le comblerait. Prenons l’exemple d’Adam et Eve « si Adam et Eve étaient demeurés au paradis, ils n’auraient rien fait d’autre que d’être assis ensemble, chanté des chants pastoraux, et contempler la beauté de la nature. L’ennui les eût torturés tout aussi bien que d’autres hommes dans une situation semblable ». Les termes « l’ennui les eût torturés » met en exergue le fait que l’ennui est une peine dure à supporter, la torture étant un mot assez conséquent et nous nous souvenons, un dérivé de l’étymologie du mot « travail ». Pour finir, il y a deux sortes de repos : le mauvais repos de l’oisiveté, le vice et le bon repos qui suit le travail et permet à l’homme de réparer ses forces. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles