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Facteurs, caractères et limites de la croissanceéconomique des pays occidentaux, de 1945 au début des années 1970 ? (histoire)

Publié le 27/02/2008

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histoire

La période de l'entre-deux guerres avait été dominée par les affrontements économiques stériles (rivalités monétaires, dévaluations compétitives) des nations développées et par un retour général au protectionnisme (1930-1939) dont tous les pays avaient finalement pâti. À partir de 1944 (année de la conférence monétaire internationale de Bretton-Woods), les dirigeants politiques tirent les leçons de l'expérience. Ils s'attachent surtout à réduire les disparités de développement (Plan Marshall) et à assurer une large liberté aux échanges internationaux. Il en résulte trente années de brillantes performances économiques (« Les Trente Glorieuses «, selon l'expression de Jean Fourastié) que viendra interrompre la crise pétrolière de 1973.

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« • Abondance monétaire grâce au développement d'un marché international des « euro-dollars » : les investissementsproductifs en sont facilités.• Faible coût des matières premières et des sources d'énergie, notamment du pétrole jusqu'en 1973. B. L'essor des sociétés de consommation• Les taux de croissance des pays industrialisés atteignent en moyenne 5 % par an au cours de la période. Leséchanges internationaux croissent à un rythme encore plus rapide.• Le plus grand nombre accède au confort et au bien être (automobile, réfrigérateur, lave-linge, télévision ; lorsqueDe Gaulle arrive au pouvoir en 1958, il y a en France 900 000 récepteurs de télévision ; quand il quitte le pouvoir en1969, on en compte 13 millions). L'espérance moyenne de la vie humaine s'allonge, les causes de mortalitéprincipales restant les maladies cardio-vasculaires, le cancer et l'alcoolisme.• Les gains de productivité permettent de réduire la durée du travail. La consommation de services se développe etla civilisation des loisirs se répand. J.-K. Galbraith décrit les nouveaux modes de vie dans l'ère de l'opulence (1958).L'avocat américain Ralph Nader se fait le porte parole des consommateurs : il publie en 1965 un livre à grandretentissement : Ces voitures qui tuent, dirigée contre une automobile très dangereuse de la General Motors (laCorvair). 3. Impact et limites de la croissance économique A. Une nouvelle hiérarchie des nationsDe 1950 à 1970, la progression annuelle du PNB diffère selon les pays :- moderato pour les pays anglo-saxons (3 % en Grande-Bretagne ; 4 % pour les États-Unis). La Grande-Bretagneconnaît un déclin relatif par rapport à ses principaux voisins ;- allegro pour l'Europe continentale (5 % en France et en RFA). L'Allemagne, reconstruite dès le début des années1950, enregistre des progrès constants à l'exportation grâce à ses taux d'inflation modérés : on parle de « miracleéconomique allemand » au temps du chancelier Ludwig Erhard (années 1960). Le parti socialiste allemand abandonnele marxisme en 1959 (congrès de Bad-Godesberg) et accorde la priorité au développement de l'économie et àl'amélioration des niveaux de vie ;- presto pour le Japon qui a des taux de croissance supérieurs à 10 % par an. L'absence de dépenses militairespermet à ce pays, comme à la RFA, d'affecter à l'investissement la majeure partie de ses profits. Le premier ministreIkeda propose et obtient le doublement du revenu national japonais (shotoku baizo) entre 1960 et 1970. En 1970,l'exposition universelle d'Osaka symbolise la vitalité japonaise. B. Une restructuration des activités• Le secteur primaire se déleste d'une partie de ses agriculteurs (exode rural) tandis que le secteur tertiaireregroupe plus de 50 % des actifs (services financiers, commerces, loisirs, formation).• Dans le secteur secondaire, les industries de pointe (électronique, nucléaire, aérospatiale) deviennent le « fer delance » de la croissance. La révolution des circuits intégrés débute en 1956 ; les ordinateurs de la deuxièmegénération apparaissent sur le marché en 1959 ; ceux de la troisième génération en 1965. Mais l'invention décisiveest la découverte, en 1972, par l'Américain Robert Noyce du micro-processeur dont les Japonais acquièrentrapidement le brevet. En 1960, le Français Alfred Kastler invente le rayon laser qui reçoit de multiples applicationsdans les télécommunications, l'astronautique et la chirurgie.• Les sciences humaines font l'objet d'applications professionnelles : de nouvelles disciplines font évoluer la vie desentreprises : ergologie, analyse transactionnelle du Dr Eric Berne (étude des comportements verbaux despartenaires), sociologie du travail. La valorisation de la « ressource humaine » devient une préoccupation majeuredes décideurs. C. Des déséquilibres persistants• Déséquilibres sociaux : maintien de poches de pauvreté dans les pays riches : minorités ethniques (immigrés ;burakumin au Japon). Les incompréhensions entre générations donnent lieu à des poussées de violence (1968).• Déséquilibres sectoriels : déclin des régions de vieilles industries (Angleterre noire ; Nord et région Est en France ,façade atlantique aux États-Unis) ; désertification des campagnes liée à l'exode rural.• Déséquilibres écologiques (pollutions, congestion urbaine, disparition d'espèces animales ou végétales ; essor desmaladies liées à la tension nerveuse et émotive ; stress, violence, drogue, criminalité, suicide...).• Déséquilibres culturels : la culture de masse et la culture savante tendent à diverger. Les nouveaux pauvres sontceux qui vivent dans un milieu culturel peu stimulant (cf. HoGGART : La culture de pauvreté) et ne peuvent accéderà aucun diplôme. La culture tend, d'autre part, à s'asservir à la société de consommation (comme le montre le livrede Daniel DURCAS : La culture au péril de l'argent, Fleurus, 1993).• Déséquilibres planétaires entre pays développés excédentaires et pays du Tiers Monde sous-alimentés etendettés. L'aide internationale et les accords commerciaux avec la CEE (convention de Yaoundé) n'apportent quedes palliatifs provisoires.• Déséquilibre démographique, le plus préoccupant à terme ; les pays développés ont une natalité en baisse dès1965. À partir de 1973, plusieurs n'assurent plus le renouvellement de leurs générations, ce qui posera à terme deredoutables problèmes de vieillissement (notamment pour la RFA, le Japon et la France) de nature à compromettre lesystème de protection sociale (vieillissement de la population) et la croissance économique (déséquilibre accru entreactifs et inactifs). Conclusion »

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