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Faudrait-il renoncer à toutes les passions pour être libre ?

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Plus précisément, elle résulte d'un décalage (une « inadéquation ») entre l'homme et la totalité du monde (Dieu) : la passion est un refus de l'ordre naturel des événements, des enchaînements inéluctables qui nous déterminent. Ainsi, par exemple, l'homme qui s'emporte contre une situation donnée (la perte d'un objet auquel il tenait, la mauvaise conduite d'une autre personne, l'échec d'une ambition, etc.) ne le fait que par ignorance de la chaîne des causes et des effets qui ont nécessairement conduit à cette  situation. Il subit le monde corporel sans ramener ce qui lui arrive à Dieu (c'est-à-dire à l'ordre global de la nature).  Cette conception des passions nous amène, à poser la question suivante : pouvons-nous y échapper, et comment ? C'est la connaissance rationnelle et l'acceptation de la nécessité naturelle qui nous permettent de désamorcer les passions, et les rendre inoffensives : une passion pensée comme telle, un sentiment dont nous nous formons une idée claire et distincte, cesse d'être une passion. La Raison permet de connaître la passion, et par là même de s'en libérer pour mieux adhérer à la nécessité. Tel est le paradoxe de l'éthique de Spinoza : la libération, c'est le renoncement à l'illusion du libre arbitre.b) Certaines passions semblent plus raisonnables que d'autres, parce qu'elles sont canalisées par l'esprit qui leur donne un contenu ou un fondement spirituel. Nietzsche donne l'exemple de la passion de la justice ou de la liberté.

« d'aveuglement ou de péché, les passions ne seront réhabilitées qu'à la Renaissance, et surtout à l'âge de l'empirismeet du Romantisme. Au delà de leurs divergentes, les avocats des passions voient en celles-ci une conscience desoi-même qui éclaire le sujet sur sa propre identité, et une force intérieure qui confère souffle, saveur etauthenticité à son existence. « Gorgias : Veux-tu savoir ce que sont le beau et le juste selon la nature ? Hé bien, je vais te le dire franchement ! Voici, si on veut vivre comme il faut, on doit laisseraller ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, ilfaut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandespassions et de les assouvir avec tout ce qu'elles peuvent désirer. Seulement, tout lemonde n'est pas capable, j'imagine, de vivre comme cela. C'est pourquoi la masse desgens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu'elle est de devoir dissimuler sa propreincapacité à le faire. La masse déclare donc bien haut que le dérèglement est une vilainechose. C'est ainsi qu'elle réduit à l'état d'esclaves les hommes dotés d'une plus fortenature que celle des hommes de la masse ; et ces derniers, qui sont eux-mêmesincapables de se procurer les plaisirs qui les combleraient, font la louange de latempérance et de la justice à cause du manque de courage de leur âme. Socrate : Mais, tout de même la vie dont tu parles, c'est une vie terrible ![...] En effet, regarde bien si ce que tu veux dire, quand tu parles de ces genres de vie, une vied'ordre et une vie de dérèglement, ne ressemble pas à la situation suivante. Suppose qu'ily ait deux hommes qui possèdent, chacun, un grand nombre de tonneaux. Les tonneauxde l'un sont sains, remplis de vin, de miel, de lait, et cet homme a encore bien d'autrestonneaux, remplis de toutes sortes de choses. Chaque tonneau est donc plein de cesdenrées liquides qui sont rares, difficiles à recueillir et qu'on obtient qu'au terme de maintstravaux pénibles. Mais, au moins, une fois que cet homme a rempli ses tonneaux, il n'a plusà y reverser quoi que ce soit ni à s'occuper d'eux ; au contraire, quand il pense à sestonneaux, il est tranquille. L'autre homme, quant à lui, serait aussi capable de se procurerce genre de denrées, même si elles sont difficiles à recueillir, mais comme ses récipientssont percés et fêlés, il serait forcé de les remplir sans cesse, jour et nuit, en s'infligeantles plus pénibles peines. Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun unemanière de vivre, de laquelle des deux dis-tu qu'elle est la plus heureuse ? Est-ce la vie del'homme déréglé ou celle de l'homme tempérant ? En te racontant cela, est-ce que je teconvaincs d'admettre que la vie tempérante vaut mieux que la vie déréglée ? [...] Gorgias : Tu ne me convaincs pas, Socrate. Car l'homme dont tu parles, celui qui a fait le plein en lui-même et en ses tonneaux, n'a plus aucun plaisir, il a exactement letype d'existence dont je parlais tout à l'heure : il vit comme une pierre. S'il a fait le plein, iln'éprouve plus ni joie ni peine. Au contraire, la vie de plaisirs est celle où on verse etreverse autant qu'on peut dans son tonneau ! » Platon , « Gorgias ». b) La passion est le désir illimité - excessif et exclusif - montrant que l'homme n'est pas limité au besoin. Définir lapassion comme désir, au-delà du simple besoin. c) La passion permet donc à l'homme d'être Libre. Seul l'homme passionné serait libre. Telle est La revendication deCalliclès. La liberté serait inséparable de La passion : on ne peut qu'être à la fois libre et passionné, la passionconditionnant la liberté et la liberté rendant possible la passion. 2) La passion comme esclavage. a) La liberté est pensée et action reposant sur la raison. Elle consiste à savoir ce que l'on pense et savoir ce quel'on fait. b) La passion est illusion. On ne sait pas ce que l'on recherche. Elle est action déraisonnable : le passionné obéit audésir sans en être l'auteur conscient. Ø Un premier critère de critique contre les passions est la menace qu'elles font peser sur la liberté. Lespassions aliènent le sujet, le dépossèdent de lui-même, le rendent esclave de son corps ou de sonimagination. Cette nocivité envers la personnalité même du passionné est à mettre en rapport avec ladimension de permanence de l'attachement passionnel, ou encore son caractère circulaire et donc »

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