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Faut-il ne plus penser pour être heureux ?

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François Rabelais avait-il clamé : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme." De plus, la connaissance a toujours servi à éloigner le mal, et à renforcer la tolérance par opposition à l'ignorance, qui en est l'une des causes principales : par exemple, y'aurait-il de la violence des guerres en ce monde si les tous les êtres humains savaient se reconnaître mutuellement et accepter la culture d'un autre ? Certainement pas.

« Rappelons-le, c'est avec la chute, la sortie du Paradis, conséquence du péché originel,où Adam et Eve vivaient pourtant tellement heureux, en harmonie entre Dieu et la Nature, que leurspremières angoisses firent leur apparition, des angoisses mêlées à des sentiments de regret, mais ausside culpabilité et de nostalgie : c'est là exactement la condition humaine, car paradoxalement, notrepensée, en plus de nous rendre malheureux, nous tourmente en nous faisant régulièrement oscillerentre passé et futur, entre paradis perdus, et angoisses. Aussi, les philosophes grecs pensaient-ils quele passé et le futur sont les deux maux qui nous empêchent de prétendre au bonheur. "Le passé n'estplus et le futur n'est pas encore" aimaient-ils à répéter, et pourtant face à la violente réalité deschoses, à nos interrogations douloureuses et sans réponses, nous ne pouvons nous empêcher de nousangoisser. Nos peurs du futur nous ralentissent, nous tiennent prisonniers, et nous empêchent ainsi deréaliser nos désirs, ou tout simplement de vivre une vie simple et heureuse. De plus, le fait d'avoirreçu une éducation, et donc de savoir que nous vivons dans une société pleine de préjugés, despréjugés auxquels il faut malheureusement souvent apprendre à se plier pour pouvoir être aisémentintégré, est créateur d'un certain vertige ; pour Sigmund Freud, comme il l'exprime dans son oeoeuvreMalaise dans la culture, le Surmoi sévit face à la seule vision d'un interdit, d'un désir non-conformeaux idéaux d'une société donnée, ce qui entraîne inévitablement un sentiment de culpabilité, car pluson réprime nos désirs, et plus on est rongé par la culpabilité. Cette dernière a elle-même souventtendance à entraîner dans un deuxième temps le regret, regret de ne pas avoir osé, de s'être fixé desbarrières, car lorsque l'on y réfléchit, au fond, la culpabilité est souvent mêlée à la lâcheté et à la peur... La pensée s'avère ainsi être un véritable cercle vicieux, et tous ces sentiments fort désagréables,entraînés par notre esprit, nous empêchent de vivre, comme l'affirme à juste titre Sénèque dans sonessai philosophique Sur la brièveté de la vie, dans lequel il remarque que "nous n'avons pasvéritablement une existence courte, mais [que] nous en gaspillons une part considérable",notamment à être constamment en train de réfléchir au passé et au futur ...Face à ces mirages qui corrompent notre goût de vivre, existe-t-il une solution ?Penser pour être heureux est une approche tout à fait probable.La pensée et le bonheur sont avant tout deux entités indissociables. "Je pense donc jesuis" avait affirmé René Descartes dans son Discours de la méthode ; il pense en effet le sujetcomme substance, mais essentiellement comme "substance pensante", par opposition à la "substancematérielle" (constitué le corps et le monde). Descartes découvre ainsi que le sujet pensant est le seulêtre dont on ne peut mettre l'existence en doute, car douter est déjà penser, donc exister. Saurionsnousce qu'est le bonheur sans penser ? La représentation que nous nous faisons du bonheur puisejustement sa source dans notre esprit, et sa réalisation aussi. L'Homme, pour atteindre l'idéal ultimequ'il s'est fixé, a toujours cherché a amélioré son existence, et c'est par le mouvement unique de son esprit qu'il yait plus ou moins parvenu. Les chercheurs en sont les exemples vivants : le sujet des recherches qu'ils sont amenésà effectuer est différent d'un scientifique à l'autre, mais leur but profond est commun : trouver des nouveautésdans le but d'apporter un élément favorable au développement et au bien-être de l'espèce humaine, aussi le fameuxauteur François Rabelais avait-il clamé : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme." De plus, laconnaissance a toujours servi à éloigner le mal, et à renforcer la tolérance par opposition à l'ignorance, qui en estl'une des causes principales : par exemple, y'aurait-il de la violence des guerres en ce monde si les tous les êtreshumains savaient se reconnaître mutuellement et accepter la culture d'un autre ? Certainement pas.Ainsi, notre personne se résumant entièrement à notre pensée, notre bonheur passe obligatoirementpar celle-ci.Pensée et bonheur sont vraisemblablement complémentaires. Le sage, malgré sesmultiples connaissances, réussit bel et bien à toucher du doigt le bonheur. C'est que la pensée permetde surmonter les tracas que notre esprit nous inflige, car lorsque l'on y réfléchit bien, penser au futurest loin d'être aussi fatal qu'il en a l'air ... Après tout, notre présent ne dépend-il en partie pas d'unfutur antérieur ? La réponse est naturellement oui, et puis, si nous parvenons à analyser de manièreobjective notre passé pour en tirer des leçons, alors nous parviendrons fort probablement à atteindreune joie non-éphémère, l'important étant simplement de ne pas sombrer dans l'anxiété, ou dans lanostalgie, en apprenant à contrôler ses émotions, tâche difficile, certes, mais à laquelle la philosophietente de remédier. Le stoïcisme, par exemple, propose une vision de la vie exempte de toutesouffrance. Dans le début de son Manuel, Epictète explique que certaines choses dépendent de nous,et que d'autres ne sont pas en notre pouvoir, or la pensée est justement l'une des seules choses quenous contrôlons, ainsi, pour ne pas être malheureux, il faut éloigner toute pensée négative, dans le butde faire de notre esprit une sorte de "citadelle imprenable". La pensée épicurienne propose égalementune philosophie de la maîtrise de ses désirs, car pour Epicure la notion de vie heureuse passe par uncorps en bonne santé, et par une tranquillité de l'âme auquel il donne le nom d'ataraxie (absence detroubles). Il invite par ailleurs à un calcul des plaisirs, tout en prônant une vie simple qui nousempêcherait ainsi de devenir indépendant, l'habitude à la richesse et au luxe étant une façon de secondamner à une sempiternelle tristesse ... Par conséquent, une pensée mûre et profonde, peut vaincreles obstacles devant lesquelles les pensées trop superficielles nous amènent.A ce stade de notre étude, la réponse au sujet initial serait plutôt qu'il ne fautcertainement pas s'abstenir de penser pour être heureux. Cependant, les différentes visions et théoriesphilosophiques que nous venons d'exploiter dans ce dernier axe, peuvent-elles être mises en oeoeuvre ?Et puis, finalement, s'abstenir de penser est-ce véritablement possible ?Le bonheur semble plutôt être un doux leurre, qu'une longue période de joie intense. Lephilosophe allemand Emmanuel Kant l'a bien dit : "le bonheur est un idéal de l'imagination et non dela raison" ; il entend par là qu'il n'existe à vrai dire aucune règle garantissant le bonheur, car pour se »

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