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grands placards condenseront tout le savoir humain ; soucieux de pédagogie, le dominicain préfigure les méthodes les plus modernes.

Publié le 21/10/2012

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grands placards condenseront tout le savoir humain ; soucieux de pédagogie, le dominicain préfigure les méthodes les plus modernes. Il est surtout remarquable qu'il ne résolve point le problème économique par une idyllique frugalité mais en mul- tipliant les rendements agricoles par l'usage de tracteurs éoliens. Et c'est l'art médical qui, réglementant les unions, sélectionnera les hommes comme des chevaux de course. Campanella attend beaucoup des inventions nouvelles, capables de faire de l'homme le « maître « et le « possesseur « de la nature. A plus d'un titre, ce chef de bande est déjà « philosophe « au sens du xvme siècle. MAURICE DE GANDILLAC LE RATIONALISME LE GRAND RATIONALISME (XVIIe SIÈCLE) GALILÉE Galileo (1564-1642) S'il fut célèbre en son temps pour ses découvertes optiques et pour avoir défendu le système de Copernic — le tribunal de l'Inquisition le condamna en 1633 nous voyons aujourd'hui en lui le créateur de la physique moderne, celui qui, affirmant la relativité des qualités secondes, prétendit réduire le donné au quantitatif, au mesurable, et qui énonça les lois de la chute des corps : premier exemple de « fiction idéalisante « ( Husserl), d'une méthode qui vise à rendre compte des faits empiriques à partir d'un cas idéal construit par l'esprit. Au monde de l'expérience sensible, au « cosmos « médiéval, Galilée substitua un univers homogène, soumis en toutes ses parties à des « lois naturelles «. A l'imagination, il préféra le calcul : les mathématiques sont la clé du livre de la nature, entièrement composé au moyen de cercles, triangles, etc... Mathématiques et physique progresseront désormais parallèlement, sans que l'esprit puisse espérer échapper au cercle de l'induction : Dialoghi delle nuove scienze. ( H.D.) BACON Francis (1561-1626) (Voir page 138.) HOBBES Thomas (1588-1679) (Voir page 142.) DESCARTES René (1596-1650) (Voir page 146.) GASSENDI Pierre (1592-1655) Prévôt de la cathédrale de Digne, Pierre Gassendi opposa à l'innéisme cartésien sa conception sensualiste de la connaissance : Cinquièmes objections. Il crut retrouver dans le cartésianisme la source possible d'un dogmatisme nouveau, comparable à celui de l'Ecole qu'il ne cessait de dénoncer depuis ses Exercitationes paradoxicœ adversus aristoteleos. Il n'y a pas de science démonstrative, mais seulement une science des apparences, qui s'appuie sur les mathématiques. Gassendi s'inscrit dans la tradition matérialiste, s'inspirant surtout de Lucrèce. Mais ce catholique sincère superposa au mécanisme une conception finaliste de l' Univers, Tout ordonné par Dieu, et une théorie spiritualiste de l'âme. Doctrine dualiste en somme, où le matérialisme se combine curieusement au finalisme, révélatrice d'une orientation nouvelle de la réflexion : l'esprit se distingue de la nature et la prend pour objet. (H.D.) MERSENNE Marin...

« SPINOZA Baruch de (1632-1677) (Voir page 154.) LAMY François (xvu•-xvm• siècles) Bénédictin, publia, en 1701 un traité : De la connaissance de soi-même, et en 1 706, une réfutation du système de Spinoza intitulée : Nouvel athéisme renversé.

BOULAINVILLIERS Henri de (1658-1722) comte de Saint-Saire, où il est né, s'adonna d'abord à la vie militaire, puis à des études historiques; tous ses ouvrages sont posthumes : Histoire de 1 'ancien gouvernement de France, Etat de la France; sa Réfutation des erreurs de Benoît Spinoza est plutôt une apo­ logie masquée.

DORTOUS DE MAIRAN Jean-Baptiste (1678-1771) né à Béziers, étudia à Toulouse et à Paris où il mourut; installé à Paris en 1 7 1 7, il entra l'année suivante à l'Académie des Sciences; on lui doit plusieurs Dissertations et Mémoires sur des sujets scientifiques, et ses concep­ tions relatives à Spinoza firent l'objet, en 1713, d'une polémique avec Male­ branche.

MALEBRANCHE Nicolas (1638-1715) (Voir page 162.) LAMY Bernard (1640-1715) Oratorien, enseigna la philosophie à Angers; suspect de cartésianisme, il fut exilé dans un couvent des environs de Grenoble, dont l'évêque Le Camus le délivra pour faire de lui son vicaire général.

Son traité d'archéologie, De Tabernaculis fœderis ...

, auquel il travailla 30 ans, parut en 1 720; Jean­ Jacques Rousseau « lut et relut cent fois » ses Entretiens sur les sciences ( 1 683); dans la 3 • édition de cet ouvrage ( 1 709) est inséré le Discours sur la philosophie où il expose les doctrines de Malebranche.

FÉDÉ René (xvu• siècle) philosophe malebranchiste, fit paraître en 1683 des Méditations métaphysiques sur 1 'origine de 1 'âme.

ANDRÉ Le Père (1675-1764) jésuite, fut le biographe de Malebranche, dont il exposa les doctrines dans son Essai sur le beau et dans ses Discours, ce qui lui attira maintes persécutions.

LEIBNIZ Gottfried Wilhelm (1646-1716) (Voir page 168.) WOLFF Christian (1679-1754) Le dogmatisme de Wolff, qui professa à l'Université de Halle, domina pendant plus d'un demi-siècle -jusqu'à la rupture opérée par Kant - le monde philosophique, et son influence est encore perceptible dans certains de nos manuels.

Disciple de Leibniz, il voulut vulgariser sa doctrine en lui donnant une forme systématique, et en la distribuant, selon les exigences de l'enseignement, entre logique, ontologie, cosmologie, psycholo­ gie, morale.

La philosophie est science du possible, c'est-à-dire du non-contradic- toire.

La connaissance est dominée par le seul principe d'identité, et Wolff pré­ tendit la fonder sur la déduction, élabo­ rant une « ontologie déductive », une « psychologie rationnelle », une « théolo­ gie naturelle ».

Seule sa morale, qui ne reconnaît d'autre autorité que celle de la connaissance rationnelle de l'homme, présente quelque originalité.

( H.D.) DIGBY Sir Kenelm (1603-1665) A la tête, en 1628, d'une expédition contre les Algériens et les Vénitiens, venu en France en 1636, sir Kenelm Digby fit là de longs sijours et s y convertit au catholicisme; Innocent X jugeait cet aristotélicien « brouillon et agité ».

SMITHJohn (1616-1652) est, avec Locke, un des premiers témoins du renouveau de la philosophie religieuse anglaise au xvn• siècle.

Il y représente le courant platonicien en honneur à Cambridge.

CUDWORTH Ralph (1617-1688) occupa d'abord, en 1641, une charge de clergyman à North-Cadbury, où il publia un Discours sur la vraie notion de la communion, avant d'exercer diverses fonctions dans les collèges de Cambridge.

Il fit paraître en 1678 : Le vrai système intellectuel de 1 'Univers, suivi en 1731 de : Sur la morale éter­ nelle et immuable.

MORE Henry (1614-1687) ecclésiastique anglican, qui refusa l'épis­ copat, représente à Cambridge le courant platonicien dans le renouveau de la philosophie anglaise au xvn• siècle.

Calviniste très strict, il s'adonna ensuite à l'étude de la cabale et écrivit en 1670 une réfutation de la théosophie de Jacob Boehme : Philosophire teutonicre cen­ sura.

LOCKE John (1632-1704) (Voir page 176.) ROCHE Le Père (xvu•-xvm• siècle) est l'auteur d'un traité: De la nature de 1 'âme et de 1 'origine de ses connais­ sances contre le Système de Locke et de ses partisans, paru en 1 71 5· NEWTON Isaac (1643-1727) dans les Principia Mathematica Phi­ losophire Naturalis, parus en 1687, énonça, en même temps que la théorie de la gravitation, les postulats de la méca­ nique classique, qu'il voulut fonder non .rur des principes a priori mais sur l'observation la plus exacte des phéno­ mènes.

La formule célèbre : « Hypo­ theses non fingo » ne signifie pas, comme le pensèrent les positivistes, qu'il ait substitué à la recherche des causes celle des lois, mais traduit sa volonté de n'admettre comme « raisons des phéno­ mènes » que celles « déduites des phé­ nomènes » eux-mêmes.

Grâce à l'inven­ tion du calcul des fluxions, applicable a des termes en «flux » continuel, Newton dota la physique d'un langage nouveau.

Mais, de même que sa mécanique est couronnée par une théologie où Dieu est présenté comme l'architecte et l'ordonna­ teur de l'univers, l'ambiguïté des prin- cipes qu'il dijinit, celle de la notion d'attraction, contraste avec la précision des résultats auxquels il parvint.

( H.D.) CLARKE Samuel (1675-1729) ecclésiastique anglican (dont les confé­ rences qu'il prononça en 1704 formèrent l'essentiel de sa Démonstration de 1 'existence et des attributs de Dieu), est un newtonien convaincu; il représente, dans le renouveau de la philosophie religieuse anglaise au xvn• siècle, le courant de la philosophie naturelle.

Sa controverse épistolaire avec Leibniz parut en 1717.

COLLINS Antoine (1676-1729) représente le courant de la libre-pensée dans le renouveau de la philosophie du xvn• et du xvm• siècle en Angleterre.

Son ouvrage le plus important, Discours sur la liberté de pensée, parut en 1713.

BAYLE Pierre (1647-1706) Tandis qu'à l'apogée de son règne Louis XIV impose à la France l'unité politique et l'unité religieuse, Pierre Bayle s'adresse aux consciences et con­ teste la légitimité spirituelle de cette unification réalisée par la violence.

Il est protestant, il appartient au parti opprimé.

Il passera près de la moitié de sa vie dans l'exil de Rotterdam ( 1681-1 706).

Son œuvre représente cette opposition qu'aucun décret royal ne peut supprimer.

A l'intérieur même du protestantisme, sa situation sera encore celle d'un opposant.

Il n'a partie liée avec aucun groupe, avec aucune orthodoxie.

Cela suffit pour que soit lancé le reproche d'athéisme.

Il sera donc seul : une conscience solitaire, une intelligence solitaire, mais dont l'ouvrage sera d'éveiller d'autres con­ sciences et d'autres intelligences.

Il est le premier grand intellectuel européen.

« Si le juste vit de sa foi, un philosophe dnit vivre aussi de la sienne; c'est-à-dire, qu'il ne doit point faire dépendre de ce que penseront les autres hommes ce qu'il doit juger des choses.

Il doit examiner profondément les objets.

» Pierre Bayle examine les objets, et parmi ceux-ci, il s'arrête à cet objet particulier : les idées que les hommes se font des objets les plus divers.

Ce qui l'intéresse, dans l'étude de l'histoire, ce n'est pas seule­ ment le fait historique, mais la façon dont les hommes se comportent à l'égard du fait historique, le déforment, le perdent, l'interprètent.

Son Dictionnaire Historique et Critique sera tout ensemble une collection de faits minutieu­ sement vérifiés, et « un recueil des fautes qui ont été faites, tant par ceux qui ont fait des dictionnaires que par d'autres écrivains, et qui réduirait sous chaque nom d'homme ou de ville, les fautes concernant cet homme ou cette ville ».

Il ne s'agira pas seulement d'établir ce que les hommes ont pensé, mais comment ils ont agi, comment ils ont passé de leurs principes à leurs actions, comment le plus souvent ils se sont laissés guider par leur instinct plutôt que par leur croyance.

Qu'il y a loin entre se dire chrétien et se conduire en chrétien ! Mais le monde étant ce qu'il est, peut-être. »

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