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La liberté consiste-t-elle a s'affranchir de toute autorité ?

Publié le 06/09/2005

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1.2 La liberté sans autorité peut être rapprochée de la liberté d'indifférence qui en réalité est une illusion.   « Il ne faut pas s'imaginer cependant que notre liberté consiste dans une indétermination ou dans une indifférence d'équilibre ; comme s'il fallait être incliné également du côté du oui et du non, et du côté des différents partis, lorsqu'il y en a plusieurs à prendre. Cet équilibre en tout sens est impossible ; car si nous étions également portés pour les parties A, B et C, nous ne pourrions pas être également portés pour A et pour non A. Cet équilibre est aussi absolument contraire à l'expérience, et, quand on s'examinera, l'on trouvera qu'il y a toujours eu quelque cause ou raison qui nous a incliné vers le parti qu'on a pris, quoique bien souvent on ne s'aperçoive pas de ce qui nous meut ; tout comme on ne s'aperçoit guère pourquoi, en sortant d'une porte, on a mis le pied droit avant le gauche, ou le gauche avant le droit. «  LEIBNIZ, Essais de théodicée, I §35   Transition : Si la vraie liberté est l'absence de contraintes alors toute autorité doit être rejetée. Cependant cette solution reste insatisfaisante dans la mesure où cette absence d'autorité coïncide avec une absence de détermination. La liberté illimitée est une liberté négative, son indétermination remet en cause sa signification.   Deuxième partie : Se libérer de l'autorité extérieure est-ce possible et souhaitable ?   2.

La liberté d’un individu est généralement comprise comme étant une absence de contraintes. Un homme pour être dit libre ne doit pas être empêché, c’est-à-dire être confronté à des obstacles, dans ses mouvements et dans ses actions. La liberté n’est pas seulement liberté d’agir mais aussi liberté de pensée. Elle ne concerne donc pas seulement le corps mais aussi l’esprit. Agir librement consiste à ne pas se soumettre à un principe extérieur, autrement dit elle s’oppose à l’obéissance. L’autorité quant à elle se rapproche de l’idée de commander et donc suppose qu’on lui obéisse. Elle exerce un pouvoir sur quelqu’un et l’exhorte à agir selon ce qu’elle lui ordonne de faire. Elle suppose donc un agent et un patient. L’agent commande et le patient obéit. L’autorité met donc en évidence une relation entre deux êtres, la relation pouvant concerner un ensemble d’individus, par exemple nous parlerons de l’autorité sociale sur l’individu. Elle semble donc, dans la mesure où elle détermine autrui, s’opposer à l’expression de sa liberté. L’autorité peut aussi correspondre à une relation de soi à soi, par exemple quand on se fait un devoir d’agir de telle ou telle manière. Notre action est commandée alors par un principe. Plusieurs problèmes se posent quand nous essayons d’identifier la liberté au rejet de toute autorité. En effet dans ce cas comment se peut-il qu’à l’intérieur d’une société, régie par des lois que l’individu doit respecter, ce même individu soit dit libre ? D’autre part nous donner par exemple des principes à nos actions est-ce contrevenir à notre liberté ? La véritable liberté consisterait-elle à rejeter à la fois la détermination extérieure (la société) et la détermination intérieure (l’individu lui-même) ? Dans ce cas nous aurions affaire à une liberté indéterminée car illimitée. L’absence d’autorité ne nuit-elle pas au sens même de la liberté ? Plusieurs solutions sont possibles. Soit nous excluons toute autorité, qu’elle soit intérieure ou extérieure, et dans ce cas la liberté serait illimitée mais indéterminée. Soit nous n’excluons qu’une forme d’autorité, à savoir l’autorité extérieure, dans ce cas l’individu devrait vivre en dehors de la société dans la mesure où elle implique l’obéissance à des lois. Une telle solitude est-elle envisageable ? Soit nous conservons les deux formes d’autorité et nous expliquons de quelle manière elles sont compatibles avec la liberté.

« bien souvent on ne s'aperçoive pas de ce qui nous meut ; tout comme on ne s'aperçoit guère pourquoi, ensortant d'une porte, on a mis le pied droit avant le gauche, ou le gauche avant le droit.

» LEIBNIZ, Essais dethéodicée, I §35 Transition : Si la vraie liberté est l'absence de contraintes alors toute autorité doit être rejetée.

Cependantcette solution reste insatisfaisante dans la mesure où cette absence d'autorité coïncide avec une absencede détermination.

La liberté illimitée est une liberté négative, son indétermination remet en cause sasignification. Deuxième partie : Se libérer de l'autorité extérieure est-ce possible et souhaitable ? 2.1 Une existence solitaire nous permettrait d'être heureux. « C'est la faiblesse de l'homme qui le rend sociable : ce sont nos misères communes qui portent nos coeurs àl'humanité, nous ne lui devrions rien si nous n'étions pas hommes.

Tout attachement est un signed'insuffisance : si chacun de nous n'avait nul besoin des autres, il ne songerait guère à s'unir à eux.

Ainsi denotre infirmité même naît notre frêle bonheur.

Un être vraiment heureux est un être solitaire : Dieu seul jouit d'un bonheur absolu » ROUSSEAU, Emile ou de l'éducation, IV 2.2 La vie en solitaire met en péril sans cesse la vie de l'individu et sa liberté, dans la mesure oùelles ne sont pas protégées par une autorité extérieure. « Hors de l'état civil, chacun jouit sans doute d'une liberté entière, mais stérile ; car, s'il a la libertéde faire tout ce qu'il lui plaît, il est en revanche, puisque les autres ont la même liberté, exposé àsubir tout ce qu'il leur plaît .

Mais, une fois la société civile constituée, chaque citoyen ne conserve qu'autant de liberté qu'il lui en faut pour vivre bien et vivre en paix, de même les autres perdent de leurliberté juste ce qu'il faut pour qu'ils ne soient plus à redouter.

Hors de la société civile, chacun a un droit surtoutes choses, si bien qu'il ne peut néanmoins jouir d'aucune.

Dans une société civile par contre, chacun jouit en toute sécurité d'un droit limité.

Hors de la société civile, tout homme peut être dépouillé ettué par n'importe quel autre.

Dans une société civile, il ne peut plus l'être que par un seul.

Hors de la société civile, nous n'avons pour nous protéger que nos propres forces ; dans une société civile,nous avons celles de tous. Hors de la société civile, personne n'est assuré de jouir des fruits de son industrie ; dans une société civile, tous le sont.

On ne trouve enfin hors de la société civile que l'empire despassions, la guerre, la crainte, la pauvreté, la laideur, la solitude, la barbarie, l'ignorance et la férocité ; dansune société civile, on voit, sous l'empire de la raison, régner la paix, la sécurité, l'abondance, la beauté, lasociabilité, la politesse, le savoir et la bienveillance.

» HOBBES, Le Citoyen, chap.

X, § 1 Transition : La solution qui consiste à mener une vie solitaire, c'est-à-dire qui consiste à s'affranchir del'autorité extérieure, n'est pas satisfaisante car la vie de l'individu et sa liberté sont en danger.

Il faut doncenvisager la troisième solution qui consiste à concilier les deux formes d'autorité avec la liberté. Troisième partie : Etre libre c'est à la fois se donner à soi-même sa loi et s'approprier les règles découlant del'autorité extérieure. 3.1 La liberté réside dans l'autorité que l'individu s'impose à lui-même. « L'obéissance à la loi que l'on s'est prescrite est liberté.

» ROUSSEAU, Contrat social, I 8. On oppose communément la liberté à la loi.

Se soumettre à la loi, ce serait ne pas ou ne plus être libre.

Mais n'obéir à aucune loi, serait-ce être libre ? Mais il faut s'entendre sur le terme liberté et sur le terme loi..Il y a un premier sens du mot libre qui est négatif : être libre c'est ne pas être empêché de faire ce qu'on a envie de. »

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