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La liberté est-elle la condition de la moralité ?

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La liberté peut se comprendre comme ayant son fondement dans l’autonomie. Ainsi être libre c’est être maître de soi et indépendant de l’action de la passion et du désir. Dès lors la liberté en tant qu’autonomie n’est pas le contraire de la moralité dans la mesure où l’on pourrait comprendre faussement la liberté comme liberté de faire ce que l’on veut ce qui s’opposerait nécessairement à la morale puisque la morale exige le devoir et le respect du devoir. En ce sens, le devoir est une contrainte à l’action, mais une contrainte librement consentie en vue d’être un agent moral. Dans ce cas, on pourrait alors dire que la liberté serait la « ratio essendi de la moralité « tandis que la moralité serait la « ration cognoscendi « de la liberté. C’est donc parce qu’il y existe la morale que nous savons que nous pouvons être libre ; sans liberté, point de morale. Pourtant, toute morale n’est-elle pas un obstacle à la puissance de la vie en tant qu’elle est contraignante. Cette moralité est la mort du corps et l’emprisonnement de la liberté de l’action. On pourrait alors la définir comme une morale du ressentiment issue d’une volonté de faiblesse et non de puissance. La liberté ne serait pas alors la condition de la liberté mais son opposé. 

« Pour tenter de comprendre les mécanismes de l'aliénation, de la sclérose intellectuelles du " grand nombre ", du peuple, Kant commence cet extrait par en repérer la double structure, la bipolarité. D'abord, nous l'avons brièvement souligné déjà, c'est la " paresse " c'est-à-dire la propension au repos sans travail préalable et la " lâcheté " c'est-à-dire la pusillanimité sans honneur qui sont causes efficientes de l'obscurantisme dans lequel se complaît et duquel se repaît la majorité voire la quasi-totalité des hommes. Etat de fait d'autant plusscandaleux et en un sens désespérant que les hommes sont depuis longtemps en capacité d'utiliser leur propreentendement à leur " propre compte ". Effectivement, ces hommes ne sont ni affligés des tares de l'idiotie pas plus qu'ils ne souffrent de débilité congénitale. Ils sont capables en droit de faire usage de leur raison propre. Mais, enfait, se laissent asservir par quelqu'uns qui n'ont sur eux nulle supériorité naturelle sinon un ascendant social etfactuel qu'ils consentent bien de quelque manière à leur accorder. Telle est donc la première cause de l'état de minorité : paresse pusillanime. Or, une seconde cause explicative vient affermir et compléter ce processus d'aliénation de tous par quelqu'uns. Onl'aura compris, la minorité appelle et facilite l'emprise des maîtres sur leurs esclaves, des tuteurs sur leurs élèves,des rois sur leurs sujets comme le troupeau bêlant et apeuré appelle la protection du berger. Soulignons que dans cette première phrase, Kant impute la responsabilité principale de cet état de fait à la première cause et la seconde vient comme finaliser, compléter le processus. En effet, si les hommes avaient le courage de penser par eux-mêmes, nul ne viendrait le faire à leur place ! Mais, " il est si confortable d'être mineur " ajoute plaisamment Kant . Effectivement quoi de plus sécurisant que l'infantilisme prolongé. Nous ne résistons pas à joindre ici deux textes de Freud montrant lui aussi à sa manière comment l'illusion religieuse est la réactivation du désir d'être aimé et protégé propre à l'enfant : " Représentons-nous la vie psychique du petit enfant. [] La libido suit la voie des besoins narcissiques et s'attacheaux objets qui assurent leur satisfaction. Ainsi la mère, qui satisfait la faim, devient le premier objet d'amour etcertes de plus la première protection contre tous les dangers indéterminés qui menacent l'enfant dans le mondeextérieur ; elle devient, peut-on dire, la première protection contre l'angoisse. La mère est bientôt remplacée dans ce rôle par le père plus fort, et ce rôle reste dévolu au père durant tout lecours de l'enfance. Cependant la relation au père est affectée d'une ambivalence particulière. Le père constituaitlui-même un danger, peut-être en vertu de la relation primitive à la mère. Aussi inspire-t-il autant de crainte que denostalgie et d'admiration. Les signes de cette ambivalence marquent profondément toutes les religions []. Et quandl'enfant, en grandissant, voit qu'il est destiné à rester à jamais un enfant, qu'il ne pourra jamais se passer deprotection contre des puissances souveraines et inconnues, alors il prête à celles-ci les traits de la figure paternelle,il se crée des dieux, dont il a peur, qu'il cherche à se rendre propices et auxquels il attribue cependant la tâche dele protéger. Ainsi la nostalgie qu'a de son père l'enfant coïncide avec le besoin de protection qu'il éprouve en vertude la faiblesse humaine ; la réaction défensive de l'enfant contre son sentiment de détresse prête à la réaction ausentiment de détresse que l'adulte éprouve à son tour, et qui engendre la religion, ses traits caractéristiques. " " Ainsi je suis en contradiction avec vous lorsque, poursuivant vos déductions, vous dites que l'homme ne sauraitabsolument pas se passer de la consolation que lui apporte l'illusion religieuse, que, sans elle, il ne supporterait pasle poids de la vie, la réalité cruelle. Oui, cela est vrai de l'homme à qui vous avez instillé dès l'enfance le doux -ou ledoux et amer- poison. Mais de l'autre, qui a été élevé dans la sobriété? Peut-être celui qui ne souffre d'aucunenévrose n'a-t-il pas besoin d'ivresse pour étourdir celle-ci. Sans aucun doute l'homme alors se trouvera dans unesituation difficile; il sera contraint de s'avouer toute sa détresse, sa petitesse dans l'ensemble de l'univers; il ne seraplus le centre de la création, l'objet des tendres soins d'une providence bénévole. Il se trouvera dans la mêmesituation qu'un enfant qui a quitté la maison paternelle, où il se sentait si bien et où il avait chaud. Mais le stade del'infantilisme n'est-il pas destiné à être dépassé? L'homme ne peut pas éternellement demeurer un enfant, il lui fautenfin s'aventurer dans l'univers hostile. On peut appeler cela " l'éducation en vue de la réalité "; ai-je besoin de vousdire que mon unique dessein, en écrivant cette étude, est d'attirer l'attention sur la nécessité qui s'impose deréaliser ce progrès? " De même, que le suggère Freud dans ces deux extrait de " L'avenir d'une illusion ", la religion apaise l'angoisse propre à tout acte d'exister et nous maintient dans la douce paisibilité de l'ignorance, Kant montre combien il est doux et commode de se laisser bercer et berner des lumières et de la prétendue sagesse d'autrui: mes livrespensent pour moi et me donnent réponses, mon pasteur calme ma conscience et me donne bénédictions etabsolutions et mon médecins ne soigne et me saigne en me donnant médications et prescriptions. Ainsi va le monde, avec ses lâchetés et compromissions quotidiennes. Ainsi s'achête à bon prix la bonne conscience,chose du monde assurément la mieux partagée. Au royaume des indulgences, l'argent et la mauvaise foi sont rois.L'homme diligente aux autres ce qui est de sa plus haute responsabilité et l'intendance suivra! Si jusqu'à présent Kant a mis le doigt sur la pusillanimité des mineurs et leur " active " contribution à leur minorité infantile, la suite du texte va dénoncer les stratagèmes et mécanismes des " tuteurs ". Nous passerons pudiquement sur le " beau sexe " et demanderons non sans malice si l'homme n'est pas le tuteur de la femme ? »

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