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La liberté peut-elle se définir comme l'obéissance à la raison ?

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 - La liberté.
 
 Qu'est-ce, maintenant, qu'être libre? Il faut au moins distinguer deux acceptions de cette formule « être libre «. Au sens quasi populaire du terme « être libre « signifie « obtenir ce qu'on a voulu «. Mais, en sa signification plus philosophique, « être libre « désigne la capacité d'autodétermination, non point la faculté d'atteindre certaines fins. On notera l'ambiguïté de cette notion, qui peut être définie soit comme libre arbitre, c'est-à-dire pouvoir d'agir à sa guise, et faculté illimitée de dire oui ou non, soit comme autonomie et soumission aux lois.
 
 - Peut-elle.
 
 Est-il possible.
 
 - Obéissance.
 
 Obéir, c'est se soumettre, se plier et acquiescer. Ce verbe suggère une idée de passivité. En effet, obéir désigne l'acte par lequel nous nous conformons à ce qui est imposé par autrui, à ce qu'il ordonne ou défend. Ainsi obéit-on à un maître, à une puissance ou à une loi. Par exemple, un élève se soumettra à la discipline scolaire collective, un esclave, à la loi de son maître. Fondamentalement, on obéit à une nécessité, c'est-à-dire à un enchaînement de causes et d'effets auquel on ne peut échapper, et qui s'impose à nous par la loi, la violence, la nature, etc.
 
 - Raison : faculté de distinguer le vrai du faux, de bien juger. Ensemble de principes a priori de la connaissance. Faculté des principes, indépendante de l'expérience.
 

 
 L'autodétermination humaine est-elle acquiescement à la faculté de juger ?
 

 
 Aspect paradoxal de la question posée : la liberté, dans sa définition idéale, s'oppose a priori à l'obéissance.
 

« 2. Mais cette liberté spontanée est souvent méconnaissance de la nécessité et des déterminations (des contraintesdiverses). Comment être libre, devant le faisceau de contraintes qui se présente à nous... Tout un ensemble de limites surgit,limites qui semblent faire obstacle à mon libre arbitre, au pouvoir d'agir à ma guise. Dès lors s'évanouit et meurt cepouvoir de choix et d'action que rien ne limitait. a. L'ordre de la nature. Devant la nature, ce que j'expérimente, au premier chef, c'est un ordre qui ne se laisse point modeler par unevolonté, une puissance qui me résiste. Les phénomènes obéissent, en effet, à des lois indépendantes de nous, à desrelations qui paraissent inflexibles. Nul ne peut échapper à la pesanteur, ni aux lois entropiques qui règlent le vivant.Une loi physique, par exemple, est une proposition qui établit un lien impossible à rompre entre des grandeursphysiques mesurables. Un aveugle déterminisme paraît organiser le monde. L'ordre de la nature est une nécessitéapparemment incontournable. b. Les contraintes psychologiques du soi et de l'inconscient. Cet ordre contraignant se révèle tout particulièrement puissant dans la sphère du psychisme humain. Pour qui jette,en effet, un oeil lucide sur son « soi », les contraintes issues de l'inconscient paraissent jouer un rôle évident.Désirs, passions, habitudes sont, en grande partie, subis et issus de mécanismes archaïques innés ou acquis, dontnous saisissons mal la nature et les causes. Notre libre arbitre se heurte ici à des puissances qui s'imposent à nous.D'ailleurs, n'éprouvons-nous pas fréquemment un sentiment de contraintes psychiques en de nombreuses décisions ?Nous convenons alors que « nous ne pouvons faire autrement ». L'archaïsme des pulsions et des désirs s'affirmeainsi, contre le rêve du libre arbitre sans contraintes ni limites. Un démenti est apporté alors à notre rêve de libertéillimitée. c. Les contraintes issues d'autrui - La relation maître-esclave. Mais le mouvement vers autrui et la relation avec l'Autre sont, eux aussi, porteurs de lourdes contraintes. En effet,Autrui est d'abord l'Autre, le différent. Or, cet Autre - ce Moi qui n'est pas moi, selon l'expression de Sartre - mepénètre au plus intime de ma conscience et de ma vie, se faisant porteur de limites, formant souvent obstacle àmon libre arbitre. La loi de la vie humaine, c'est le conflit, la lutte des consciences entre elles. Quand deuxconsciences se rencontrent, elles tendent à s'affronter l'une l'autre. Comme l'a montré Hegel, dans laPhénoménologie de l'Esprit, les relations humaines représentent une lutte à mort pour la reconnaissance de l'un parl'autre. Ainsi la lutte du maître et de l'esclave, du dominant et du dominé, incarne cette dure contrainte où paraît sebriser mon libre arbitre solitaire. La violence, physique ou psychologique, est la marque même de la relationdominant/dominé.- La relation d'amourLa rencontre avec autrui, c'est aussi l'amour. Une certaine tendance de la sensibilité nous porte, en effet, vers lesêtres que nous pressentons ou ressentons comme bons. Or l'amour peut constituer également une contrainte ouune limite pour la liberté idéale dans la mesure où nous cherchons à accaparer l'autre pour nous l'approprieraffectivement. Tel est « l'amour possessif », qui forme obstacle à ma liberté spontanée. Ici encore, je prendsconscience des limites de la liberté. d. La contrainte des lois de la cité. La contrainte des lois civiles représente un nouvel obstacle les lois civiles, règles impératives formulées par l'autoritésouveraine d'une société, commandent pour tous. En effet, elles sont, d'abord, l'expression de l'organisationnécessaire de la vie sociale à laquelle l'homme ne peut échapper. Par conséquent, le citoyen qui obéit aux lois civilesvoit sa subjectivité humiliée et domptée. Loin d'agir selon son bon plaisir, il se soumet à des lois qui rabaissent leprincipe de la subjectivité. Dès lors, il semble qu'à ce niveau d'analyse également, l'obéissance aux lois réduisel'homme en esclavage. L'ordre universel des lois civiles dompte l'homme et l'asservit. Cet ordre universel s'appuie surla violence du pouvoir d'État qui s'exerce à travers différents corps d'administration. Les lois de l'État représententainsi un pouvoir paraissant limiter nos libres penchants ; elles semblent, elles aussi, nous enchaîner et nous asservir,faire de nous des esclaves, des animaux domestiques.Dans la sphère civile et politique, la volonté générale, chère à Rousseau, volonté de tous faisant abstraction desintérêts particuliers, peut aussi représenter un danger et un obstacle, puisqu'alors l'individu n'existe plus vraiment.La liberté idéale tombe en poussière quand le citoyen obéit à une volonté où il ne se retrouve pas. e. La loi morale. Enfin, il faut mentionner la loi morale qui, elle aussi, semble représenter une contrainte. Il s'agit ici de la loi éthique,du commandement moral, du devoir. C'est un impératif catégorique, une proposition ayant la forme d'uncommandement : agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienneune loi universelle. Il faut obéir à la loi du devoir. Force est de reconnaître que cette loi humilie toute la partiesensible de l'homme. Cette obéissance dompte la présomption, les penchants, la sensibilité. Mon libre arbitre »

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