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La morale se résume-t-elle à faire son devoir sans être heureux ?

Publié le 27/02/2004

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morale
Cette antinomie se résout à peu près de la même façon que celle qui, dans la « CRP », mettait aux prises la nécessité naturelle et la liberté. Là aussi, en effet, nous devons distinguer deux plans, le plan du sensible et le plan de l'intelligible. la thèse selon laquelle le désir du bonheur serait le mobile des maximes de la vertu est absolument fausse. Mais la thèse qui voit dans la maxime de la vertu la cause efficiente du bonheur n'est fausse que conditionnellement. Dire que la vertu engendre le bonheur n'est faux que si nous considérons l'existence dans le monde sensible comme la seule possible. Si au contraire nous nous référons à l'existence nouménale : « il n'est pas impossible que la moralité de l'intention ait une connexion nécessaire, sinon immédiate, du moins médiate (par l'intermédiaire d'un auteur intelligible de la nature) comme cause, avec le bonheur comme effet dans le monde sensible. » Ce n'est pas la vertu en tant qu'elle est prise dans le monde des phénomènes qui engendre le bonheur, mais une cause nouménale en rapport avec la vertu. En d'autres termes, c'est Dieu qui « proportionne le bonheur à la vertu. « La morale n'est donc pas à proprement parler la doctrine qui nous enseigne comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre digne du bonheur. »     [Le bonheur est dans l'exercice et l'usage de la vertu] Pour Aristote, le bonheur est la fin suprême, au-delà de laquelle on ne saurait penser d'autres fins.

Que je sois heureux ou pas, il me faut accomplir mon devoir, cela en vertu de ma qualité d'homme, responsable et libre, qui se doit de respecter autrui et se soumettre, pour son but, aux commandements divins. TOUTEFOIS, il n'est pas de vie heureuse sans morale. L'homme a besoin d'autrui pour se réaliser. Puisque accomplir son devoir revient à respecter l'autre, il faut en conclure que le devoir est la condition de possibilité du bonheur.

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« l'imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques, dont on attendraitvainement qu'ils puissent déterminer une action par laquelle serait atteinte latotalité d'une série de conséquences en réalité infinie...

» Kant , « Fondements de la métaphysique des moeurs ». L'objet de la « Dialectique » de la raison pure pratique, c'est le souverain bien , défini comme l'accord de la vertu et du bonheur, dont nous avons besoin en tant qu'êtresdoués d'une sensibilité.

La vertu et le bonheur sont liés dans le concept du souverainbien.

Par suite, il faut déterminer la nature de cette liaison, de cette unité.

Ou bienelle est analytique et il faut affirmer l'identité de la vertu et du bonheur ; ou bien elleest synthétique et il faut dire alors que la vertu engendre le bonheur.

Les deuxgrandes écoles morales de l'antiquité, stoïcisme et épicurisme, ont adopté le principecommun de l'identité du bonheur et de la vertu, mais elles l'ont conçu de façonsdifférentes.

Tous deux se trompaient en ceci qu'ils considéraient l'unité du concept desouverain bien comme analytique, alors qu'elle est synthétique ; en d'autres termes,leur erreur commune était de considérer comme identiques deux éléments hétérogènesou du moins de regarder l'un des deux comme faisant partie de l'autre : « Le stoïcien soutenait que la vertu est tout le souverain bien et que le bonheur n'est que laconscience de la possession de la vertu, en tant qu'appartenant à l'état du sujet.L'épicurien soutenait que le bonheur est tout le souverain bien –et que la vertu n'estque la forme de la maxime à suivre pour l'acquérir, cad qu'elle ne consiste que dansl'emploi rationnel des moyens de l'obtenir. » Or, les maximes de la vertu et les maximes du bonheur relèvent de principestotalement différents.

Si la vertu et le bonheur sont liés, cad si le souverain bien estpratiquement possible, ce ne peut être qu'en vertu d'une liaison synthétique.

On doitdonc poser le problème ainsi: « Il faut ou que le désir du bonheur soit le mobile des maximes de la vertu, ou que la maxime de la vertu soit la cause efficiente dubonheur.

» Or ces deux solutions apparaissent également impossibles : la première parce qu'aucunmobile sensible ne peut déterminer une volonté bonne ; la seconde parce que la vertudépend de la loi morale, tandis que le bonheur dépend de lois naturelles, et qu'on nevoit pas, dans ces conditions, comme l'une peut produire l'autre.

Telle est l'antinomiede la raison pratique.

Cette antinomie se résout à peu près de la même façon que cellequi, dans la « CRP », mettait aux prises la nécessité naturelle et la liberté.

Là aussi, en effet, nous devons distinguer deux plans, le plan du sensible et le plan de l'intelligible.la thèse selon laquelle le désir du bonheur serait le mobile des maximes de la vertu estabsolument fausse.

Mais la thèse qui voit dans la maxime de la vertu la causeefficiente du bonheur n'est fausse que conditionnellement.

Dire que la vertu engendrele bonheur n'est faux que si nous considérons l'existence dans le monde sensiblecomme la seule possible.

Si au contraire nous nous référons à l'existence nouménale :« il n'est pas impossible que la moralité de l'intention ait une connexion nécessaire,sinon immédiate, du moins médiate (par l'intermédiaire d'un auteur intelligible de lanature) comme cause, avec le bonheur comme effet dans le monde sensible .

» Ce n'est pas la vertu en tant qu'elle est prise dans le monde des phénomènes quiengendre le bonheur, mais une cause nouménale en rapport avec la vertu.

En d'autrestermes, c'est Dieu qui « proportionne le bonheur à la vertu. « La morale n'est donc pas à proprement parler la doctrine qui nous enseigne commentnous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre digne dubonheur. » [Le bonheur est dans l'exercice et l'usage de la vertu]. »

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