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La raison peut-elle observer la nature sans présupposé ?

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La nature n'est accessible à la raison que par sa mise en forme qui la rend intelligible, nécessaire et objective. En tant que mise en forme originaire de la nature, l'observation est la condition de possibilité de sa connaissance par la raison. Mais étant la condition de possibilité de la connaissance de la nature, toujours elle se soumet aux impératifs de la raison puisque la raison et la connaissance sont ses justifications, les raisons de sa fonction. En conséquence d?une telle soumission, l'observation ne peut par elle-même remettre en question ses présupposés (qui font toute son utilité). La structure même de la connaissance est dogmatique, et ne peut réfuter ses propres fondements [le holisme de Duhem et Quine]. L'observation comme fondement de la connaissance est un présupposé. Comme tel, jamais il ne permet la rapport de la raison à la nature hors de tous présupposés.

Le thème de cet énoncé consiste à interroger les conditions dans lesquelles a lieu l’observation de la nature par la raison. Ces conditions sont interrogées afin d’en saisir la teneur cognitive, c’est-à-dire leur neutralité ou, au contraire, leur détermination par des présupposés. D’une manière générale, il peut être dit de l’observation qu’elle a pour fin la connaissance. L’observation est la relation fondamentale de la raison au monde observé. Cette relation fonde la possibilité de la connaissance objective de l’extérieur.

Ainsi le problème de ce sujet réside dans la question de la neutralité possible de la raison : la raison peut-elle exercer son pouvoir (dans l’observation) sur un objet (la nature) sans le modifier (présupposés) ? Autrement dit, l’observation de la raison peut-elle être neutre ? L’observation peut-elle être une expérience visuelle pure, dénuée de tous préjugés et de tout intérêt, alors que par définition elle a pour finalité la connaissance, c’est-à-dire un certain intérêt ?

Dans le questionnement de la neutralité possible de ce qui est intéressé (la raison observant la nature pour la connaître), deux temps peuvent structurer le développement du propos : premièrement, le rapport de la raison à la nature ; puis, le rapport de l’observation à la connaissance de la nature.

 

« démonstration.II est possible d'avoir des connaissances qui, par leur nature abstraite, nécessaire et universelle, dépassentl'expérience, concrète, contingente et singulière, parce que l'esprit peut accéder à des connaissances a priori.L'expérience elle-même peut confirmer l'existence de principes a priori : la notion d'expérience est ambiguë, elledésigne à la fois le donné sensible et une connaissance de l'objet. Ces deux dimensions ne sont pas conciliables : sil'expérience était le donné sensible, elle ne serait qu'un ensemble de sensations ; or il ne peut y avoir connaissancesans relation ordonnée ; l'expérience elle-même est donc subordonnée à un principe qui dépasse les phénomènes etles rend connaissables. Si les phénomènes n'étaient pas liés entre eux a priori, nous ne pourrions rien percevoir. II. La raison de l'observation L'observation est ce qui fonde le rapport de la raison à la nature, d'une raison investiguant la nature pour laconnaître et en dire la vérité. La raison est elle-même la condition de l'objectivité de la nature puisque le naturen'est objective que pour une raison qui la pense comme son objet d'investigation. Ainsi, l'objectivité ne devrait-ellepas être la neutralité, puisque l'objectivité est censée nous rapporter à la chose dans sa vérité, dans sa pureréalité ? Dès lors doit être questionner le rapport de l'observation à la connaissance.Si la raison est la condition de possibilité de la connaissance de la nature en ce qu'elle en fonde l'objectivité et lanécessité (l'universalité des lois gouvernant la nature), nécessité et objectivité ne sauraient être des termesneutres et dépourvu de préjugés. L'objectivité, exigence à laquelle se soumet l'observation, est toujours déjà unemodification de la nature observée. La nature n'est accessible à la raison que par sa mise en forme qui la rendintelligible, nécessaire et objective.En tant que mise en forme originaire de la nature, l'observation est la condition de possibilité de sa connaissance parla raison. Mais étant la condition de possibilité de la connaissance de la nature, toujours elle se soumet auximpératifs de la raison puisque la raison et la connaissance sont ses justifications, les raisons de sa fonction. Enconséquence d'une telle soumission, l'observation ne peut par elle-même remettre en question ses présupposés (quifont toute son utilité). La structure même de la connaissance est dogmatique, et ne peut réfuter ses propresfondements [le holisme de Duhem et Quine]. L'observation comme fondement de la connaissance est un présupposé.Comme tel, jamais il ne permet la rapport de la raison à la nature hors de tous présupposés. Conclusion - Etant l'attitude d'un regard attentif porté sur le réel en vue de sa connaissance, l'observation a toujours déjà quelque finalité (la vérité) et est toujours déjà ordonnée selon certaines normes (la nécessité des loisnaturelles). Jamais elle n'est donc neutre. Mais toujours elle véhicule les valeurs de la connaissance à laquelleest se subordonne. Ces valeurs de la connaissance déterminent les rapports de la raison selon l'intérêt. N'étantjamais neutre, la raison ne peut jamais observer impartialement son objet. Toujours sont les présupposés. - Un observation qui permettrait un accès neutre à la nature à la nature ne serait plus observation, c'est-à- dire n'aurait plus pour fin la connaissance. Cela se produit dans la contemplation désintéressée de la naturelorsque s'éprouve le sentiment du sublime [Kant, Critique de la faculté de juger ]. Mais alors la raison n'est plus ce qui veut connaître, elle n'est plus ce qui observe : la nature n'est plus son objet. Enfin seulement peut-elle se rapporter à la nature sans présupposés. »

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