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La religion est-elle le propre de l'homme ?

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La religion définit un rapport sacré entre l'homme et une nature transcendante et supérieure, Dieu. Or par expérience, il semble que seul l'homme développe un rapport au sacré. Anthropologiquement, il semble que toute société humaine se fonde notamment avec un aspect religieux. Dès lors, si l'animal n'a pas d'accès manifeste au religieux, il convient alors de s'interroger sur la valeur, le sens et le fondement de cette religion pour l'homme. Dire que la religion est le propre de l'homme, sachant que l'homme est un être sociable et que la religion crée une communauté éthique, n?est-ce pas dire que la religion peut se comprendre comme un phénomène social total. Autrement dit, il s'agit de s'intéresser à la genèse de la religion pour les communautés humaines et de sa nécessité. La religion en ce sens peut se comprendre à la fois comme statique, c'est-à-dire comme facteur d?ordre social mais aussi comme dynamique, c'est-à-dire proprement mystique. En ce sens, si la religion suppose la conscience de l'homme et de ses interrogations cherchant alors des réponses dans une nature transcendante ; elle est aussi structurante pour une société. Et c'est pourquoi alors on peut peut-être dire que la religion est le propre de l'homme, en tant que le « le propre « c'est ce qui est essentiel. Or est-ce dire que la religion fait partie l'essence de l?homme ?

 

« 111. Élan ou aliénation? Bergson oppose à cette première forme la religion dynamique des mystiques, qui consiste à ressaisir l'énergie créatrice àsa source, à retrouver l'élan vital, affirmant que Dieu est amour : l'univers ne serait que l'aspect visible de cette émotioncréatrice. La religion aurait toujours à voir avec un mouvement créateur de dépassement, la transcendance : dépassementdu présent vers l'avenir, du réel vers le possible. Le dépassement de soi est-il l'accès au divin ? Plusieurs interprétations sont possibles d'une même situation que l'on nesait pas expliquer. Soit un poème réussi : on peut parler d'inspiration divine, ou d'inspiration poétique, ou du travail de lalangue. C'est, à chaque fois, la manière dont l'homme se rapporte à lui-même qui est en question. Feuerbach, dans L'Esprit du christianisme, fait de Dieu la manière dont l'homme se conçoit lui-même. Il s'agit d'un refletinversé : toutes les qualités qu'il trouve en lui, l'homme les met en Dieu mais sous forme de perfections. Il s'agit d'unealiénation, une façon de se désapproprier ce que l'on pourrait posséder : si la religion est le propre de l'homme, au sensoù elle lui est spécifique, on pourrait aussi dire qu'elle lui enlève ce qui lui appartient ou qu'elle le déprend de lui-même. Lepropre de l'homme n'est-il pas d'avoir rien en propre, d'être à la recherche de ce qu'il doit être? La religion comme aliénation de l'essence humaine chez Feuerbach La religion s'enracine dans le sentiment du sacré. Mais dans la société moderne, depuis le triomphe de la bourgeoisie, il semble que ce sentiment du sacré se soit évanoui ou ait été perverti. Feuerbach est l'un des premiers philosophes à avoir pris toute la mesure du caractère profane de notre société. Il reconnaît que les hommes se sont si bien « appropriés » « le vrai », « l'humain » et « l'antisacré » que le « christianisme a perdu toute force de résistance ». Le christianisme, écrit-il, « est nié », « nié dans l'esprit et le coeur, dans la science et la vie, dans l'art et l'industrie, radicalement, sans appel ni retour » : « L'incroyance a remplacé la foi, la raison la Bible, la politique la religion et l'Eglise, la terre a remplacé le ciel, le travail la prière, la misère matérielle l'enfer, l'homme a remplacé le chrétien ». Et, ajoute Feuerbach , « si dans la pratique l'homme a remplacé le chrétien, il faut alors que dans la théorie aussi l'être humain remplace l'être divin ». Ce qui signifie que la philosophie doit cesser d'être « théologie » pour devenir « anthropologie ». Dans « L'essence du christianisme », Feuerbach montre que, dans la religion, l'homme est aliéné, cad dépossédé de lui-même, de sa propre essence. La religion n'est jamais que le mystère de l'homme fait Dieu . Autrement dit, ce ne sont jamais que ses propres perfections et ses propres attributs que l'homme adore en Dieu . L'homme s'est ainsi dépouillé de son être pour l'attribuer à une réalité étrangère, Dieu : « Pour enrichir Dieu , l'homme doit s'appauvrir ; pour que Dieu soit tout, l'homme doit n'être rien » (« L'essence du christianisme ») La religion est « la première conscience de soi de l'homme, mais elle est indirecte ». En elle, l'homme « a pour objet son propre être sous forme d'un autre être ». La religion chrétienne est « la relation de l'homme à lui-même, ou plus exactement à son essence, mais à son essence comme à un autre être ». Aussi la tâche de la philosophie est-elle de faire reconnaître à l'homme sa propre essence au lieu qu'il adore en un autre être, nommé Dieu . Pour Feuerbach , il y a du divin, car le savoir ou l'amour sont choses divines mais il n'y a pas de Dieu . Il peut donc exister une religion sans Dieu . Le véritable athée est seulement « celui pour lequel les prédicats de l'être divin, comme par exemple l'amour, la sagesse, la justice, ne sont rien, et non pas celui pour lequel seul le sujet de ces prédicats n'est rien ». Il ne suffit donc pas de nier l'existence de Dieu ou « le sujet de ces prédicats » pou être athée, il se propose seulement de renverser la théologie en intervertissant le sujet et le prédicat : au lieu de dire « Dieu est sage et bon », il dit « l'homme est sage et bon ». Feuerbach substitue donc à la religion de Dieu celle de l'homme. Autrement dit, l'homme doit adorer en lui-même les qualités qu'aucun individu ne peut sans doute réaliser entièrement, mais qui sont cependant celles de l'espèce humaine. Réaliser l'essence humaine est l'affaire de la politique. Cette finalité est en son fondreligieuse, puisqu'il s'agit d'actualiser tout ce qu'il y a de possibilité divine en l'homme : « Il nous faut redevenir religieux, il faut que la politique devienne notre religion. » « L'opposition du divin et de l'humain est une opposition illusoire, elle n'est,autrement dit rien d'autre que l'opposition entre l'essence humaine et l'individuhumain, et par suite l'objet et le contenu de la religion chrétienne sont eux aussihumains de part en part. La religion, du moins la religion chrétienne, est le rapport de l'homme avec lui-même,ou plus exactement avec son être, mais un rapport avec son être qui se présentecomme un être autre que lui. L'être divin n'est rien d'autre que l'être humain, ouplutôt, que l'être de l'homme, débarrassé des bornes de l'homme individuel, cad réelet corporel, puis objectivé, cad contemplé et adoré comme un être propre, mais autreque lui et distinct de lui : c'est pourquoi toutes les déterminations de l'être divin sontdes déterminations de l'être humain » Feuerbach , « L'essence du christianisme ». Feuerbach développe une critique matérialiste du christianisme, et par-delà, de toute religion pourvue d'un ou plusieurs Dieu x : le divin n'existe pas hors de l'humain, il n'est que la projection imaginaire que l'homme fait de sa propre espèce. Tout Dieu est anthropomorphe, car c'est l'homme qui l'a créé à son image. En Dieu l'homme se reproduit, enrichi des attributs de perfection et d'infini : « La conscience de Dieu est la conscience de soi de l'homme », mais de cela il n'en a pas conscience. Il croit en ce Dieu illusoire. Sa conscience est donc aliénée, cad dépossédée au profit d'un autre être, d'ailleurs imaginaire. L'homme se pense lui-même , mais comme un êtreautre que lui. Le christianisme est la plus aliénante et la dernière des religions : la religion la plus aliénante car lanotion inédite de l'homme- Dieu dépouille totalement l'homme de la conscience de son statut réel, au profit d'une représentation imaginaire de lui-même ; et la dernière des religions, parce qu'elle annonce la mise au jour de lavraie nature de la religion : une nature purement et strictement humaine. Tels sont les principes du matérialismeathée. »

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