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La science peut-elle faire disparaître la religion ?

Publié le 19/02/2014

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Introduction Il est courant d’entendre opposer la science et la religion. Nous avons le sentiment que chaque avancée de l’explication scientifique se traduit par un recul des croyances religieuses. Des raisons existent à cela. L’Europe a été marquée par des conflits retentissants entre ces deux modes de pensée, comme en témoigne la condamnation de Galilée, et l’époque des Lumières a estimé que la religion était une superstition qui disparaîtrait avec les progrès des sciences de la nature. Cependant, il est clair qu’aujourd’hui, le développement de la connaissance scientifique n’a pas supprimé la pensée religieuse. N’est-ce qu’une question de temps ou doit-on penser que la religion est un phénomène plus complexe ou plus étendu que la représentation que les Lumières s’en faisaient ? 1. Présupposés du sujet A. Démarche scientifique et attitude religieuse Les Grecs entendent par science un exercice du raisonnement dont la démonstration est la plus haute manifestation. La raison procède en suivant des règles de logique dont la fixité et l’impersonnalité tranchent avec l’inconstance des opinions courantes. Le géomètre, le mathématicien découvrent les propriétés immuables des figures et des nombres. Ils cherchent la connaissance des choses, alors que les opinions sont des jugements partiels et intéressés. La science est de l’ordre de la théorie, alors que la religion possède dès l’origine une dimension pratique que Durkheim a fortement soulignée. La religion est un « système solidaire de croyances et de pratiques «, distinguant le sacré du profane et capable d’unir des individus dans une communauté dont ils se sentent les membres. Cette dimension sociale est importante au point que Bergson a pu écrire qu’il n’y a jamais eu de société sans religion alors que la science et la philosophie n’ont pas toujours existé. Les liens unissant des fidèles entre eux, par la médiation d’un lien commun à une autorité sacrée, ont un pouvoir de structuration, ils sont une sorte de ciment social. La religion apparaît donc comme une pensée globalisante. B. Une question de domaine La différence entre théorie et pratique ne suffit cependant pas à dire pourquoi la science pourrait faire disparaître la religion. Envisager ce phénomène implique que...
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« solidaire de croyances et de pratiques », distinguant le sacré du profane et capable d'unir des individus dans une communauté dont ils se sentent les membres.

Cette dimension sociale est importante au point que Bergson a pu écrire qu'il n'y a jamais eu de société sans religion alors que la science et la philosophie n'ont pas toujours existé.

Les liens unissant des fidèles entre eux, par la médiation d'un lien commun à une autorité sacrée, ont un pouvoir de structuration, ils sont une sorte de ciment social.

La religion apparaît donc comme une pensée globalisante. B.

Une question de domaine La différence entre théorie et pratique ne suffit cependant pas à dire pourquoi la science pourrait faire disparaître la religion.

Envisager ce phénomène implique que la première intervienne de façon offensive sur le terrain où la seconde la précédait.

Deux questions se posent alors.

Quel est ce domaine ? Quelles sont les caractéristiques de ces deux modes de pensée ? La réponse à la première question nous est donnée par l'Histoire.

Il est indéniable que la science est entrée en concurrence avec les récits religieux touchant la nature, son ordre et ses lois, et qu'elle a pris parfois position dans les débats touchant la formation ou l'origine du monde.

Dès lors, elle prenait une dimension métaphysique et elle mettait en cause les représentations religieuses, selon lesquelles l'ordre de l'univers ne pourrait venir que de l'action de puissances divines dont l'intelligence est à reconnaître dans les phénomènes qui nous entourent et dont la sagesse est à honorer dans des cultes. [Transition] Ce point permet de saisir la racine du conflit dont le sujet fait état. 2.

Les raisons du conflit A.

La séparation du mythe et de la raison Il est frappant d'apprendre qu'Anaxagore, un grand astronome grec, fut accusé d'athéisme et emprisonné pour avoir dit que le soleil était une pierre brûlante.

Cette affirmation ôtait à cet astre son caractère sacré et l'intégrait. »

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