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La société est-elle responsable des illusions de notre conscience ?

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Elle appartient à une personne et non à une entité abstraite- Pas de véritable « responsabilité » pour une entité abstraite (un établissement scolaire, un État, une société).- Cas limite: en temps de guerre (responsabilité de l'Allemagne dans la Première Guerre mondiale et dommages payés à la France) ou de catastrophe industrielle (Total Fina pour l'Érika) = responsabilité juridique fixée par des textes de loi et clairement délimitée.- Mais responsabilité morale toujours attribuée à une personne douée de conscience et de liberté (un sujet humain) = personne physique, qui doit assumer ses responsabilités.- Si les individus se déchargent de leurs responsabilités, cela peut conduire à des actes inadmissibles du point de vue moral comme la collaboration de Papon ou d'Eichmann avec les nazis sous prétexte qu'ils ne faisaient qu'obéir à leur administration (cf. Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem).  Reste que le devoir n'a de sens que s'il est bien compris. La morale du devoir peut, en effet, être pervertie et devenir fanatisme. Ainsi on rapporte que le nazi Eichmann, qui dirigea des camps, lors des interrogatoires, cita l'impératif kantien pour justifier son obéissance. C'est oublier que, pour Kant, la raison est la source de la loi. Comme le fait judicieusement remarquer Arendt : « La volonté du Führer s'est substituée cher Eichmann à la raison.

« III. En définitive, nous devons trouver à assumer une juste responsabilité 1. Un juste équilibre entre déterminisme et liberté – Reconnaître que nous sommes partiellement déterminés (et conduits par làà des illusions sur nous-mêmes, les autres et notre environnement) cf.Spinoza, Éthique ou Lettre LVIII à Schuller. Le rationalisme cartésien nous montre déjà qu'une volonté infiniment libre,mais privée de raison, est une volonté perdue. Plus nous connaissons, plusnotre liberté est grandie et fortifiée. Si nous développons notre connaissanceau point de saisir dans toute sa clarté l'enchaînement rationnel des causes etdes effets, nous saisirons d'autant mieux la nécessité qui fait que telle chosearrive et telle autre n'arrive pas, que tel phénomène se produit, alors que telautre ne viendra jamais à l'existence. Pour Spinoza, une chose est libre quandelle existe par la seule nécessité de sa propre nature, et une chose estcontrainte quand elle est déterminée par une autre à exister et à agir. Ausens absolu, seul Dieu est infiniment libre, puisqu'il a une connaissanceabsolue de la réalité, et qu'il la fait être et exister suivant sa proprenécessité. Pour Spinoza et à la différence de Descartes, la liberté n'est pasdans un libre décret, mais dans une libre nécessité, celle qui nous fait agir enfonction de notre propre nature. L'homme n'est pas un empire de liberté dansun empire de nécessité. Il fait partie du monde, il dispose d'un corps,d'appétits et de passions par lesquelles la puissance de la Nature s'exerce ets'exprime en nous, tant pour sa propre conservation que pour la nôtre. Bien souvent nous croyons être libres, alors que nous ne faisons qu'être mus, par l'existence de causes extérieures :la faim, la pulsion sexuelle, des goûts ou des passions qui proviennent de notre éducation, de notre passé, de notreculture. Nul homme n'étant coupé du milieu dans lequel il vit et se trouve plongé, nous sommes nécessairementdéterminés à agir en fonction de causes extérieures à notre propre nature. "Telle est cette liberté humaine que tousles hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs, etignorants des causes qui les déterminent." – Et en même temps libres de faire évoluer nos conceptions des choses et nos attitudes grâce à la réflexion.– Exemple: un délinquant est généralement conduit à des délits par sa condition sociale ou ses fragilités psychiques;mais il n'est pas condamné à le rester s'il a la capacité de prendre conscience de ses erreurs et de travailler à saréinsertion. 2. Une juste appréciation de nos limites– Nous ne pouvons pas tout savoir ni tout connaître, donc impossibilité de prendre conscience de tout ce qui nousfait parler et agir (notamment à cause de l'inconscient). – Donc il y a toujours une part d'illusions en nous, parfacilité, complaisance, intérêt...– Mais la responsabilité consiste aussi à mesurer le risque de se tromper et d'être trompé, et à être capable de secorriger ou de reconnaître ses égarements (cf. travail fait par la psychanalyse, par exemple). 3. Une approche toujours partielle et partiale de la réalité– L'existence humaine est toujours marquée par des influences culturelles, l'attachement à des valeurs et à desnormes qui nous permettent de vivre et de structurer notre pensée et notre comportement (Lévi-Strauss).– Mais nos illusions sont aussi liées à nos intérêts et à nos besoins; elles sont également parfois protectrices, pouréviter de voir des réalités trop douloureuses.– Assumer sa responsabilité, c'est donc aussi reconnaître cette position, cette relative partialité, tout en s'efforçantde la dépasser pour rechercher l'impartialité, une vision objective fondée sur des exigences d'universalité, de luciditéet d'esprit critique. Conclusion – Irresponsable de prétendre que la société peut être « rendue responsable » des illusions de notre conscience.– Revient à se décharger de sa responsabilité avec une grande mauvaise foi et une absence de courage.– Offense à notre propre liberté: c'est reconnaître que nous ne sommes pas libres et qu'une simple mécanique suffità nous conduire vers l'erreur et l'injustice.– Néanmoins, ne pas nier non plus que certains mécanismes sociaux (mentalités, pratiques scolaires, ségrégation,propagande publicitaire) suscitent des illusions et brouillent notre accès à la pleine et entière responsabilité.– Notre responsabilité est de les dénoncer et de trouver les responsables réels, ceux qui profitent des illusions desautres pour s'enrichir ou gagner de l'influence et du pouvoir. »

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