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L'art a-t-il une finalité ?

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finalité. 4. - Fin dernière : fin ultime au sens de but ou de terme absolu, tel que le souverain bien ; SYN. fin suprême ; fin en soi : pour KANT, fin objective, nécessaire, inconditionnelle ; opposée à fin subjective, empirique. 5. - Règne des fins : état dans lequel les volontés des êtres raisonnables sont censées s'accorder entre elles et avec l'ordre du monde (SYN. monde des esprits) ; il s'agit pour KANT d'un idéal pratique posant la liaison systématique, par des lois objectives communes, des êtres raisonnables en tant qu'ils sont une fin en soi, et qu'ils peuvent se proposer des fins. 6. - Final : a) Qui constitue ou concerne un terme ; SYN. ultime, dernier, opposé à initial.

 

En s’interrogeant sur l’existence éventuelle d’une finalité artistique, on pose la question du rôle de l’art et de la relation que l’on entretient avec lui. L’art sert-il à quelque chose, a t-il une fonction bien définie, un rôle à remplir ? Si c’est le cas, que cherche t-il à montrer ? Quel objectif vise t-il ? La pratique artistique s’effectue t-elle dans le but d’accomplir quelque chose d’autre, quelque chose d’extérieur à l’œuvre (de communiquer ou de transmettre un message par exemple), ou bien le geste de l’artiste est-il gratuit et libre et ne s’accomplit-il que pour lui-même ?

« · Aristote : L'art comme catharsis. L'homme prend de la distance par rapport à sa vie réelle à travers sa contemplation de l'œuvre. Le plaisir que procure la tragédie est spécifique. Aristote le définit ainsi : « [...] la tragédie est l'imitation d'une action de caractère élevé et complète,d'une certaine étendue, dans un langage relevé d'assaisonnements d'uneespèce particulière suivant les diverses parties, imitation qui est faite par despersonnages en action et non au moyen d'un récit, et qui, suscitant pitié etcrainte, opère la purgation propre à pareilles émotions. » Assaisonnement du langage désigne la proportion variable de chants et de vers. L'essence de latragédie réside dans l'action, non dans le récit, action représentée en untemps limité. Le plaisir résulte des émotions ressenties: crainte et pitié. Toutcela est clair. Aristote mentionne la cause et les effets. Mais sur le mécanisme de l'opération, peu de détails ! Un seul terme assezinattendu: « purgation », catharsis. On peut dire aussi « purification ». Ce mot a donné lieu à maints commentaires. Chez Aristote lui-même, il est l'objet de plusieurs interprétations. On croit comprendre qu'il y a un rapport entrel'imitation, la mimésis, et la purgation, la catharsis: devant un spectaclereprésentant des actions éprouvantes, je suis enclin à ressentir les mêmesémotions que l'on cherche à provoquer en moi. La représentation desentiments violents ou oppressants, par exemple la terreur, l'effroi ou la pitié,bien que mimés et donc fictifs, déclenche dans le public, dans la réalité, dessentiments analogues. Cette réaction est banale dans la vie courante; trop d'événements réels, effrayants ou affligeants, suscitent desémotions correspondantes, par exemple, de la compassion pour les victimes. Mais ce phénomène est plus surprenantlorsqu'il s'agit d'un spectacle créé et imaginé de toutes pièces. Il suppose une identification avec un personnage etnon plus avec une personne. Certes, cette identification a ses limites, car il ne s'agit pas d'imiter, de copier ni detransposer dans la vie réelle les actions qui se déroulent sur la scène. Et l'on imagine mal un jeune homme,influencé par l' " Œdipe " de Sophocle , décidant de tuer son père, de commettre un inceste avec sa mère et de se crever les yeux. Ce transfert de la fiction à la réalité est-il toutefois tellement inconcevable? Pour nous, malheureusement non. Mais,pour Aristote , certainement. En éprouvant des sentiments analogues à ceux que la tragédie provoque en moi, je me libère du poids de ces états affectifs pendant et après le spectacle. J'en ressors comme purgé et apaisé. Cesémotions préexistaient-elles en moi à l'état latent et le spectacle s'est-il contenté de les éveiller? Ou bien les a-t-ild'un bout à l'autre provoquées? Le spectateur est-il prédisposé, par sa nature même, à réagir en fonction d'unereprésentation spécialement conçue pour le troubler en des points sensibles de sa personnalité ? Aristote ne le dit pas. La " Poétique " ne répond pas vraiment à l'attente de la " Politique ". Aristote , là aussi, avait évoqué la catharsis, mais uniquement à propos de la musique « Nous disons qu'on doit étudier la musique, non pas vue de l'éducation et de la purgation - ce que nous en vue d'un avantage unique, mais de plusieurs (en nous en reparlerons plusclairement dans un entendons par purgation, terme employé en général, traité sur la poétique - et, en troisième lieu,en vue du divertissement, de la détente et du délassement après la tension de l'effort). » Certes, il en reparle, mais si peu ! En revanche, la " Politique " donne quelques précisions qu'on ne retrouve pas dans la " Poétique ": à la crainte et à la pitié s'ajoute l'« enthousiasme ». A propos de cet état d'exaltation, Aristote fait référence explicitement au sens thérapeutique du terme: « certains individus ont une réceptivité particulière pour cette sorte d'émotions [l'enthousiasme], et nous voyons ces gens-là, sous l'effet des chants sacrés, recouvrer leur calme comme sousl'action d'une cure médicale ou d'une purgation. » Est-ce pour lui, une manière de retrouver le lieu commun selon lequel « la musique adoucit les mœurs » ? Il y a sans doute un peu de cela, mais il faut aller plus loin dans l'interprétation. Dans la " Politique ", Aristote suggère lui-même que la catharsis concerne également la tragédie, c'est-à-dire la vue, et non pas seulement l'écoute de ce qu'il appelle des chants éthiques, dynamiques ou exaltants. Il n'y a pas às'en étonner puisque la tragédie, à l'époque, réalise une certaine forme d' « art total » harmonisant le texte, les chœurs et la danse. Mais, en outre, elle consiste à mettre en scène une action, une intrigue où des personnagesréels imitent des héros soumis à un destin angoissant ou pathétique. Pensons à Œdipe . Or la musique seule ne figure pas; elle ne représente rien; elle laisse tout loisir à l'auditeur d'imaginer librement selon ses états d'âme, toutcomme la lecture d'un récit. En revanche, la tragédie impose un personnage, un masque comportant des traitsdéfinis. Elle force en quelque sorte l'identification du spectateur appelé à devenir momentanément un « acteur secret » dans la pièce. Mimésis d'action et de sentiments réels, la tragédie concentre la réalité dans le temps et dans l'espace, elle l'exagère et pousse les passions à leur paroxysme afin d'éclairer le public sur les conséquenceséventuelles de ses actes: voyez ce qu'il adviendrait, si d'aventure l'envie vous prenait d'imiter réellement cesmalheureuses victimes de la fatalité ! »

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