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L'art modifie-t-il notre rapport à la réalité ?

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Nietzsche s'interroge sur la fonction de l'art en avançant la thèse : l'art est le stimulant de la vie. Il modifie notre rapport à la réalité en la rendant plus vive et plus intense.

1. Ceci en partant de la notion d'« art pour l'art « conçuecomme mise en question d'une fin « moralisatrice « de l'art. 2. Mais débarrasser l'art d'une finalité moralisatrice n'empêche pas l'art de remplir une fonction.

3. L'art a un sens : c'est l'exaltation du désir de vie.

L'art en tant qu' ensemble des productions humaines, et plus spécifiquement de choses belles ne peut sans doute pas transformer radicalement le monde qui nous entoure, ni faire changer la perception sensorielle que j'en ai. Mais, e, ta,t qu' artifice, il peut être aussi une production d'illusion et d'évasion, et ainsi modifier notre rapport à la réalité, dans la mesure où il nous détourne de la banalité du quotidien et nous donne à voir ce qui passe souvent inaperçu. L'art nous fait-il perdre le contact avec la réalité? L'art permet-il de changer la vie? E, quoi l'art nous permet-il de porter un nouveau regard sur le monde qui m'entoure? L'art, en tant qu'il suscite un sentiment de beau, ne semble nous arracher à la réalité que le temps de cette émotion esthétique, et est incapable de changer le monde, par contre il pourrait bien modifier le regard que j'ai sur la réalité et le jugement que je porte sur elle.

« [Introduction] Parce que l'art a la réputation d'être inutile, on admet volontiers qu'il n'a pas grand rapport avec la réalité, etpropose plutôt une sorte d'univers en marge du réel, qui ne saurait influer sur ce dernier. On peut également jugerque les oeuvres, en nous éloignant précisément de la réalité telle que nous la vivons quotidiennement, nouspermettent d'en oublier les problèmes. Doit-on se contenter de considérer l'art de cette façon ? Peut-on aucontraire estimer que son rapport avec le réel n'est pas seulement de marginalité, ou de fuite, et qu'en fait, il nouspermet de percevoir autrement ce réel ? [L'art comme illusion positive] Si les philosophes s'obstinent à réfléchir sur l'art et à tenter d'en cerner la nature, c'est peut-être qu'ils y devinentdes pratiques susceptibles de rivaliser avec la philosophie elle-même, dans la manière qu'elles ont de nous informersur ce que nous nommons la réalité. De plus l'art aurait sur tout discours philosophique l'avantage de l'immédiatetéet du sensible.C'est ainsi que Platon dans la "République" dénonce l'art comme illusion et l'artiste comme un illusionniste. Platon montre que l'image artistique est doublement inadéquate, à la fois à l'être (à l'Idée) et à l'étant (à la chosereprésentée). Que l'on compare, pour reprendre l'exemple du livre x, un lit fait par un menuisier, et un lit peint par unpeintre. L'artisan qui veut fabriquer un lit doit se référer en pensée à l'Idée du lit, se soumettre à ce qu'exige un telustensile, obéir à ses conditions d'utilisation. Le peintre pourra se contenter de quelques traits et ombres quiévoqueront un lit. Il lui suffira pour produire une vue du lit d'en donner une «apparence» (l'apparence de samatérialité) sans se préoccuper de sa Forme, de son Idée, où se trouve inclus l'usage possible du lit: qu'on puisses'y allonger. Pour produire son image, l'artiste n'a pas à remonter à l'Idée. Mais, en outre, Platon s'appuie sur lepostulat réaliste qui veut qu'un lit dont on peut se servir est supérieur à un lit qu'on peut seulement regarder, etencore toujours sous le même angle. L'art est ainsi condamné comme inadéquat à l'étant, autant qu'à l'être.Mais l'art n'est-il pas au moins respectable sinon admirable parce qu'il est difficile ? Non, rien de plus simple, ditSocrate, que de produire comme le fait un artiste. Il suffit pour «produire » de cette façon de prendre un miroir etde le « promener en tous sens ». Alors naîtront aussitôt des « apparences » (phaïnomena) de toutes choses. L'artest ainsi déprécié à la faveur d'une affirmation surprenante: l'image artistique n'est qu'un reflet dans un miroir, uneillusion sans substance. Platon feint d'ignorer qu'il existe une technique du dessin, un art de la couleur. La théorie dumiroir évacue toute la matérialité de l'art. L'artiste est assimilé à un charlatan dépourvu de « toute espèce de métier». Ce qu'il « produit », tout le monde peut le produire, et ce n'est pas une opération très difficile. « Tu pourrais leproduire toi-même, dit Socrate à Glaucon, d'une certaine façon et qui n'est pas compliquée,[...] pourvu qu'un miroirà la main tu veuilles le promener dans toutes les directions, tu auras vite fait de produire un soleil, vite de produireune terre, vite de te produire toi-même, tout comme le reste, animaux, objets fabriqués, plantes. » L'artiste estdéfini comme un pseudo-producteur, comme un producteur aveugle de pures et simples apparences. Car, ditGlaucon, il est certes possible de «produire» avec un miroir, mais ce seront des apparences, et non pas des étants«en vérité» (alètheia). Le peintre produit un lit «apparent », c'est-à-dire inconsistant. Et le menuisier ? « Il neproduit pas une Forme, ou ce qu'est le lit, mais seulement un lit particulier » (597 a). Il ne produit pas la vérité ensoi du lit, c'est-à-dire un lit parfaitement clair, car le bois du lit, le style, la facture, ne font qu'introduire del'obscurité dans la clarté de l'essence du lit. Cependant il produit vraiment un lit.D'où la hiérarchie des trois lits, qu'établit le texte: le premier lit, l'unique qui soit existant « par nature », lePrototype, l'aspect essentiel établi ou contrôlé par le dieu lui-même ; le second, fabriqué par le menuisier; letroisième, peint par le peintre. Ici le terme « nature », phusis, signifie bien entendu, l'essence, ce qui se montre desoi-même, par opposition à ce qui est produit par le moyen d'autre chose. Imitation de la nature veut dire pourPlaton, imitation de l'eïdos, de l'Idée. L'Idée n'est pas véritablement produite par le dieu. Il la laisse s'épanouir etveille seulement sur son identité et unicité éternelle. Car s'il y en avait deux, elles auraient nécessairement unenature commune, et se réduiraient à une troisième. Ainsi il y a trois sortes de «préposés » à trois modes deprésence de l'être: «Le peintre, l'artisan, le dieu sont ces trois préposés qui président à trois modes de l'eïdos dulit.»Platon distingue donc trois degrés de « production », c'est-à-dire de « venue à la présence », et trois types de «producteurs » : 1. Le dieu - « il laisse surgir la nature » (phusisphuei). Dieu seul est artiste, dira Schelling. Il est nommé phutourgos:celui qui prend soin de la présentation du pur Aspect des choses ;2. L'artisan - « l'ouvrier du lit » (dèmiourgos klinés), celui qui laisse apparaître dans le bois cet objet disponible, àchaque fois singulier, qui correspond vraiment à l'idée du lit;3. Le peintre - il ne fait paraître ni le pur Aspect du lit, ni un lit utilisable, mais il obscurcit lourdement l'eïdos par lamatière de la couleur et de la surface peinte, ainsi que par l'angle unique, réducteur, sous lequel est présentél'objet. Le tableau est ainsi la «troisième production», la troisième « à partir de la nature », dit le texte (597 e),c'est-à-dire à partir de l'Idée. L'« imitateur » (mimètès) est celui qui préside à ce troisième degré d'éloignement parrapport à la vérité. Il mérite le nom d'«ouvrier de l'image », car il se propose non pas de représenter le lit tel qu'ilest, mais tel qu'il paraît.L'artiste a-t-il de cette apparence fantomatique le moindre savoir ? Peut-on apprendre d'un peintre la façon de faireun lit ? Peut-on apprendre d'un poète qui chantera une guérison la manière de guérir ? Les poètes ne savent pas dequoi ils parlent. Ils seraient incapables de « rendre raison » de ce qu'ils imitent. Ainsi, dit Platon, Homère traite de laguerre, du commandement des armées, du gouvernement des cités, de l'éducation des hommes, mais si on »

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