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Le désir de vérité

Publié le 23/07/2022

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« 1 LE DÉSIR DE VÉRITÉ [Introduction] Nul, spontanément, ne songerait à remettre en question l’idée d’un désir de vérité : désir de « faire éclater » la vérité lors d’un procès en justice, désir de connaissances vraies de la part du savant, désir, pour le philosophe, de savoir ce qu’il en est, en vérité, du sens de l’histoire ou du salut, de la liberté de l’homme ou de l’existence de Dieu. La vérité apparaît ainsi comme un objet naturel de désir, si bien que nous serions spontanément portés vers la vérité, en tant que cette dernière, comme on peut le voir avec les exemples ci-dessus, nous engagerait, nous concernerait, ne saurait représenter un objet indifférent mais plutôt une valeur, digne, donc, d’être poursuivie. Cependant, ne peut-on aussi parfois haïr la vérité, quand elle nous blesse, quand elle nous dérange plus qu’elle ne nous arrange ? Et cette aversion, cette haine de la vérité, lorsque par exemple une maladie grave ou la mort d’un proche nous sont révélées, ne se transforme-telle pas du coup, en ces cas, donc, de vérités insupportables, en désir d’erreur ou de mensonge ? Le désir de vérité n’a dès lors plus rien d’évident et c’est bien la tension entre les deux notions de cette expression, qu’il s’agit de mettre en relief et de questionner. En premier lieu, en effet, de quelle vérité s’agit-il ici ? S’agit-il de vérité scientifique ? Métaphysique ? Morale ? De vérité de fait ou de vérité de raison ? Peut-il en outre y avoir un désir de vérité, comme si la vérité était une et non pas diverse ? En second lieu, de quel désir est-il question ? Du désir d’une raison portée à une veritas essendi, vérité de l’être en soi, ou bien du désir comme inclination sensible, qui serait désir de vérité comme il pourrait être désir de gloire ou de paix, de se nourrir ou, comme dit Aristote, de savoir ? Mais alors dans ce cas, comment un objet comme la vérité, considéré comme objet intellectuel, objet de connaissance, peut-il faire l’objet d’une tendance comme le désir, tendance, au premier abord, individuelle, singulière et spontanée ? En d’autres termes, le problème semble le suivant : la vérité peut-elle faire l’objet d’une tendance comme le désir, et le désir être alors comme affranchi de sa subjectivité, ou bien rechercher la vérité, est-ce au contraire exclure tout désir qui, de par sa nature même, ferait entrave à une telle recherche ? Il y va ici du statut de la vérité : la vérité nous engage et nous concerne ; mais à quel titre ? Représente-t-elle un bien objectif, digne d’être poursuivi de tous, ou bien une notion commode et utile, propre, du coup, à ramener à un statut d’illusion l’idée d’une vérité objective ? À quoi nous engage donc un tel désir ? »

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