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Le problème de l'action : le dynamisme psychique et sa portée

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n     LA CONSCIENCE. L'INCONSCIENT.

LA CONSCIENCE ET L'INCONSCIENT : LE DYNAMISME DE LA VIE PSYCHIQUE.

·   LA CONSCIENCE.

La notion de conscience possède, originellement, deux acceptions : l'une,

psychologique ; l'autre, morale. Elle prend aussi un sens philosophique.

4    Point de vue psychologique.

L'activité mentale que l'homme déploie dans son rapport au monde prend des formes multiples. La pratique sociale, relationnelle par essence, implique une diversification et un développement de cette activité (cf. les rubriques « Travail «, « Éducation «, « Désir «, « Autrui «, « Langage «, etc.). Dans une pre­mière approche, la conscience peut être définie comme une faculté qu'a l'homme d'éprouver pour lui-même la réalité de cette activité, d'en ressaisir intuitivement l'existence en acte. Par elle, l'existence « donnée « devient pré­sence explicite, présence au monde et présence à soi : le vécu (relations aux objets, aux personnes, au corps, à soi...) tend à se saisir lui-même, à se « repré­senter « en une sorte de dédoublement réflexif qui d'abord s'éprouve (la conscience comme sentiment intime et concret d'exister) puis s'efforce de se développer et de s'extérioriser de façon multiforme (affirmation de la subjecti­vité, volonté de comprendre le monde et de le maîtriser, etc.).

En fait, aucune définition de la conscience ne peut être pleinement satisfai­sante dès lors que l'on observe certains caractères fondamentaux qui la consti­tuent, et la rendent difficilement assimilable aux autres réalités psychiques :

— La conscience n'est pas une réalité psychique « en soi «, que l'on pourrait décrire comme une chose « positive «. Elle n'a de sens et d'existence qu'en « relation à«. « Toute conscience est conscience de quelque chose«, comme l'affirment la phénoménologie de Husserl et l'existentialisme de Sartre. C'est dire que si la conscience ne peut se définir par ses « contenus « (objets repré­sentés, images, etc.) par contre elle ne se définit et se révèle «qu'à l'occasion « de ces contenus. Elle est en quelque sorte le « négatif « de ces contenus, l'acti­vité qui leur donne un sens pour moi, en rendant manifeste pour mon «esprit« la présence des réalités où je me situe. Intentionnalité, négativité, pouvoir de néantisation : autant de termes qui s'efforcent de restituer cette dimension relationnelle de la conscience.

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           La conscience, ainsi opposable au « donné « auquel elle confère sens pour l'homme, révèle un pouvoir de « distanciation « dont la portée est considérable. Selon Sartre, il y a toujours transcendance de la conscience par rapport à son objet. C'est la conscience qui pose son objet, selon des modalités diverses : la conscience perceptive le pose comme existant, la conscience imaginaire comme non existant, comme image (cf. Sartre, L'imaginaire, Éditions Galli­mard, page 30). La conscience n'est donc jamais pur reflet ou simple donnée dérivée. C'est bien plutôt elle qui rend le monde signifiant, le situe et/ou le relativise. Principe originaire de négation et de réflexivité, la conscience appa­raît dès lors comme un foyer de liberté, de dépassement du donné. En ce sens, elle est la source même de la pensée, qui implique à la fois représentation et réflexion (réflexivité), faculté de « poser « un objet et faculté de s'en distancier.

 

           La « découverte « de la conscience relève d'une expérience existentielle très concrète, dont un exemple peut être donné par le « cogito « cartésien. «Je pense, et par là même je découvre que j'existe.« Pour penser, il faut être. A travers les multiples activités mentales de l'être humain (se représenter, nier, affirmer, etc.) s'éprouve une première certitude : l'existence d'une activité ori­ginaire de réflexion qui implique en elle l'existence tout court (la fameuse «chose pensante« dont le cogito est à la fois la révélation et la manifestation). Une telle « expérience « signale la dissociation possible des multiples actes psy­chiques et du pouvoir spontané de «mise à distance« et de réflexion qui se manifeste en eux et reste, en droit, irréductible à telle ou telle opinion, telle ou telle représentation. Dans une autre perspective et un autre contexte, Sartre décrit la découverte singulière de la conscience d'exister, «en deçà« de toute détermination concrète et de tout donné (cf. les célèbres descriptions de La Nausée). Paradoxalement, le cheminement de la pensée conduit à une « remon­tée « vers le fait perçu comme premier et indérivable : le caractère contingent (non nécessaire) de l'existence, qui s'appréhende désormais à travers une conscience épurée, où l'intuition première du fait même d'exister relativise toute détermination du donné (Sartre parle, à propos d'une telle intuition, de «cogito préréflexif «).

— Quatrième approche : la maîtrise des trois types d'obstacles à la volonté (d'après un texte d'Alain, Propos I, Pléiade, pages 323-324).

« Quand un homme doute au sujet de ses propres entreprises (...) il craint toujours trois choses ensemble, les autres hommes, la nécessité extérieure et lui-même« (texte cité).

 

La volonté, pour maîtriser ces trois craintes, doit cultiver la foi (ou confiance en nos propres possibilités), l'espérance (qui nous rend maîtres de la réalité externe) et enfin l'amour de l'humanité (qui nous fait créditer les autres des qualités et des mérites sans lesquels toute action serait vaine).

« -La conscience, ainsi opposable au «donné» auquel elle confère sens pour l'homme, révèle un pouvoir de «distanciation» dont la portée est considérable. Selon Sartre, il y a toujours transcendance de la conscience par rapport à son objet. C'est la conscience qui pose son objet, selon des modalités diverses : la conscience perceptive le pose comme existant, la conscience imaginaire comme non existant, comme image (cf. Sartre. L'imaginaire, Éditions Galli­ mard, page 30). La conscience n'est donc jamais pur reflet ou simple donnée dérivée. C'est bien plutôt elle qui rend le monde signifiant, le situe et/ou le relativise. Principe originaire de négation et de réflexivité, la conscience appa­ raît dès lors comme un foyer de liberté, de dépassement du donné. En ce sens, elle est la source même de la pensée, qui implique à la fois représentation et réflexion (réflexivité), faculté de «poser» un objet et faculté de s'en distancier. -La «découverte» de la conscience relève d'une expérience existentielle très concrète. dont un exemple peut être donné par le «cogito» cartésien. «Je pense, et par là même je découvre que j'existe.» Pour penser, il faut être. A travers les multiples activités mentales de l'être humain (se représenter, nier, affirmer, etc.) s'éprouve une première certitude: l'existence d'une activité ori­ ginaire de réflexion qui implique en elle l'existence tout court (la fameuse «chose pensante» dont le cogito est à la fois la révélation et la manifestation). Une telle «expérience» signale la dissociation possible des multiples actes psy­ chiques et du pouvoir spontané de «mise à distance» et de réflexion qui se manifeste en eux et reste, en droit, irréductible à telle ou telle opinion, telle ou telle représentation. Dans une autre perspective et un autre contexte, Sartre décrit la découverte singulière de la conscience d'exister, «en deçà» de toute détermination concrète et de tout donné (cf. les célèbres descriptions de La Nausée). Paradoxalement, le cheminement de la pensée conduit à une « remon­ tée» vers le fait perçu comme premier et indérivable : le caractère contingent (non nécessaire) de l'existence, qui s'appréhende désormais à travers une conscience épurée, où l'intuition première du fait même d'exister relativise toute détermination du donné (Sartre parle, à propos d'une telle intuition, de «cogito préréf/exif»). -En fait, les différents aspects de la conscience qui viennent d'être évoqués ne peuvent rendre compte de la totalité du psychisme saisi dans son fonc­ tionnement. La conscience, plus ou moins claire, plus ou moins complète, n'im­ plique pas forcément connaissance explicite de toutes les données psychiques. Sociologie et psychologie ont depuis longtemps souligné que la conscience humaine peut être saisie comme un produit autant que comme une donnée originaire. Il suffit pour cela de préciser l'acception que l'on donne au mot lui-même : si, en tant que faculté virtuelle de représentation et de distanciation, la conscience semble « indérivable », en fait, concrètement, dans la mise en œuvre d'un tel pouvoir, elle suppose un certain nombre de conditions et de processus de formation sans lesquels elle ne pourrait se constituer. La psycho­ logie génétique de Piaget (cf. La Psychologie de l'intelligence, Éditions A. Colin); la théorie psychogénétique de Freud (cf. Trois Essais sur la théorie de la sexualité, Éditions Gallimard, collection «Idées»); le point de vue sociogéné­ tique et historique de Marx et Engels (cf. L'idéologie allemande, Éditions Sociales, pages 59 et 60) ou de Durkheim : conceptions qui relativisent l'idée d'une conscience préconstituée et l'illusion idéaliste qui s'y rattache. ... Point de vue moral. Sur le plan moral, le terme «conscience» désigne généralement une faculté de discerner le bien du mal, et de fixer à l'action des normes correspondant à une certaine conception du bien et du mal. Qu'une telle faculté soit innée (Rousseau : «conscience, instinct divin!») ou acquise, cela dépend de la repré- 138 »

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