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Le problème du mal

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Le mal éprouvé. - C'est l'épreuve de la douleur physique qui constitue notre première rencontre avec le mal; car toute souffrance dans notre chair revêt ce caractère d'hostilité qu'il faut subir et qui heurte notre désir légitime d'épanouissement. Mais le mal physique ne constitue qu'un premier obstacle où vient buter notre sensibilité. Avec l'âge de raison, nous prenons conscience du fonctionnement de notre intelligence et de sa fragilité; un double mal intellectuel se présente alors à nous : l'ignorance de tout ce qui demeure hors de la portée de cette intelligence; l'erreur dans laquelle, souvent sans le vouloir, elle est exposée à tomber. Enfin, à mi-chemin du mal physique et du mal intellectuel parce qu'il heurte à la fois notre sensibilité et notre intelligence, le laid constitue pour certaines natures plus affinées une sorte de mal non moins redoutable : le mal esthétique. Ces formes diverses que nous venons d'énumérer trouvent à l'intérieur de nous des résonances profondes, mais si nous en sommes vivement affectés, nous ne nous en sentons point responsables. B. Le mal consenti. - Il en va autrement de la faute ou du péché. C'est à l'âge de raison également que nous prenons conscience d'un impératif moral qui nous fait distinguer entre « ce qui est mal » et « ce qui est bien ».

« ferait connaître la vraie liberté et la vie selon la raison où ne subsiste plus aucun mal. Ainsi, pour LEIBNIZ, le monde créé par Dieu ne peut être que le meilleur des mondes possibles.Cet optimisme (plus modéré chez LEIBNIZ, absolu chez les Stoïciens etSPINOZA) répond à un besoin d'unité. Il s'appuie sur la corrélativité du mal etdu bien apparents. Il prend prétexte de certaines erreurs de jugement quinous font estimer mauvais des événements qui concourent à notre bien ou aubien de l'ensemble. Il nous invite à une vue plus large des choses et des faits.Mais peut-être fait-il trop bon marché du caractère positif que revêt pournous la réalité du mal. B. En réaction contre cet optimisme, certains penseurs ont mis en relief laréalité absolue du mal. Ce que nous prenons pour un bien ne serait, en fait,qu'un moindre mal. C'est l'opinion d'un SCHOPENHAUER, pour qui la vie estessentiellement, un mal, puisqu'elle a ses racines dans le désir, dans lavolonté, fruit elle-même de notre radicale indigence.Ce pessimisme, qui doit conduire logiquement à l'ataraxie et même au suicidecosmique, a toutes les séductions d'une démarche sincère et lucide. Il neveut point se payer de mots, ni minimiser le rôle de la souffrance, de ladouleur, du mal. Et, sans doute, répond-il à une tendance profonde de l'esprithumain en face de son désarroi : de nos jours, un certain existentialismes'accorderait avec lui pour voir dans l'existence un mal, dans le néant un butauquel il nous faut aspirer. Mais s'il insiste vivement sur la positivité du mal, ilnéglige sans doute trop l'aspect de corrélativité que nous avons signalé : il semble difficile de concevoir un mal absolu et d'ôter au bien toute positivité. C. Entre ces deux pôles extrêmes se situe toute la gamme des divers dualismes, depuis le dualisme radical de typemanichéen, jusqu'au dualisme mitigé de la pensée chrétienne. Pour le premier, bien et mal sont deux principes,antagonistes, deux substances également premières. Pour le christianisme, si le principe du mal est en lutte avec leprincipe du bien, il en est toutefois dépendant quant à son origine.Ainsi le dualisme attire notre attention sur la réalité du mal et nous interdit d'en minimiser le rôle. Mais en mêmetemps il souligne sa corrélation avec le bien : la présence du mal fait songer au bien qui doit prendre sa place. Etsurtout il relie le problème du mal à celui de la liberté : pour qu'une ascension soit possible sur l'échelle des valeurs,il faut que nous ayons la possibilité de stationner et même de reculer; l'existence du mal est fonction de notreliberté.Mais il nous faut cerner de plus près ces dernières réflexions et en envisager les conséquences. III. — AVANTAGES ET LIMITES DU DUALISME MITIGE. Essayons, à l'aide des réflexions qui précèdent, de préciser les divers aspects sous lesquels, pour la penséehumaine, le mal « fait problème » ; sa nature, son origine, s'il est conciliable avec l'existence d'un Dieu-Providence,quelle attitude peut prendre l'homme à son égard. A. La nature du mal. — Nous avons déjà dit que le mal est l'opposé du bien : mais faut-il concevoir cette opposition comme l'opposition de deux « choses », de deux substances, comme la lutte des ténèbres et de lalumière, ainsi que le pense le dualisme radical ? Il semble préférable de moins « réifier » le problème et de tenircompte, avant tout, du caractère de mutilation qu'offre tout mal. Nous dirons que tout mal se présente à nouscomme une privation, comme la privation d'un bien qui devrait exister. Le mal apparaît comme une morsure dansl'intégrité de l'être, morsure qui peut étendre ses ravages, mais jamais au point de supprimer tout bien dans l'êtrequ'elle affecte, car tout être en tant qu'être est bon : en ce sens, il n'y a pas de mal absolu, il n'y a pas d'être quisoit radicalement mauvais par soi. Le mal est en nous la tendance au moins-être qui s'oppose à la tendance à cemieux-être en quoi consiste notre fin.Mais que cette façon de parler n'induise pas en erreur : cette privation garde un caractère de réalité, terrible; c'estune privation agressive, et la traduction du bien et du mal en termes philosophiques d'être et de non-être ne sauraitnous abuser sur le caractère positif que, dans le concret, revêt à nos yeux le mal. B. L'origine du mal. — Si nous sommes écartelés entre la tendance au moins-être et la tendance au mieux-être, il faut en chercher la raison dans notre essentielle limitation. L'homme est limité dans le temps et dans l'espace et, dece fait, le voilà déjà obligé de subir des conditions qui s'imposent à lui. La philosophie ne peut que constater cettelimitation : l'homme n'est pas l'absolu, l'homme n'est pas Dieu. Mais s'il doit consentir à ses limites, il a en mêmetemps la faculté de créer, il est doué de liberté et c'est de ce don précieux que découle pour lui la possibilité des'orienter vers le mal ou vers le bien. Tous les maux s'expliquent par ce double caractère de l'homme : il est libre etil est en situation. Mais ce double caractère n'est-il pas lui-même un mal ? Songeons à la corrélativité que nousavons déjà soulignée; nous pouvons alors affirmer : la possibilité du mal n'est pas un mal, puisqu'elle est conditionpour nous de la possibilité du bien.Il faut ajouter que l'homme, du fait qu'il est en situation, se trouve en communication avec d'autres personnes. Il n'apas à viser à une fin uniquement personnelle : il doit tenir compte des autres personnes. Et le mal vient en grandepartie de la méconnaissance de cette société interpersonnelle où nous sommes engagés. Car certains renoncementsconsentis en faveur des autres personnes perdront, du fait de notre consentement, le caractère de mal, l'aspect deprivation agressive : ils seront consentis »

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