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Le sentiment de liberté et sa critique ?

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Ainsi dans Les caves du Vatican, on voit le personnage Lafcadio accomplir un acte « sans raison ni profit », un meurtre immotivé, celui d'Amédée Fleurissoire, rencontré dans un train. Mais, en fait, cet acte a pour but de prouver à Lafcadio sa liberté. Il n'est donc pas gratuit puisqu'il est déterminé par le désir d'accomplir un acte gratuit. En outre, qui peut juger de la gratuité d'un acte sinon celui qui le commet ? Or celui-ci, même s'il a le sentiment intérieur d'agir gratuitement, peut ignorer les véritables déterminations insensibles ou inconscientes de son acte.C'est dans ce sens que Leibniz, dans ses Essais de Théodicée', affirme que la liberté d'indifférence est une pure fiction. Le cas de l'âne de Buridan, dit-il, est une fiction « qui ne saurait avoir lieu dans l'univers, dans l'ordre de la nature ». Il y aura toujours bien des choses « dans l'âne et hors de l'âne, quoiqu'elles ne nous paraissent pas, qui le détermineront à aller d'un côté plutôt que de l'autre ». Il en est de même pour l'homme qui, quoique libre, ce que l'âne n'est pas, ne saurait se trouver dans le « cas d'un parfait équilibre entre deux partis ». Et seul un ange ou Dieu pourrait toujours rendre raison du parti que l'homme a pris, « en assignant une cause ou une raison inclinante qui l'a porté véritablement à le prendre ».

• Ce sentiment de liberté renvoie à une « conception « de la liberté comme « indéterminée « dont on peut mettre en doute non seulement l'existence, mais la valeur.
 • Peut-on cependant « prouver « que cette liberté n'existe pas ?
 • Ne vaut-il pas mieux s'interroger sur sa valeur, et, en ce sens, sur son caractère illusoire (par rapport à une ou des conceptions de la liberté qui seraient appréhendées selon une valorisation supérieure) ?
 

« ». B. Critique du libre arbitre Le point de vue psychologique consiste à montrer que le sentiment de notre liberté existe, qu'il est réel. Il ne s'agitpas de faire ici l'histoire du concept philosophique de liberté. Autre chose avoir le sentiment qu'on est libre ; autrechose posséder une idée vraiment distincte de la liberté. A) Preuve de la liberté, tirée du témoignage de la conscience psychologique. —Montrer que ce "sentiment vifinterne" est présent dans toutes les phases de l'activité volontaire : avant, pendant et après l'acte ; le sujet a lesentiment que l'acte accompli est vraiment sien et ne procède que de lui. Cet acte révèle d'autant plus clairement àl'esprit son initiative personnelle qu'il est accompagné d'un effort plus pénible : la résistance dont il triomphe mesureen quelque sorte sa puissance. Ainsi, conscience d'un pouvoir pendant la délibération, conscience d'un acte émanéde ce pouvoir au moment de la détermination, tel est le témoignage de la conscience. B) Mais cette conscience de liberté n'est-elle pas illusoire ? La croyance à la liberté, disent Spinoza et Bayle, peuts'expliquer sans supposer la conscience d'une liberté réelle. Cette croyance nous vient de l'ignorance où noussommes des causes qui nous font vouloir. Dans l'acte de la volition, par exemple, l'expérience de la liberté peut êtreillusoire, et s'expliquer parfaitement par l'ignorance où nous sommes des causes par lesquelles nous sommesdétermines à agir. C) Examen critique. — Ces objections ne paraissent pas décisives. L'explication proposée par les déterministes estcontredite par les faits. Si la croyance à la liberté vient de l'ignorance des causes déterminantes, plus cetteignorance sera grande, plus la croyance sera forte ; plus nous connaîtrons les causes, moins nous croirons à laliberté. Or c'est le contraire qui arrive. Toute action dont nous ignorons les raisons nous semble l'effet d'une forceétrangère, et nous en déclinons la responsabilité. En revanche, nous nous sentons d'autant plus sûrement l'auteurd'un acte que nous pouvons mieux nous rendre compte des motifs qui nous ont déterminés à l'accomplir. «Se sentir libre» n'est pas «être libre» Le rationalisme cartésien nous montre déjà qu'une volonté infiniment libre, mais privée de raison, est une volontéperdue. Plus nous connaissons, plus notre liberté est grandie et fortifiée. Si nous développons notre connaissanceau point de saisir dans toute sa clarté l'enchaînement rationnel des causes et des effets, nous saisirons d'autantmieux la nécessité qui fait que telle chose arrive et telle autre n'arrive pas, que tel phénomène se produit, alors quetel autre ne viendra jamais à l'existence. Pour Spinoza, une chose est libre quand elle existe par la seule nécessitéde sa propre nature, et une chose est contrainte quand elle est déterminée par une autre à exister et à agir. Ausens absolu, seul Dieu est infiniment libre, puisqu'il a une connaissance absolue de la réalité, et qu'il la fait être etexister suivant sa propre nécessité. Pour Spinoza et à la différence de Descartes, la liberté n'est pas dans un libredécret, mais dans une libre nécessité, celle qui nous fait agir en fonction de notre propre nature. L'homme n'est pasun empire de liberté dans un empire de nécessité. Il fait partie du monde, il dispose d'un corps, d'appétits et depassions par lesquelles la puissance de la Nature s'exerce et s'exprime en nous, tant pour sa propre conservationque pour la nôtre. Bien souvent nous croyons être libres, alors que nous ne faisons qu'être mus, par l'existence decauses extérieures :la faim, la pulsion sexuelle, des goûts ou des passions qui proviennent de notre éducation, de notre passé, de notreculture. Nul homme n'étant coupé du milieu dans lequel il vit et se trouve plongé, nous sommes nécessairementdéterminés à agir en fonction de causes extérieures à notre propre nature. "Telle est cette liberté humaine que tousles hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs, etignorants des causes qui les déterminent." « La principale perfection de l'homme est d'avoir un libre arbitre, et [...] c'est ce qui le rend digne de louange oude blâme. » Descartes, Principes de la philosophie, 1644. « Si à un instant la roue du monde s'arrêtait et qu'il y eût là une intelligence calculatrice omnisciente pour mettreà profit cette pause, elle pourrait continuer à calculer l'avenir de chaque être jusqu'aux temps les plus éloignés etmarquer chaque trace où cette roue passera désormais. » Nietzsche, Humain, trop humain, 1878. « Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommessont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent. » Spinoza, Lettre à Schuller, 1674. Pour Spinoza, l'illusion du libre arbitre vient du fait que les hommes sont tout à fait conscients de leurs actions, mais »

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