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Le travail peut-il nous rendre heureux ?

Publié le 24/02/2004

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Se partager les tâches est une entraide comme cela se pratique le plus couramment du monde dans les familles. Mais dans les familles, on distribue avec justice les biens selon les besoins, non selon une hiérarchie arbitraire des savoirs. Rendre joyeuse la vie est un service; rendre la vie intense, ardente, belle par la réflexion et les illustrations humaines de la perfection constitue également un service, un don à autrui pour sa sauvegarde et son salut. Tel est le lien entre travail et art.   [Le travail n'échappe jamais aux impératifs de la nécessité. Il relève du domaine de la contrainte et de la peine. Si cette contrainte n'est pas dictée par la nature, elle est dictée par des impératifs sociaux.] La condamnation au travail Dans la Bible le travail est considéré, après le péché originel, comme une pénitence. Au paradis terrestre, l'homme et la femme « gardai[en]t et cultivai[en]t le jardin » sans aucune peine, mais avec joie et délectation. Ne pas travailler, dans les sociétés juive et chrétienne, a longtemps été regardé comme une grâce divine; mendier pour étudier comme les moines, s'exposer à la mort comme les guerriers, étaient les activités nobles et libres.

Ce sujet apparaît comme allant contre l'opinion commune. En effet, étymologiquement, le travail a le sens d'une peine, d'une souffrance et notre expérience quotidienne ne fait que confirmer cette signification. N'entendons-nous pas quotidiemment les gens se lamenter de leur travail ? Il faut ici faire porter l'analyse sur la fin (son but) du travail (pour quoi travaillons-nous ?), si le travail peut rendre heureux, ce n'est pas en lui-même mais par ce qu'il apporte ou ce qu'il permet de d'accomplir. Songez aux loisirs, à la possibilité de consommer. Montrez d'abord qu'il permet d'abord la satisfaction des besoins, il est donc ce par quoi l'homme transforme la nature, ce par quoi l'homme se distingue de l'animal, ce par quoi l'homme s'affirme et s'accomplit. Cet accomplissement ne peut-il pas être source de bonheur?

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« L'homme est le seul animal qui doit travailler.

Il lui fautd'abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de cequi est supposé par sa conservation.

La question de savoir sile Ciel n'aurait pas pris soin de nous avec plus debienveillance, en nous offrant toutes les choses déjàpréparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés detravailler, doit assurément recevoir une réponse négative :l'homme en effet a besoin d'occupations et même de cellesqui impliquent une certaine contrainte.

Il est tout aussi fauxde s'imaginer que si Adam et Ève étaient demeurés auparadis, ils n'auraient rien fait d'autre que d'être assisensemble, chanter des chants pastoraux, et contempler labeauté de la nature.

L'ennui les eût torturés tout aussi bienque d'autres hommes dans une situation semblable.L'homme doit être occupé de telle manière qu'il soit remplipar le but qu'il a devant les yeux, si bien qu'il ne se sente pluslui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit letravail.

KANT Pour Emmanuel Kant le travail n'est pas seulement un devoir moral,une obligation pénible.

Kant insiste au contraire sur la dimension positive de cette contrainte.

Elle est un bienfait pour l'Homme : pour l'espèce humaine comme pourchaque individu. Kant affirme la positivité du travail pour trois raisons : 1.

Dans la perspective d'une philosophie de l'histoire, l'impossibilité de vivre sans travailler apparaît commele moyen par lequel la Providence assure le développement des facultés humaines.

Sans cette nécessitévitale, jamais l'espèce humaine n'aurait été contrainte au progrès.

(« Il lui faut beaucoup de préparation...») 2.

Dans une perspective métaphysique, le travail apparaît comme le moyen pour l'homme d'échapper àl'ennui.

L'ennui tient à l'absence de sens, le travail est ce qui permet à l'homme de donner un sens à savie.

Les distractions font passer le temps, le travail, lui, donne un sens au temps humain.

(« L'ennui leseût torturés.

») 3.

Dans une perspective anthropologique, le travail est le moyen de mieux jouir de la vie.

Si le plaisir estabsence de douleur, on ne jouit vraiment du repos qu'après un effort ! (« Que le meilleur repos soit pourlui celui qui suit le travail.

»). Freud considère qu'il est possible, grâce à lui, de sublimer les pulsionssexuelles.

Ainsi, l'artisan qui donne naissance à un objet satisfait autantson esprit que ses sens.

Il féconde la matière et il accouche d'uneoeuvre sortie de ses mains. "Nous croyons qu'il est au pouvoir du travail scientifique de nousapprendre quelque chose sur la réalité de l'univers et que nousaugmentons par là notre puissance et pouvons mieux organisernotre vie." Freud, L'Avenir d'une illusion, 1927. Le travail intellectuel est un facteur de progrès pour l'espèce humaine.

Ilpermet à l'homme de développer ses sens, son intelligence, d'acquérirdes savoirs.

Sans la connaissance théorique des lois de la gravitation,aucune navette spatiale n'aurait pu décoller.

En ce sens, le travailscientifique nous donne sur la nature un pouvoir mais aussi uneresponsabilité, car il oriente le développement des sociétés.

On voit trèsclairement aujourd'hui que les déséquilibres économiques entre le Nord etle Sud de la planète reposent en partie sur les possibilités, pour certainspays et non pour d'autres, de développer les connaissancesfondamentales en physique, en biologie, en mathématiques. Pour être heureux, il faut se libérer de la nécessité• « Celui qui ne travaille pas ne mangera pas », a écrit saint Paul.

L'homme est un être vivant qui, comme toutêtre vivant, doit satisfaire un certain nombre de besoins.

Or, la satisfaction des besoins n'est pas immédiate :une activité, donc une dépense, est requise non seulement pour boire et manger, mais aussi pour se procurer. »

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