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Le travail rend-il heureux ?

Publié le 08/11/2005

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Or, cette tradition n'est pas seulement une ménagère qui se contente de garder fidèlement ce qu'elle a reçu et le transmet sans changement aux successeurs; elle n'est pas une immobile statue de pierre, mais elle est vivante et grossit comme un fleuve puissant qui s'amplifie à mesure qu'il s'éloigne de sa source. HEGEL   Introduction Lorsque nous contemplons la civilisation et la culture dans lesquelles nous vivons, et que nous disons que c'est notre époque, il ne faut pas oublier tout ce que ce temps présent doit aux générations passées : c'est ce que rappelle Hegel dans ce texte, en montrant ce qu'est la « tradition » et comment elle vit encore au présent. Après avoir rappelé que le présent est avant tout l'héritage du passé, Hegel illustre son propos par deux exemples (les « arts de la vie extérieure » et les sciences, particulièrement la philosophie) avant de montrer que cet héritage, loin d'être inerte, fait partie de la dynamique du temps humain qui va de l'avant « comme un fleuve puissant ». Nous pourrons, en terminant, discuter cette image du fleuve et ses implications. Étude ordonnée et intérêt philosophique Nous avons souvent tendance à nous attribuer le mérite des réalisations de « l'époque contemporaine » et à nous vanter des progrès réalisés par rapport aux générations précédentes; en quoi, nous dit Hegel, nous avons la mémoire courte, car tout ce qui constitue notre présent « ne s'est pas produit de façon immédiate ». Ce « trésor de raison consciente d'elle-même », c'est-à-dire tout ce que les hommes ont pensé, voulu et réalisé, constitue « essentiellement un héritage », celui de « toutes les générations antérieures du genre humain ». Deux points doivent ici retenir notre attention. Tout d'abord, la notion d'héritage, de patrimoine replace la civilisation dans sa dimension temporelle, historique : nous ne pouvons comprendre le monde qui nous entoure et sa valeur si nous ne prenons pas conscience du temps qui a été nécessaire pour le constituer génération après génération. Le « sol du temps présent » est une couche bien fine au regard de toutes les strates plus anciennes qui forment le véritable terreau nourricier. Ensuite, Hegel souligne que nous bénéficions aujourd'hui du fruit d'un travail.

Le travail peut réaliser le bonheur de l'homme. Grâve à l'activité laborieuse, il peut humaniser sa vie et se reconnaître dans ses créations. De plus, par le travail, l'homme s'affranchit de son animalité et de sa dépendance eu égard à la nature. TOUTEFOIS, le travail est souvent forcé et contraint, dicté par des impératifs sociaux et économiques. L'homme serait bien plus heureux s'il pouvait se passer de travailler pour se consacrer à ses loisirs.

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« L'homme est le seul animal qui doit travailler.

Il lui fautd'abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de cequi est supposé par sa conservation.

La question de savoir sile Ciel n'aurait pas pris soin de nous avec plus debienveillance, en nous offrant toutes les choses déjàpréparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés detravailler, doit assurément recevoir une réponse négative :l'homme en effet a besoin d'occupations et même de cellesqui impliquent une certaine contrainte.

Il est tout aussi fauxde s'imaginer que si Adam et Ève étaient demeurés auparadis, ils n'auraient rien fait d'autre que d'être assisensemble, chanter des chants pastoraux, et contempler labeauté de la nature.

L'ennui les eût torturés tout aussi bienque d'autres hommes dans une situation semblable.L'homme doit être occupé de telle manière qu'il soit remplipar le but qu'il a devant les yeux, si bien qu'il ne se sente pluslui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit letravail.

KANT Pour Emmanuel Kant le travail n'est pas seulement un devoir moral,une obligation pénible.

Kant insiste au contraire sur la dimension positive de cette contrainte.

Elle est un bienfait pour l'Homme : pour l'espèce humaine comme pourchaque individu. Kant affirme la positivité du travail pour trois raisons : 1.

Dans la perspective d'une philosophie de l'histoire, l'impossibilité de vivre sans travailler apparaît commele moyen par lequel la Providence assure le développement des facultés humaines.

Sans cette nécessitévitale, jamais l'espèce humaine n'aurait été contrainte au progrès.

(« Il lui faut beaucoup de préparation...») 2.

Dans une perspective métaphysique, le travail apparaît comme le moyen pour l'homme d'échapper àl'ennui.

L'ennui tient à l'absence de sens, le travail est ce qui permet à l'homme de donner un sens à savie.

Les distractions font passer le temps, le travail, lui, donne un sens au temps humain.

(« L'ennui leseût torturés.

») 3.

Dans une perspective anthropologique, le travail est le moyen de mieux jouir de la vie.

Si le plaisir estabsence de douleur, on ne jouit vraiment du repos qu'après un effort ! (« Que le meilleur repos soit pourlui celui qui suit le travail.

»). Freud considère qu'il est possible, grâce à lui, de sublimer les pulsions sexuelles.

Ainsi, l'artisan qui donnenaissance à un objet satisfait autant son esprit que ses sens.

Il féconde la matière et il accouche d'une oeuvresortie de ses mains. "Nous croyons qu'il est au pouvoir du travail scientifique de nous apprendre quelque chose sur laréalité de l'univers et que nous augmentons par là notre puissance et pouvons mieux organiser notrevie." Freud, L'Avenir d'une illusion, 1927. Le travail intellectuel est un facteur de progrès pour l'espèce humaine.

Il permet à l'homme de développer sessens, son intelligence, d'acquérir des savoirs.

Sans la connaissance théorique des lois de la gravitation, aucunenavette spatiale n'aurait pu décoller.

En ce sens, le travail scientifique nous donne sur la nature un pouvoirmais aussi une responsabilité, car il oriente le développement des sociétés.

On voit très clairement aujourd'huique les déséquilibres économiques entre le Nord et le Sud de la planète reposent en partie sur les possibilités,pour certains pays et non pour d'autres, de développer les connaissances fondamentales en physique, enbiologie, en mathématiques. Pour être heureux, il faut se libérer de la nécessité• « Celui qui ne travaille pas ne mangera pas », a écrit saint Paul.

L'homme est un être vivant qui, comme toutêtre vivant, doit satisfaire un certain nombre de besoins.

Or, la satisfaction des besoins n'est pas immédiate :une activité, donc une dépense, est requise non seulement pour boire et manger, mais aussi pour se procurerles biens nécessaires.

J.

Locke justifiait la propriété par le travail : dans l'état de nature, le simple geste decueillir un fruit confère un droit à celui qui l'accomplit car ce geste est un travail. • Les besoins ne constituent pas un domaine établi une fois pour toutes, ils changent avec l'histoire et lasociété.

D'une manière générale, le développement économique élargit le domaine des besoins si bien que la. »

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