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Les hommes peuvent-ils avoir des droits sans avoir des devoirs ?

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III - LES GRANDES LIGNES DE REFLEXIONA - L'exigence de droits subjectifs se fonde dans l'association du concept de personne (ou de sujet de droit) avec le concept de liberté.Si je suis capable de droit, c'est d'abord parce que je suis capable de liberté. Au premier abord, c'est donc dans l'opposition à toute contrainte, à toute obligation et donc à tout devoir, que se définit le contenu du droit.B - Cependant, même dans cette conception individualiste et subjectiviste du droit, les limites d'une évacuation radicale du devoir apparaissent rapidement à l'analyse. Les droits-libertés s'opposent et s'annulent s'ils ne s'organisent pas en un système unique et objectif d'obligations et de devoirs réciproques.IV - UNE DEMARCHE POSSIBLEA - "Avoir des droits", "revendiquer des droits" : de telles formules ne se comprennent qu'en référence à une conception moderne du droit, plus précisément à la conception issue des doctrines dites du "droit naturel moderne", qui inspirent la réflexion sur les fondements du droit depuis les XVIIe et XVIIIe siècles.Selon les théoriciens du droit naturel moderne (GROTIUS, PUFENDORF, HOBBES ou encore LOCKE), le fondement du droit ne peut plus être recherché dans une norme transcendante (l'idée du bien, Dieu ou la nature), mais doit trouver sa source dans la volonté de l'individu.C'est pourquoi l'hypothèse théorique fondatrice du droit naturel moderne est la liberté naturelle, ou liberté de l'individu dans l'état de nature, antérieur à tout ordre collectif et à toute obligation extérieure.Cette fiction théorique permettant d'identifier et d'affirmer des droits naturels de l'individu, les représentations du droit qui endécoulent tendent à prolonger et à garantir les libertés individuelles.C'est du moins la forme que prend la théorie du droit et de l'Etat chez LOCKE, qui apparaît comme le plus conséquent de ces théoriciens, et chez lequel se met en place le modèle de ce que l'on appelle aujourd'hui les "droits de l'homme".

« C'est pourquoi l'hypothèse théorique fondatrice du droit naturel moderne est la liberté naturelle, ou liberté del'individu dans l'état de nature, antérieur à tout ordre collectif et à toute obligation extérieure. Cette fiction théorique permettant d'identifier et d'affirmer des droits naturels de l'individu, les représentations dudroit qui endécoulent tendent à prolonger et à garantir les libertés individuelles. C'est du moins la forme que prend la théorie du droit et de l'Etat chez LOCKE, qui apparaît comme le plusconséquent de ces théoriciens, et chez lequel se met en place le modèle de ce que l'on appelle aujourd'hui les"droits de l'homme". B - Cependant il serait illusoire d'identifier purement et simplement droit et liberté, et d'opposer unilatéralement unelogique du droit à une logique du devoir. HOBBES est sans doute l'auteur qui montre le plus radicalement la nécessitéde convertir la liberté en obligation. On peut certes considérer ce mouvement de renversement comme excessif et sophistique : LOCKE et ROUSSEAUmontrent que l'on ne peut, sous prétexte de fonder la soumission à l'Etat, renoncer à la liberté. L'homme estessentiellement libre ; c'est-à-dire que ce qui ne peut être supprimé en lui, ce que le droit doit conserver etpréserver prioritairement, c'est la liberté. Cependant LOCKE comme ROUSSEAU doivent faire justice à l'argumentation centrale de HOBBES : les libertésindividuelles laissées à leur état naturel et affranchies de toute contrainte extérieure se contredisent et s'annulentréciproquement. Le droit absolu et illimité de réaliser tous ses désirs trouve pour limite radicale le désir d'autrui. Un état de pureliberté naturelle ne serait autre qu'un état de guerre de tous contre tous. Aussi le souci de la liberté, le souci de garantir les droits de l'individu, a-t-il pour conséquence nécessairel'instauration d'un système de droit objectif, qui protège les individus les uns des autres. Que l'on se place d'un point de vue moral ou d'un point de vue juridique, il apparaît que la liberté qui donne à lapersonne sa dignité de "sujet de droit", comporte et suppose la reconnaissance de la liberté et du droit d'autrui.Cette reconnaissance donne tout son sens à la notion de devoir. V - DES REFERENCES POSSIBLES - Thomas HOBBES : Le Citoyen, Livre I - John LOCKE : Second traité du gouvernement civil - J.J. ROUSSEAU : Du contrat social, Livre I VI - LES FAUSSES PISTES Il fallait éviter de développer une conception simpliste et naïve du devoir, qui n'en ferait qu'une contrainte arbitraireet oppressive. VII - LE POINT DE VUE DU CORRECTEUR C'est un beau sujet, bien formulé et dont la problématique est très riche et très actuelle. Il pouvait receler undanger dans la mesure où, pour une fois, il appelle presque évidemment une réponse obligée : la réévaluation de lanotion de devoir. »

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