Devoir de Philosophie

Les sciences et les techniques contribuent-elles au progrès ?

Publié le 27/02/2008

Extrait du document

Il faut donc accepter de dire que chaque société procède à des choix et que chaque société marche selon les finalités qui sont les siennes, qu'il n'y a donc pas à examiner ces différents parcours comme étant « bons » ou « mauvais », « méritoires » ou « insuffisants ». Il n'y a donc pas à avoir de foi aveugle dans la « science ». La science ne suffit pas à cultiver l'esprit du moins si l'on s'écarte de cette foi positiviste du XIXème siècle, cette conviction qu'elle était seule facteur de progrès : l'emploi du mot science au singulier en est une résurgence, il faudrait évidemment mettre le mot au pluriel puisque c'est la diversité qui est majeure et non l'illusoire unité. Si le développement technique suppose une maîtrise indéniable de la nature, et s'il est l'expression d'une extrême complexité de l'intelligence humaine, il faut distinguer son existence de son application : « Plus le niveau de la technique est élevé, plus les avantages que peuvent apporter des progrès nouveaux diminuent par rapport aux inconvénients. » Simone Weil, Oppression et Liberté, 1955.   Troisième partie : Sciences et aliénation Le danger pour l'intelligence n'est donc pas celui de la conception, qui témoigne au contraire d'un haut degré de sophistication et de précision, mais celui de la mise en oeuvre sociale : « Plus les techniques progressent, plus la réflexion est en recul. » Gabriel Marcel, Les Hommes contre l'humain, 1951. On construit donc une société centrée sur l'objet et non sur la personne. Heidegger va plus loin dans la critique, considérant qu'il ne s'agit pas de deux stades séparés et dissociés, mais que le processus technique lui-même est déjà marqué par l'absence de toute objectivité : « Quand nous considérons la technique comme quelque chose - de neutre, c'est alors que nous lui sommes livrés de la pire façon : car cette conception [...] nous rend complètement aveugles en face de l'essence de la technique.

La question semble s’en référer à une opinion commune : les hommes, par le développement des techniques et la maîtrise du monde par le savoir, ont franchi des étapes considérables, passant d’une vie primitive à une vie développée. Cependant, cette évidence n’en est pas nécessairement une, et les travaux des ethnologues obligent à regarder avec plus de circonspection cette évolution.

Liens utiles