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L'histoire est-elle le simple récit des faits tels qu'ils se sont passés ?

Publié le 11/04/2005

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(Par exemple: telle famine explique tel soulèvement populaire...). L'historien, tout en se gardant bien de projeter son propre vécu sur la période du passé qu'il étudie, doit néanmoins interpréter les actions humaines afin de mieux les comprendre. La synthèse historique.   A la critique des documents, succède la synthèse historique, destinée à donner un tableau d'ensemble d'une époque ou d'un ordre de faits. Ici se posent bien des problèmes.

1.      Les documents peuvent présenter des lacunes ou des insuffisances. Or le silence des documents ne permet pas de conclure à l'inexistence des faits : ceux de l'antiquité sont à peu près muets sur l'esclavage ; ceux du XVII ième, sur la misère des paysans sous Louis XIV.  D'une façon générale, oeuvre des classes privilégiées, les documents sont « enclins à exagérer l'importance des grands personnages, tandis que la vie de la population est laissée dans l'ombre.

L'histoire doit-elle se borner à nous raconter le plus précisément possible les faits du passé ? L'historien n'est-il qu'un journaliste qui se contenterait de décrire des événements historiques comme des faits-divers ?

Une telle vision de l'histoire, si simple et naturelle qu'elle puisse paraître, est-elle cependant possible et légitime ? Quelle histoire expose l'historien qui veut faire fi de toute théorie et de toute philosophie de l'histoire pour « réciter les faits tels qu'ils se sont passés « ?

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« La synthèse historique. A la critique des documents, succède la synthèse historique, destinée à donner un tableau d'ensemble d'uneépoque ou d'un ordre de faits.

Ici se posent bien des problèmes. 1.

Les documents peuvent présenter des lacunes ou des insuffisances.

Or le silence des documents ne permet pas de conclure à l'inexistence des faits : ceux de l'antiquité sont à peu près muets sur l'esclavage ; ceux du XVII ième, sur la misère des paysans sousLouis XIV.

D'une façon générale, œuvre des classes privilégiées, les documents sont « enclins à exagérer l'importance des grands personnages, tandis que la vie de la population est laissée dans l'ombre. » (Seignobos ).

Il faudra donc d'abord combler ces lacunes. 2.

Il faut aussi faire un choix entre les faits.

Une histoire où aucun fait ne serait sacrifié, contiendrait tous les actes de tous les hommes àtous les moments du temps.

C'est évidemment impossible, et serait sans intérêt.

Le principe du choix est laissé à l'appréciation del'historien.

Sans doute, « les faits ont par eux-mêmes une importance variable, qu'on peut déterminer et qui se reconnaît à l'étendue de leurs conséquences » (Halphen ).

Mais il n'est pas très aisé de déterminer les « conséquences ». 3.

Il faut encore regrouper les faits.

Il va de soi qu'en principe, l'historien suivra l'ordre chronologique.

Mais celui-ci ne suffit pas :l'historien est bien obligé de grouper les faits en de certains ensembles correspondant à l'histoire de tel pays, à l'histoire économie,politique, religieuse, artistique...

Il y a là un découpage qui est, lui aussi, quelque peu conventionnel et même artificiel. 4.

Enfin l'Histoire ne se contente pas d'un simple récit : « Son but ultime est de nous fournir une explication, c'est-à-dire de démonter sous nos yeux le mécanisme des causes et des effets d'où à chaque moment est sorti un état nouveau de la société humaine » (Halphen ).

Mais ici se pose, on le verra un grave problème. La causalité en histoire. L'histoire prétend expliquer les faits et, par suite, en déterminer les causes.

L'établissement de relations decausalité est d'ailleurs nécessaire au groupement des faits, qui ne peut être purement chronologique : « En fait, les historiens usent souvent de la notion de cause, indispensable pour formuler les événements etconstruire les périodes » (Langlois & Seignobos ).

Or que l'idée de cause ne peut avoir de sens que si elle implique une relation constante.

Comme l'a dit Simiand , « il n'y a de rapport causal que s'il y a régularité de liaison, renouvellement identique de la liaison constatée ; le cas unique n'a pas de cause, n'est passcientifiquement explicable. » Mais l'histoire est précisément la science des cas uniques.

Certains historiens ont cru résoudre la difficulté en alléguant qu'il ne s'agit pas ici, comme dans les sciences, de déterminer descauses générales, encore moins des lois : il s'agit d'expliquer des événements, des faits particuliers.

Mais ladifficulté demeure : ainsi que le notait le sociologue Bouglé (1870-1940), « toute explication suppose la croyance à des rapports constants, escompte des propriétés plus ou moins permanentes, utilise desgénéralités », de sorte qu' « on n'explique pas un fait particulier par un autre fait particulier ».

Les historiens eux-mêmes, quand ils veulent expliquer un fait historique, font appel à des relations générales, à des sortesde lois qui restent sous-entendues. Ouvrons un manuel d'histoire : parmi les causes de la Révolution française, il nous donne « l'état d'esprit », ce qui implique que les causes idéologiques exercent une action réelle sur l'évolution historique : autrement dit,une hypothèse directrice, qui dépasse de beaucoup les faits, sur les causes de l'évolution sociale.

Maisl'histoire est-elle capable, par des procédés proprement historiques, d'en administrer la preuve ? Certes, uneméthode comparative pourrait nous tirer de difficulté.

Mais elle nous ferait sortir du point de vue proprementhistorique : car comparer, c'est faire abstraction des différences particulières, c'est généraliser. L'histoire repose sur des données objectives: vestiges architecturaux, témoignages écrits, archivesadministratives, etc.

Mais elle n'est jamais indépendante de son seul et unique moteur: l'agir humain.

Cet agirse rapporte à des notions psychologiques extrêmement complexes.

Pour que l'histoire soit vraiment uneconnaissance du passé, elle ne peut pas se contenter de relater le plus fidèlement possible les événements.Elle doit en saisir les causes profondes.

C'est en quoi elle se distingue radicalement de l'histoire naturelle, qui,comme le dit Kant, remonte «l'enchaînement entre certaines dispositions actuelles des objets de la nature etleurs causes dans le passé, selon des lois de causalité que nous n'inventons pas, mais que nous déduisons desforces de la nature» Sur l'Emploi des principes téléologiques dans la philosophie. >>> Second corrigé: http://www.devoir2philo.com/dissertations/102125.htm. »

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