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L'histoire est-elle une science ?

Publié le 01/01/2004

Extrait du document

histoire

* Le choix des événements :Une masse immense de matériaux est ainsi à la disposition de l'historien. Il lui faut choisir et construire des événements historiques privilégiés rassemblant des éléments épars ayant un lien rationnel, mais relativement arbitraire, entre eux.Par exemple, dans une guerre, l'historien isole une bataille particulière et utilise les documents issus des différents commandements des armées en présence, de manière à en décrire le déroulement. Il y a bien un lien rationnel entre les mouvements des troupes et les résultats de la bataille, mais ce lien se crée de manière relative et arbitraire, après celle-ci.

* Le contrôle des événements par la critique des témoignages :Bien entendu, les témoignages permettant de construire les faits historiques doivent être soumis à une critique permettant de distinguer le vrai du faux. L'historien, par exemple, est en quête d'interpolations, c'est-à-dire d'introduction, dans les textes, de phrases n'appartenant pas à l'original. Les faux et les interpolations pullulent et il est nécessaire d'opérer une critique sévère des témoignages ou documents par des recoupements concordants et vraisemblables. Des règles de recherche très strictes existent donc.

- L'organisation des faitsAdossé à des faits apportant une connaissance valide et vraie, l'historien cherche un enchaînement logique.

  •  Sens des termes.

- L'histoire: étude s'efforçant de connaître le passé de l'homme; ensemble des états par lesquels passe une réalité, suite d'événements. — Science : système de connaissances discursives établissant des relations nécessaires entre les phénomènes envisagés et des lois.

  • Sens du sujet
L'étude s'efforçant de connaître le passé de l'homme constitue-t-elle une connaissance rationnelle établissant des rapports nécessaires entre les phénomènes envisagés ? L'histoire autorise-t-elle la prévision ? Il faut en venir à l'idée que l'histoire, sans être une science analogue aux sciences positives (physiques, etc.) correspond, néanmoins, à des connaissances rigoureuses et vérifiées. La question se prête bien à un développement dialectique.

histoire

« est nécessaire d'opérer une critique sévère des témoignages ou documents par des recoupements concordants etvraisemblables.

Des règles de recherche très strictes existent donc. — L'organisation des faitsAdossé à des faits apportant une connaissance valide et vraie, l'historien cherche un enchaînement logique.

Il vas'efforcer de construire une synthèse historique, en établissant des liens entre les événements : il donne à la sériedes faits historiques une forme d'intelligibilité.Ce travail se heurte non seulement à la difficulté de disposer de faits historiques vrais, mais aussi aux lacunes quisubsistent dans la suite des événements.

Très souvent, le document de référence ne décrit qu'une fraction de cequi s'est passé.Malgré cette situation difficile, l'historien peut, prudemment, créer une première articulation rationnelle des faits.Il semble, par conséquent, qu'on puisse, à ce premier niveau d'analyse, répondre déjà affirmativement à la questionposée.

Oui, il est possible et légitime d'unifier l'histoire et de la rendre intelligible.

Mais cette unification est encoreplus évidente à un échelon et à un degré supérieurs. — Les philosophies de l'histoire : l'histoire a un sensLes philosophies de l'histoire, ces synthèses ultimes permettant de comprendre les moments historiques particuliers,apportent le concept de sens de l'histoire : l'histoire des hommes connaîtrait un but et une fin.

Parler du sens del'histoire, c'est évoquer son ordre rationnel, mais aussi son terme.

Cette conception de l'histoire globale est celle deHegel, ainsi que que celle de Marx et d'Engels.

Ainsi Hegel a-t-il intégré les diverses histoires particulières dans lemouvement de l'Esprit, mouvement se faisant de plus en plus clair et transparent.

L'histoire se confond avecl'Odyssée de l'Idée, avec le devenir spirituel.

Quant à Marx, il a tenté, lui aussi, de donner un sens global àl'évolution historique.

La lutte de classes est, à ses yeux, le noyau de l'histoire unitaire, elle est le moteur ultime dudevenir. — La tentative pour prévoir RAPPEL: Le communisme chez MarxDes quelques rares pages laissées par Marx, il apparaît que le communisme désigne le régime social et économiquede la fin de l'Histoire lorsque la propriété privée des moyens de production et donc la lutte des classes qui en est lecorollaire auront disparu.

Sur le plan social, le communisme se définit comme un socialisme radical.

Alors que ladevise du socialisme est "A chacun selon son travail", celle du communisme est "A chacun selon ses besoins". Dans cette perspective, il est possible de prévoir l'évolution historique.

C'est bien, par exemple, ce qu'a fait Marx :le communisme, disait Marx, résout le mystère de l'histoire et il sait qu'il le résout.

Ce savoir et cette prévisionhistorique annonçaient la venue d'un temps où l'homme maîtrise, enfin, son destin.

Loin d'être opaque, l'histoireserait ainsi le lieu de la transparence et de la prévision.Peut-on unifier l'histoire, demandions-nous.

De proche en proche, de construction en construction, l'histoireapparaît, désormais, totalement réunifiée et synthétisée. « Au sens strict des termes, l'histoire ne répond pas à la définition de la science; elle ne consiste pas endémonstrations abstraites comme les mathématiques ; elle n'est pas vérifiable par l'expérimentation comme lessciences de la nature; enfin, elle n'aboutit pas à des lois qui permettent la prévision.

» Léon E.

Halkin, Éléments de critique historique, 1974. « La frontière qui sépare l'histoire et la science n'est pas celle du contingent et du nécessaire, mais celle du toutet du nécessaire.

» Paul Veyne, «L'histoire conceptualisante», in Faire de l'histoire, 1974. « J'entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe: il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de pointsde vue, de possibilités...

» Braudel, Écrits sur l'histoire, 1969.. »

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