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L'homme est-il condamné à être libre ?

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En résumé, c'est pouvoir choisir, comme bon me semble, entre plusieurs possibilités qui s'offrent à moi, à tel ou tel moment de ma vie.

- Or, le terme « condamner « renvoie à la situation d'un prisonnier, d'un homme reconnu coupable auquel on oblige d'effectuer une certaine peine. La condamnation semble venir d'une tierce personne, reconnue apte à juger. Or, si la liberté est une sanction à laquelle on ne peut pas échapper, il semble alors que l'on ne peut pas choisir d'être libre ou de ne pas l'être. La liberté serait à sa base une obligation et ne serait plus alors une liberté sans contrainte, en tant que possibilité que j'ai de choisir. La liberté me serait imposée mais alors elle ne serait pas première dans l'existence de l'homme.

- Enfin, il n'est pas sûr que la liberté est une donnée première pour l'homme. Le sujet, ici, sous-entend que l'homme ne peut pas ne pas être libre et que la liberté est une donnée première, fondamentale de l'individu. Or, cette prétendue présence de la liberté n'est-elle pas une illusion, une ignorance. Spinoza déjà s'élever contre cette idée.

L'homme ne peut pas faire autrement que d'être libre, puisqu'il est conscient de lui-même et , par conséquent, conscient que rien ne le détermine à agir, sinon sa liberté. C'est cette liberté qui le rend responsable de son existence.

MAIS...

La mauvaise foi pousse l'homme à refuser sa liberté et les responsabilités qu'elle implique. Pourtant, même en refusant de s'engager, l'homme fait toujours un choix.

« - C'est bien ce que voulait dire Sartre en disant que l'homme est condamné à être libre. Cela pour lui ne voulait pas dire que quelqu'un oblige l'homme à être libre, mais justement que personnen'a créé l'homme et son plan d'action n'est pas prédéterminé par unquelconque instinct ou une quelconque nature. Pour le philosophe, l'existenceprécède l'essence chez l'homme, c'est-à-dire que l'homme n'est que ce qu'ilfait. Aucun Dieu n'a pas fixé sa nature et par ce fait, il n'y a pas de valeursou d'ordre à suivre. C'est à l'homme de se choisir. « C'est ce que j'exprimeraien disant que l'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il nes'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jetédans le monde il est responsable de tout ce qu'il fait. » ( L'être et le néant ) D'ailleurs même en disant que l'homme peut renoncer à sa liberté, remettre savie entre les mains de quelqu'un autre, on admet que l'homme a en premierlieu, le choix de conserver sa liberté ou de la refuser. Cette possibilité derenoncer à sa liberté est énoncée par plusieurs philosophes tel Rousseau :« « renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité de l'homme »( Du contrat social)Dès lors, l'homme n'est pas condamné à être, il est libre ; il est la libertémême.- De même, Sartre n'accepte pas l'influence que certains penseurs telsSpinoza ou Freud donne aux déterminations inconscientes. Il est en effet tropfacile d'admettre que l'on peut agir inconsciemment. Pour réduire l'idée dedéterminisme, il affirme ainsi : « l'important n'est pas ce que les autres nousont fait mais ce que nous avons de ce que les autres nous ont fait. » Sa thèse de la liberté radicale de l'homme donne ainsi la responsabilité même de transformer notre déterminisme.Ce que veut dire Sartre n'est pas que les choses, les conditions de vie et le milieu n'influencent pas les hommes,mais que l'homme a toujours la possibilité de s'en dégager et qu'il est responsable de tout ce qu'il fait. L'homme peutchoisir de ne pas se laisser déterminer. Si l'homme est premièrement libre, il lui faut cependant toujours actualiser sa liberté Comme nous l'avons dit, si l'homme peut se libérer, œuvrer pour la libération, c'est qu'il a toujours eu la possibilitéd'être libre et qu'en quelque sorte, cette liberté préexistait. En effet, un animal aussi subit des déterminismes, mais ilest dirigé par ses instincts et n'aura jamais la possibilité de se libérer de ce déterminisme. Il existe donc une libertépremière et inaliénable. Cependant, il serait illusoire de croire que, dans ce que je veux, je ne suis jamais influencé.Comme nous l'avons dit, chacun est responsable de ce qu'il est et il doit choisir de se défaire de ses influences pourêtre la cause, le moteur de ses actions. La liberté n'est pas liberté de faire ce que l'on veut, mais travail incessantpour se libérer de ce qui nous entrave, de ce qui nous détermine. La liberté est illusoire dès qu'elle est considéréecomme allant de soi. La liberté, donnée fondamentale, doit être un travail incessant pour créer celui que je veuxêtre, sans que quiconque n'interfère.- Ainsi réfléchir sur le déterminisme dont nous sommes l'objet, c'est déjà mettre en œuvre une liberté réelle. PourLagneau( philosophe du XIXème siècle) la liberté constitutive de l'esprit transparaît dans son travail même à dégagerle déterminisme. Le poser, c'est de mettre à distance. « Pour que la nécessité soit reconnue, il faut que nousconsidérions que nous distincts de cette nécessité, c'est-à-dire que nous sommes libres. » La question de la libertéatteste d'une liberté de question. Le doute de la liberté manifeste la liberté irréductible de l'esprit qui est capable deréfléchir son adhésion. Ce que dit Hegel : « la liberté […] est la négation du donné ».- Pour actualiser sans cesse sa liberté originelle, l'homme doit effectuer un travail incessant sur lui, revenir sur sesactions. S'il faut définir la liberté, c'est donc une capacité à me choisir moi-même et de différer de celui que je suis.On retrouve cette thématique chez Foucault pour qui la liberté réside dans une création de l'individu de nouvellesfaçons de vivre, Le philosophe appelle ainsi éthique la transformation que le sujet opère sur lui-même. De même, chez Freud, auquel Sartre s'opposait ouvertement, ne dit pas que l'homme est irrémédiablementdéterminé. Sa théorie et la pratique psychanalytiques qu'il met en place affirment justement que l'homme peutprendre conscience de ce qu'il le détermine et devenir réellement le créateur de sa propre vie. La célèbre phrase« là où le ça( principe pulsionnel inconscient) était, Je dois advenir » inclus le verbe devoir, en allemand sollen qui indique une sorte d'obligation morale, de responsabilité qu'à l'homme de reprendre sa vie, ses comportements enmain et de se maintenir libre.Si l'homme est libre, notre liberté ne peut rester immédiate sans quoi elle risque de n'être qu'illusoire. C'est donc uneexigence même de notre liberté que d'enquêter sur la liberté. Ainsi, la liberté ne peut être imposée au risque de disparaître. L'homme n'est pas condamné par quelqu'un à êtrelibre. De plus, il semble que la liberté ne soit pas une donnée première de l'expérience, mais soit un longapprentissage. Cependant, l'homme a toujours la possibilité de choisir, de dire « oui » ou « non ». En ne se révoltant »

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