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l'homme est un être de désir: qu'en pensez-vous ?

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CITATIONS: « L'appétit n'est rien d'autre que l'essence même de l'homme. » Spinoza, Éthique, 1677 (posth.)L'appétit est l'un des affects primitifs de l'homme ; conçu comme désir d'autoconservation (effort de l'homme pour « persévérer dans son être »), il est constitutif de son essence. « Il n'y a qu'un seul principe moteur : la faculté désirante. » Aristote, De l'âme, Ive s. av. J.-C. « Il faut savoir qu'il y a dans chacun de nous deux principes qui nous gouvernent et nous dirigent [...] : l'un est le désir inné du plaisir, l'autre l'idée acquise qu'il faut rechercher le bien.

Bien définir les termes du sujet :

- « Le désir « : vulgairement, c'est avoir envie de quelque chose, en souhaiter sa possession pour avoir du plaisir. C'est ce que l'on ressent lorsqu'un besoin spontané s'est transformé en une tendance consciente orientée vers un but conçu ou imaginé. Le terme ici au singulier, laisse supposer que le désir est considéré comme une sorte d'entité avec des caractéristiques et des lois propres. Il s'agit du désir en général, de la possibilité de désirer qui est en nous, et non pas du désir de telle chose en particulier que tel individu aurait en lui.

- « Essence « : c'est ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, c'est ce qui constitue la nature d'un être, sa particularité, ce qui la distingue de tous les autres.

- « L'homme « : le terme est très vague et n'invite pas à considérer l'être humain dans un domaine particulier comme celui de la politique (on aurait alors parlé de citoyen), mais plutôt de la manière la plus générale possible. Il s'agit de regrouper tous les individus conscients.

- « Soutenir « : c'est affirmer quelque chose sans fléchir.

Construction de la problématique :

            Le sujet pose la question de l'essence de l'homme, tente de trouver quelles sont les caractéristiques qui le distinguent des autres vivants, et propose comme critère de distinction, le désir. Si on définit ce dernier comme étant strictement un besoin spontané et une tendance vers quelque chose, alors il semble que nous le partagions avec les autres vivants. Attention, le sujet n'est pas un sujet sur le désir, mais sur l'essence de l'homme.

            Se pose donc la question de savoir si l'essence de l'homme est le désir en tant que tel, ou si c'est plutôt le rapport spécifique qu'il entretient avec le désir. Autrement dit, comment l'homme se positionne par rapport au désir, et comment dévoile t-il ainsi son essence ?

 

« n'était qu'une partie de la nature comme une autre, c'est-à-dire soumis à des lois. Les passions sont desphénomènes naturels comme les autres, qui ont des causes naturelles, comme tous les autres phénomènes naturels.Être passionné, ce n'est pas avoir une nature vicieuse ; il n'y a pas de nature vicieuse. Qu'un homme soit ambitieux,cruel, jaloux, cela s'explique de la même façon qu'on explique la chute des corps ou qu'un chien a la rage. On neblâme pas un chien parce qu'il a la rage on ne blâme pas la pierre parce qu'elle tombe quand on la lâche : on tentede comprendre, par les causes, pour prévenir et pour guérir. Il doit en aller de même pour les passions, cesprétendus vices de la nature humaine Les passions « reconnaissent certaines causes par où elles sont clairementconnues, et ont certaines propriétés aussi dignes de connaissance que les propriété d'une autre chose quelconque».L'erreur des moralistes provient donc de ce qu'ils reconnaissent que toutes les choses dans la nature sont soumisesà des lois sauf l'homme, que tout phénomène a une cause sauf dans le cas des actions humaines. Ils pensent doncque l'homme est « un empire dans un empire ».Ces moralistes ont donc une conception erronée de la liberté. Parlant des passions, ils « semblent traiter non dechoses naturelles qui suivent les lois communes de la nature, mais de choses qui sont hors de la nature [...] Ilscroient en effet que l'homme [...] a sur ses actions un pouvoir absolu. » La religion et la tradition philosophique fontde l'homme une exception dans la nature en affirmant que sa volonté est libre, qu'il peut décider en toute autonomiede ses actes. Cette exception ne se justifie pas : c'est une illusion. Et cette illusion nous amène à détester l'hommeau lieu de le comprendre, voire de l'aider.On comprend alors le programme de Spinoza : « Ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas louer, ne pas blâmer, maiscomprendre. »Pour Spinoza, l'homme ne naît pas libre, mais il peut le devenir. C'est la compréhension qui libère. Pour donner unexemple anachronique et caricatural, les moralistes seraient des hommes se lamentant parce que les hommes nesavent pas voler, et qui attribueraient cette incapacité à une nature vicieuse : l'attitude d'un spinoziste consisteraità chercher la loi de la pesanteur et à inventer l'avion.Si Spinoza s'oppose à la morale, il ne faut pas oublier que son ouvrage essentiel s'intitule L'Éthique. Il ne s'agit pasde tout justifier, ni de se désintéresser de toutes règles d'action, de toute vie en commun, de tout jugement.Mais la morale à laquelle s'oppose Spinoza découle, on l'a vu, d'une méconnaissance de l'homme et de ses actionsd'une part, et d'autre part des jugements de valeur allant parfois jusqu'au mépris de l'homme, du pécheur, dupassionné. La morale ne m'explique ni ce dont je souffre, ni les causes de ma «maladie ». Par contre, elle mecondamne, et m'impose des normes. Voilà où est le Bien, voilà où est le Mal. Impuissante à expliquer, la moraleréussit merveilleusement bien à culpabiliser l'être humain : elle impose des normestranscendantes : Bien et Mal, ne dit pas comment les suivre, et condamne l'homme qui y déroge.L'éthique spinoziste consiste à substituer la compréhension des phénomènes aux jugements et aux condamnations.Il ne s'agit plus d'imposer des normes, mais de permettre à l'homme « d'accroître sa puissance d'agir et de penser »en lui expliquant ce qui lui est utile ou nuisible. Pour reprendre un mot de Nietzsche, il s'agit « d'être au-delà du bienet du mal et non pas au-delà du bon et du mauvais ».► Pour Spinoza, considérer « l'homme dans la nature comme un empire dans un empire » est une absurdité. Au lieude croire que l' homme est immédiatement libre, il faut comprendre comment le libérer. Croire que l'homme a immédiatement un pouvoir absolu sur ses actions, qu'il est une exception dans la nature (où tout est soumis à deslois) parce qu'il aurait une volonté libre, c'est se condamner à le méconnaître et à le mépriser. Comprendre quel'homme est une partie de la nature comme une autre, c'est-à-dire que toutes ses actions, même celles qu'il croitvolontaires, s'expliquent par des causes, c'est se donner les moyens de le conduire vers la liberté, vers la plusgrande puissance possible de penser et d'action, vers l'épanouissement.Le programme de Spinoza est étonnamment moderne. Par son refus de la morale, il s'apparente à Nietzsche. Par sonsouci de donner à l'homme une maîtrise de lui-même qu'il n'a pas de prime abord, il s'apparente à Freud. Spinozanous a appris à dissocier la morale de la recherche du bien individuel et collectif. Il est légitime que sa devise : « Nepas rire, ne pas pleurer, ne pas louer, ne pas blâmer, mais comprendre » soit devenue si célèbre : elle sonne commela première étape de notre libération. Le désir est l'essence même de l'homme L'effort que chaque être déploie pour persévérer dans l'existence.L'originalité de Spinoza, c'est précisément d'affirmer que « le Désir est l'essence même de l'homme » (Éthique, III,définition I des Affections). Ce n'est donc plus l'intelligence ou la raison qui définissent l'homme, mais l'effort(conatus) que chaque être déploie pour persévérer dans l'existence. Or cette force d'exister, étant toujoursorientée vers l'obtention d'un bien, se donne concrètement comme désir. L'essence de l'homme étant le désir, luttercontre l'affectivité serait vouloir la destruction même de l'homme. Il s'agit, au contraire, de faire en sorte que ledésir, qui est toujours dans sa profondeur désir d'un accroissement de la puissance d'exister, puisse se réaliserpleinement. Car ce sont l'ignorance et l'aliénation du désir qui sont sources de servitude et de malheur, et non pasle désir comme tel. S'aliéner, c'est laisser s'insinuer en l'intériorité de son désir la puissance de quelque chose deradicalement autre que soi. Il s'ensuit une diminution de la puissance d'exister et la tristesse. C'est par l'imaginationque le désir peut être entraîné dans des actions inadéquates dont il ne sera pas la seule cause. Il convient doncque le désir se réfléchisse lui-même, autrement dit accède à la conscience de lui-même comme force et désir d'unejoie réelle. Seul le désir même de la joie permet de se libérer de la conscience imaginaire et déchirée. »

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