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L'homme prenant conscience de ce qui le détermine renonce-t-il à devenir libre ?

Publié le 15/08/2009

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conscience

Introduction :

Leibniz dit que l'aiguille d'une boussole qui aurait une conscience croirait qu'elle se déplace librement parce qu'elle ignorerait les forces magnétiques qui la meuvent. L'homme est une partie de la nature et, en tant que tel, il est soumis à des lois. D'autre part, le monde proprement huamin de la société et de la civilisation a lui-même ses propres lois.

La liberté est le sentiment que nous avons de causer par nous-mêmes nos propres actes. Ce sentiment n'est-il qu'une illusion ? Si nous prenons connaissance de causes extérieures qui sont les véritables initiatrices de nos mouvements, sommes-nous toujours libres ?

Problématique : L'homme aimerait être libre d'une liberté inconditionnée, mais peut-il être libre en se reconnaissant comme être conditionné ?

 

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« Faisant confiance au savoir et pensant que tous les hommes — fut-ce l'esclave — portent en eux le germe de cesavoir, c'est une vision délibérément optimiste que Socrate offre de l'humanité. 2.

La liberté s'acquiert par la connaissance. L'homme ne peut être libre qu'en se connaissant et il ne peut se connaîtrequ'en connaissant les causes qui le déterminent.

Spinoza dit que « l'hommen'est pas dans la nature comme un empire dans un empire ».

Il est soumis auxlois de la nature comme tout autre être naturel. En déclarant à propos des moralistes : "En vérité, on dirait qu'ilsconçoivent l'homme dans la nature comme un empire dans un empire",Spinoza (1632-1677) récuse la morale, affirme une conception nouvelle de laliberté.

Cette fameuse formule « l'homme comme un empire dans un empire »se retrouve souvent sous la plume de Spinoza, mais elle est explicitéeclairement dans la préface du troisième livre de L'Ethique, son ouvrageprincipal. Spinoza est, comme Descartes, l'héritier de la «révolution galiléenne ».

Lesdécouvertes de Galilée entraînent une réforme totale des sciences et obligentà redéfinir la place de l'homme dans l'univers.

Mais Spinoza, à la différence deson précurseur Descartes, accepte de tirer de la science nouvelle desimplications morales et politiques.

Celles-ci seront perçues comme ,tellementinouïes, révolutionnaires, tranquillement opposées à l'absolutisme politique etau conformisme religieux, qu'elles vaudront à Spinoza avec les surnoms de«chien galeux» et «d'impie », une vie précaire et menacée. Une des principales conséquences des découvertes de Galilée, c'est que la nature apparaît comme désenchantée,uniquement régie par les lois scientifiques, les lois de la mécanique.

Spinoza en tire la conclusion suivante : il fautconsidérer l'homme comme une partie de la nature comme une autre et dont tous les actes s'expliquent par des lois,des causes.

Mais il s'inscrit ainsi contre la conception traditionnelle de la liberté humaine, qui veut que l'hommedécide souverainement de ses actions, qu'il soit doté de «libre-arbitre ».

Cette conception traditionnelle s'adosse àla religion.

Descartes l'a exprimée le plus clairement en disant que notre volonté était infinie comme celle de Dieu.Bref, dire que l'homme a été créé à l'image de Dieu, cela signifierait que l'homme est libre, que sa volonté est libre.Or Spinoza conteste ce point en disant que cela revient à considérer « l'homme dans la nature comme un empiredans un empire».Pour récuser cette conception, Spinoza considère la façon dont la morale parle des passions et des hommespassionnés.Les moralistes considèrent les passions comme un vice de la nature humaine : le passionné est condamnable parcequ'il est responsable de sa passion, il ne suit aucun des conseils que les moralistes lui donnent, il fait un mauvaisusage de sa volonté, il se rend complice de son vice.

En clair, résume Spinoza :« Ils cherchent la cause de l'impuissance et de l'inconstance humaine [...] dans je ne sais quel vice de la naturehumaine, et pour cette raison pleurent à son sujet, la raillent, la méprisent, ou le plus souvent la détestent : qui saitle plus éloquemment ou le plus subtilement censurer l'impuissance de l'âme humaine est tenu pour divin.

»La position moraliste amène et à l'auto-glorification — censurer le vice, c'est se faire passer pour divin — et aumépris de l'homme.

L'homme est raillé, méprisé, détesté.Mais, et ici s'amorce la critique spinoziste, l'homme n'est pas compris.

Les moralistes n'ont jamais expliqué ni cequ'était une passion, ni quelles en étaient les causes.

La preuve de leur impuissance à connaître, est précisémentque personne ne peut suivre leur conseil, qu'ils n'ont jamais aidé personne à surmonter sa faiblesse, et que la seulechose que nous enseigne la morale est le mépris de l'être humain.

Les moralistes sont ceux qui « aiment mieuxdétester ou railler les affections el les actions des hommes que de les connaître ».D'où proviennent l'incompréhension et l'impuissance des moralistes ? De ce qu'ils n'ont pas compris que l'hommen'était qu'une partie de la nature comme une autre, c'est-à-dire soumis à des lois.

Les passions sont desphénomènes naturels comme les autres, qui ont des causes naturelles, comme tous les autres phénomènes naturels.Être passionné, ce n'est pas avoir une nature vicieuse ; il n'y a pas de nature vicieuse.

Qu'un homme soit ambitieux,cruel, jaloux, cela s'explique de la même façon qu'on explique la chute des corps ou qu'un chien a la rage.

On neblâme pas un chien parce qu'il a la rage on ne blâme pas la pierre parce qu'elle tombe quand on la lâche : on tentede comprendre, par les causes, pour prévenir et pour guérir.

Il doit en aller de même pour les passions, cesprétendus vices de la nature humaine Les passions « reconnaissent certaines causes par où elles sont clairementconnues, et ont certaines propriétés aussi dignes de connaissance que les propriété d'une autre chose quelconque».L'erreur des moralistes provient donc de ce qu'ils reconnaissent que toutes les choses dans la nature sont soumisesà des lois sauf l'homme, que tout phénomène a une cause sauf dans le cas des actions humaines.

Ils pensent doncque l'homme est « un empire dans un empire ».Ces moralistes ont donc une conception erronée de la liberté.

Parlant des passions, ils « semblent traiter non dechoses naturelles qui suivent les lois communes de la nature, mais de choses qui sont hors de la nature [...] Ilscroient en effet que l'homme [...] a sur ses actions un pouvoir absolu.

» La religion et la tradition philosophique fontde l'homme une exception dans la nature en affirmant que sa volonté est libre, qu'il peut décider en toute autonomiede ses actes.

Cette exception ne se justifie pas : c'est une illusion.

Et cette illusion nous amène à détester l'hommeau lieu de le comprendre, voire de l'aider.. »

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