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L'objectivité du jugement est-elle possible ?

Publié le 27/02/2008

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Analyse du sujet :

Ø  Parce que le jugement se distingue du préjugé, de l’opinion, il semble difficile de nier son objectivité : là où l’opinion tend à juger sans réfléchir, là où le préjugé est étroitement corrélé aux désirs ou aux intérêts du sujet, la délibération propre au jugement tend à pourvoir ce dernier d’une certaine impartialité, et donc à le pourvoir d’une valeur universelle et nécessaire.

Ø  Toutefois, cette distinction apparemment claire suffit-il est à attester que l’objectivité du jugement est un fait incontestable ? en effet, pour donner sens à la question posée, il convient de souligner qu’il n’y a de jugement que par un sujet : juger est le fait d’une subjectivité.

Ø  Les termes de la question vont en ce sens : « possible « renvoie à la fois à ce qui est non-contradictoire mais aussi à ce qui est légitime. Il y a une distance entre le logique et le réel, entre la théorie et la pratique. Ce qui permet de distinguer deux plans de traitement de la question et deux enjeux :

§  le plan épistémologique : l’objectivité est gage de scientificité

§  le plan pratique : l’objectivité est gage d’impersonnalité, de justice

Ø  Il semble donc que l’objectivité soit nécessaire dans l’un et l’autre cas, mais ce qui pose problème : est-ce possible ? Car :

§  L’histoire des science est, comme le soutient Foucault, inséparable de celles des sujets qui se sont voulu dépositaires de la connaissance et c’est pourquoi, la science n’est pas figée.

§  Les cas d’erreurs judiciaires sont possibles dans la mesure où la généralité des lois engage parfois une interprétation de la part de celui qui la applique à des cas qui sont, eux, particuliers, dépendant de circonstances singulières.

Ø  Toute la difficulté du sujet repose donc sur cette ambiguïté entre la définition même du jugement qui implique comme corrélat nécessaire l’objectivité d’une part, et son application pratique, son effectivité, qui paraît inséparable des sujets qui procèdent à ces jugements.

 

Problématique : Le scepticisme est l’attitude à la fois théorique et pratique consistant à s’abstenir de juger, c’est-à-dire de suspendre son assentiment, sous prétexte que l’objectivité du jugement est impossible. Est-ce le cas ? L’homme est-il effectivement la mesure de toute chose de sorte qu’il nous faille renoncer à la vérité et nous satisfaire d’opinions diverses et de préjugés, ou bien l’objectivité du jugement est-elle possible ?

« d'interprétation, n'est jamais absolument neutre. b) Juger est toujours le fait d'un sujet Le jugement est donc en relation avec un sujet, avec une pensée. Tel est ce que Descartes met en avant dans sa philosophie : toute science repose sur le sujet : les objets ne sont crédibles que s'ils sont envisagés en tantqu'ils sont pensés. En un mot, l'objectivité, le fait pour une idée ou un jugement de se rapporter à une réalitéextérieure incontestable doit être entièrement révisée : il n'y a d'objectivité du jugement que dans le cadre de lasubjectivité. Pour Descartes, les contenus objectifs d'un jugement sont secondaires et indifférents : le seule certitude possible = ma propre pensée dans sa forme purement mentale. Transition :· En redéfinissant l'objectivité avec plus de précision comme désignant ce qui est a) absolument irréfutable et incontestable et b) comme ce qui désigne une réalité indépendante de la subjectivité, de soi, on est donc amenéà souligner l'impossibilité de l'objectivité du jugement.. · Doit-on alors concéder que « l'homme est mesure de toute chose » et que le scepticisme a raison ? · Ne peut-on soutenir que la subjectivité du jugement n'est pas incompatible avec une certaine impartialité ? Ne pourrions-nous, contre le relativisme, concevoir une objectivité propre à la subjectivité ? · Tel est le but du renversement copernicien opéré par Kant : montrer que ce que l'on nomme objectivité doit être rapporté non pas à un en soi extérieur à nous, mais tient précisément à la façon dont nous nous rapportonsau monde et dont nous appréhendons ce qui nous est extérieur : est objectif ce qui est formellement construitpar le sujet selon des structures a priori (indépendantes de l'expérience, donc des aléas et des circonstances) 2- LA SUBJECTIVITÉ DU JUGEMENT N 'EXCLUT PAS L 'OBJECTIVITÉ a) la subjectivité est structurée a priori Le sujet pour Kant se définit par son activité : la subjectivité est ainsi mise en forme ou structuration par l'entendement (faculté de produire des concepts) de l'affection sensible. Cette structuration est subjective en ce qu'elle est le fait de l'entendement du sujet, mais elle est toutefois objective, dans la mesure où l'entendement est une faculté logique , formelle structurant un donné extérieur. b) l'objectivité se définit elle-même par la structure a priori de la subjectivité Kant procède ainsi à une redéfinition de l'objectivité comme ce qui est synthétisé, organisé par le formes de la subjectivité : est objectif ce qui est produit par les cadres logiques de la pensée propres à l'entendement du sujetsur les bases de l'affection sensible. On obtient ainsi une symétrie où le sujet construit son objet ce qui fait que l'objectivité se définit par cette construction elle-même : or cette organisation étant réglée, étant formellement déterminé (par l'espace et le tempscomme condition de tout donné sensible, et par les catégories sommes condition de toute pensée de ces intuitions). Etudier ce qui est objectif revient à étudier quelles sont les conditions de possibilité, conditions subjectives, rendant possible la constitution de cet objet. »

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