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L'oeuvre d'art ne vaut-elle que pour elle-même ?

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ART: 1) Au sens ancien, tout savoir- faire humain, toute pratique produisant un résultat non naturel (artificiel). 2) Au sens esthétique moderne, production ou création d'oeuvres destinées à plaire (beaux- arts), c'est-à-dire à susciter par leur aspect, une appréciation esthétique positive. Oeuvre d'art : ensemble organisé de signes et de matériaux manifestant un idéal de beauté.

« sur la subjectivité de l'expérience esthétique, ne récuse pas l'objectivité du beau. Il faut conjuguer les deux idées,de la subjectivité du jugement esthétique parce qu'il n'y a d'objet esthétique que pour un sujet qui l'esthétise, etde l'objectivité du beau parce que c'est l'objet qui en appelle au sujet et qui se juge en lui en même temps qu'ils'accomplit par lui. Si le beau apparaît seulement à qui s'y rend sensible, n'importe quoi n'apparaît pas beau.L'oeuvre d'art ne peut valoir que pour elle-même, elle n'a de valeur que pour un sujet, une oeuvre d'art sans sujetn'aurait aucune valeur. 3) L'oeuvre acquiert sa valeur par des normes extérieures. Le critère pour juger d'une oeuvre d'art est tout simplement le respect des codes et des enseignements qui ontprésidé à sa réalisation, et par le respect de l'enseignement de l'école. Comme le pense Charles Lebrun, de l'époqueclassique : « La matière doit être prise noble, qui n'ait reçu aucune qualité de l'ouvrier. Pour donner lieu au peintrede montrer son esprit et industrie, il la faut prendre capable de recevoir la plus excellente forme. Il faut commencerpar la disposition, puis par l'ornement, le décoré, la grâce, la vivacité, le costume, la vraisemblance et le jugementpartout. Ces dernières parties sont du peintre et ne se peuvent apprendre. C'est le rameau d'or de Virgile que nul nepeut trouver ni cueillir s'il n'est conduit par la fatalité. ». Le temps a passé depuis que la fondation de l'Académiefrançaise instaurait la dictature de l'académisme, pourtant, la suspicion où est tenue, aujourd'hui plus que jamais,l'idée de beauté, a sans doute là son origine. D'autant que l'académisme est une hydre à cent têtes, tout discourssur le beau est spontanément normatif, et il n'en peut être autrement. Premièrement, parce qu'il porte sur unevaleur et que toute valeur appelle un faire : il est difficile de porter, et encore plus d'expliciter pour le justifier, unjugement de goût, sans inviter à refaire ce qui a été fait, ou du moins à poursuivre le même effort. Deuxièmement parce que le beau comme valeur est la norme de l'objet beau ; les qualités ou les structures qu'on décèle en cetobjet apparaissent en effet constituantes et comme appelées par lui, de la même façon que la santé est requise,organisée et défendue par l'organisme vivant. Troisièmement, enfin, le discours sur le beau est dogmatique aussi parce qu'il est un discours, il promeut la norme à la généralité du verbe. En somme, le discours sur le beau estdifficilement rationalisable puisqu'il érige lui-même ses propres normes, normes dont il est difficile de se passer.Aussi, la valeur d'une oeuvre d'art est décidée suivant la conformité ou non à cette norme. 4) L'oeuvre d'art acquiert sa valeur par le marché de l'art. La valorisation de l'art contemporain diffère de celle de l'art ancien en ce que le premier des deux secteurs estfortement soumis au règne de l'incertitude, surtout au début de la carrière des artistes et durant les premièresannées qui suivent la production de leurs oeuvres. Les valeurs s'instaurent selon un double mode : le marché révèle les préférences du moment et vient ratifier les palmarès en vigueur ; pour sa part, le monde institutionnel del'art essentiellement composé des musées et autres lieux d'exposition élabore des classements qui vont distinguerles artistes dignes d'attention. En fait, les deux systèmes apparaissent étroitement dépendants l'un de l'autre, la valorisation financière et la certification de la valeur esthétique prenant appui l'une sur l'autre. Il est clair en effet qu'il n'existe plus d'étanchéité entre marché de l'art et réseau culturel, et les « académies » désormais informellesqui sont apparues intègrent les acteurs du marché les plus marquants. Tel grand collectionneur siégera par exempleau conseil d'administration d'une institution culturelle importante. Tel marchand agira de concert avec le commissaired'une exposition pour promouvoir simultanément le même artiste. Si elles ne possèdent plus l'aspect officiel qui étaitautrefois le leur et si elles ont perdu beaucoup de leur monolithisme, les « académies informelles » remplissent unefonction identique à celle du passé. Elles font toujours émerger certaines normes sur ce qui est art et ce qui n'enest pas, mais aussi sur ce qui, au sein de la première catégorie, mérite le plus de retenir l'attention. Les dernièresdécennies font clairement apparaître que les valeurs artistiques se construisent désormais à l'articulation du marchéet des institutions culturelles. Et si les frontières de ces deux ensembles peuvent évoluer, le processus de créationde la valeur artistique contemporaine reste quant à lui inchangé. Conclusion. L'oeuvre d'art peut certes avoir une valeur intrinsèque, mais en dehors d'un sujet qui puisse percevoir l'oeuvre d'art,elle ne peut avoir en vérité aucune valeur. L'oeuvre n'acquiert pas non plus de valeur par la seule subjectivité carsinon tout pourrait avoir une valeur esthétique. La valeur d'une oeuvre d'art naît de la rencontre d'un objetpossédant des qualités et d'un sujet capable de les percevoir. De plus, cette valeur perçue individuellement nedevient réelle que si elle est partagée par d'autres individus ou un milieu qui donne à l'oeuvre sa véritable valeur,qu'elle soit d'exposition ou marchande. »

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