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Peut-on concevoir une société sans art ?

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Peut-on concevoir une société sans art ? Concevoir : la conception intellectuelle du philosophe-savant - cela peut-il exister ? (1) - et celle du politique (action) – peut-on en construire une (2) ? 1) Semble que non – art coextensif à l’humanité; mais 2) des tentatives pour – le totalitarisme : pourquoi cet objectif ? Peuvent-elles réussir ? àPeut-on donc d’abord penser, puis construire une société sans art ? Ou bien cette dernière tentative est-elle illégitime, voire insensée ? Quelle est et quelle doit donc être la place de l’art au sein de la société ? R1 : Oubli que l’art (la création, l’imaginaire) semble inhérent à l’humanité et qu’une bonne société doit peut-être mettre l’art en son centre spirituel. R2 : Oubli qu’existent des projets politiques afin de réduire, voire d’éliminer l’art de la vie sociale. PLAN I. L’art semble consubstantiel à l’humanité – pas de société sans art TR : si l’art au sens large est consubstantiel à l’humanité, si l’est au sens restreint d’une humanité éclairée, quel sens pourrait avoir le projet politique d’éliminer l’art ? (R2) II. On peut vouloir éteindre cette puissance – projet d’une société sans art TR : une bonne société ne doit-elle pas dès lors promouvoir l’autono...

« II. On peut vouloir éteindre cette puissance – projet d’une société sans art a) S’il y a eu, de fait, des sociétés sans art (séparé, autonome), le projet des sociétés totalitaires est de reproduire ces sociétés parfaites dans un monde pourtant libéré de la tradition. b) Elles instaurent un « art officiel » (nazi, communiste) sur le modèle de l’art sacré des temps religieux. c) Et interdisent toute autre forme d’art, ces dernières ouvrant des voies singulières, ludiques et multiples vers un ailleurs-meilleur contestant l’idée propre à toute société totalitaire selon laquelle elle est la société parfaite incarnée. Ex. Equilibrium – et la Joconde saccagée. Les autodafés de l’histoire. « L’art officiel » communiste ou nazi glorifiant la société / interdiction des autres. Interdiction de la musique ou de la peinture dans l’Islam fondamentaliste. Platon chasse les poètes de sa cité parfaite (la République). c) En ridiculisant les prétentions de l’art, l’art (l’antiart) contemporain peut être accusé de vouloir lui aussi éteindre les puissances de l’art... Duchamp – l’urinoir, la Joconde (L.H.O.O.Q). Manzoni... d) ... et d’épouser l’économisme utilitariste de notre temps, réduisant les œuvres d’art à des produits marchands et à l’industrie culturelle du divertissement. TR : une bonne société ne doit-elle pas dès lors promouvoir l’autonomie de l’art ? III. Une bonne société devrait mettre l’art en son centre spirituel a) Faute d’une société parfaite, les désirs (d’infini, de perfection...) à l’origine de l’art persistent. b) L’art permet ainsi de prendre et d’instaurer du jeu avec le réel étouffant, utilitaire ou/et dogmatique... Idée de Freud d’une continuité de l’art avec le jeu enfantin. Esprit de jeu rappelé par Marcel Duchamp. Rupture avec l’utilité (ex. le petit baigneur où de Funès découvre l’univers pur des sons) c) ... et d’ouvrir les regards et les cœurs vers des strates plus profondes du réel (Bergson)... La musique comme exploration des profondeurs de l’âme. Ex. du requiem de Mozart (la mort, la séparation, l’acceptation). d) Une société pluraliste visant à faire des hommes des êtres libres (ni des travailleurs grégaires ni des dogmatiques aveugles) devrait nourrir leur capacité de réflexion, de sensibilité et de création par l’art, mis au centre de la vie spirituelle. CONCLUSION Dans un premier temps nous avons défendu l’idée selon laquelle l’art semblait consubstantiel à l’humanité. Si l’art au sens restreint comme sphère de création autonome n’apparaît véritablement qu’à la Renaissance, il nous a cependant semblé que toute civilisation doublait son existence matérielle d’une dimension imaginaire et poétique, soit d’une forme d’art au sens large. Nous nous sommes alors demandé quel sens pouvait avoir le projet politique d’éliminer l’art de la vie sociale. Les totalitarismes historiques visant à promouvoir un art officiel sur le modèle de l’art sacré du passé, comme, de l’autre côté, l’économisme du monde contemporain réduisant la sphère de l’art à l’industrie du divertissement nous sont apparus comme deux manières singulières de marginaliser et ainsi de faire taire les puissances de l’art. Il nous alors semblé qu’une société ouverte et pluraliste, soucieuse de liberté, de profondeur et de vérité, se devait, au contraire, de placer l’art au centre de la vie spirituelle. Ainsi l’homme, si souvent dans l’histoire travailleur aliéné, utilitariste borné ou dogmatique patenté, pourrait-il être rendu à la vocation créative que Bergson, par exemple, pensait au cœur de l’humain. »

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