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Peut-on considérer l'histoire tout à la fois comme un savoir indispensable et comme une science impossible ?

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histoire

Si l'histoire fait partie des "sciences humaines" et si l'on reconnaît facilement que les historiens détiennent un savoir rigoureux, il faut cependant reconnaître que cette discipline n'est pas devenue une science comme la physique. Cela ne remet-il pas en cause son sérieux, cad sa scientificité même ? Ou ne doit-on pas maintenir au contraire que l'histoire peut être tout à la fois un savoir indispensable et une science impossible ?Nous verrons dans un premier temps quels sont les obstacles que l'histoire rencontre dans sa tentative de passage du savoir à la science; nous nous demanderons alors si l'impossibilité de la science ne remet pas en cause le savoir, pour mieux souligner que c'est cette impossibilité elle-même qui rend indispensable le savoir historique en tant que tel.

286 « Au sens strict des termes, l'histoire ne répond pas à la définition de la science; elle ne consiste pas en démonstrations abstraites comme les mathématiques ; elle n'est pas vérifiable par l'expérimentation comme les sciences de la nature; enfin, elle n'aboutit pas à des lois qui permettent la prévision. « Léon E. Halkin, Éléments de critique historique, 1974.

  • Peut-on ? : est-il possible ? avons-nous la possibilité ? pouvons-nous ?
  • Considérer : voir ; estimer ; juger ; concevoir ; tenir pour.
  • Histoire : la connaissance du passé humain ; le récit de ce que les hommes ont fait ; le discours portant notre passé ; l'ensemble des actes passés de l'humanité.
  • Tout à la fois : en même temps ; simultanément ; et.
  • Savoir : connaissance ; culture ; bagage ; acquis ; patrimoine culturel.
  • Indispensable : ce dont on ne peut se passer ; nécessaire ; fondamental ; essentiel ; primordial.

« I. Savoir ou science ? De la légende au savoir L'histoire s'est constituée en discipline distincte et autonome précisément par son exigence de vérité et de savoirvérifié : c'est ce qui la sépare radicalement du mythe et de la légende. Une science positive ? Le passage du savoir à la science semble donc être un prolongement naturel de ce premier pas de la fiction ausavoir ; et cette ambition n'a pas manqué d'apparaître avec le courant positiviste, d'autant plus qu'émergeaient àcette époque l'économie et la sociologie, dont l'importance pour l'histoire allait devenir massive. Expérience et prédiction : les limites de la visée scientifique. Mais cette ambition semble démesurée tant que l'on conserve aux techno-sciences mathématisées comme laphysique leur caractère de modèles absolus : il semble difficile de dégager de véritables lois de l'histoire, d'autantplus que l'on étudie des événements et non pas des phénomènes ; l'histoire semble en outre incapable de produiredes prédictions fiables : les tentatives en ce sens ont abouti à des désastres. II. Si la science est impossible, le savoir peut-il subsister ? Des outils scientifiques. On peut d'abord souligner que pour autant, l'histoire n'est pas une fiction arbitraire : les sciences positivesfournissent des outils très performants pour une meilleure authentification des traces du passé. Expliquer et comprendre. Ce qui justifie également le maintien d'un savoir historique indépendamment du modèle de la science, c'est que lesdisciplines portant sur le phénomène humain ont élaboré un modèle propre : celui de la compréhension. Il ne s'agiten effet pas seulement d'expliquer des causes physiques mais surtout de comprendre le sens humain del'événement. III. En quoi ce savoir est-il indispensable ? Transition Il semble donc possible de maintenir l'idée d'un savoir historique même si l'histoire est impossible en tant quescience. Mais pourquoi dire que ce savoir est indispensable ? Contre l'amnésie Il l'est d'abord pour maintenir la mémoire du passé et ainsi la conscience d'une identité historique. Pour comprendre le présent. Cette identité est une des clefs qui permettent de mieux comprendre le présent. Par exemple, un savoir historique àpropos de l'Europe du XXe siècle permet de mieux saisir les enjeux actuels de la construction européenne. Il reste àsavoir si un tel savoir permet véritablement de tirer les leçons de l'histoire. Contre le relativisme Si l'histoire est indispensable en tant que savoir, c'est aussi pour maintenir l'idée d'une vérité historique contre lestentatives récurrentes de relativisme ou de révisionnisme. Certes, les historiens peuvent se tromper, mais l'idée d'unsavoir semble indispensable pour donner son autorité à l'histoire et leur poids aux événements dont elle maintient lamémoire. Conclusion Il semble donc qu'il n'y ait pas d'incompatibilité, s'agissant de l'histoire, entre l'idée d'un savoir indispensable et celled'une science impossible : l'histoire est sans doute à la fois l'un et l'autre. Renouvelant toujours son exigence devérité, elle est amenée à élaborer ses propres normes pour mieux défendre leur autorité et faire ressortir lecaractère indispensable du savoir qu'elle propose. »

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