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Peut-on être victime de la mode ?

Publié le 27/02/2004

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PEUT-ON : Ce genre de sujet interroge sur la capacité, la faculté, la possibilité de faire ou de ne pas faire quelque chose, d'être ou de ne pas être. Il faudra distinguer la possibilité technique et la possibilité morale.

Depuis le XVe siècle, la mode alimente un flot continu de discussions morales, sociales, esthétiques, philosophiques, qui s’amplifie au XIXe et au début du XXe siècle. Des écrivains (Carlyle, Baudelaire, Mallarmé, Oscar Wilde, Proust), des sociologues et des anthropologues (Spencer, Sumner, Tarde, Veblen, Goblot, Simmel, Sapir) la prennent alors pour thème de réflexion, voyant en elle soit une modalité transitoire du style, une création futile mais attachante, soit une pourvoyeuse de nouveauté, gaspilleuse d’énergie, mais capable d’ébranler la tradition et les mœurs, pour le meilleur et pour le pire, soit, surtout, un témoignage privilégié du comportement de l’homme en société et en particulier de la soumission de l’individu aux normes collectives. Quand le sociologue Olivier Burgelin déclare aujourd’hui que « la mode ne se contente pas de s’emparer du vêtement, mais [...] concerne en profondeur [...] tout le vêtu (la société, le discours, la culture) «, cette remarque indique clairement que les chercheurs appliquent le parti de la pluridisciplinarité à l’étude de la mode. Les sciences humaines comme les sciences appliquées conjuguent désormais leurs méthodes d’investigation pour une meilleure connaissance du phénomène de la mode dans sa totalité. Dès lors la mode peut-elle être comprise à la lumière d’une « victimo-genèse « collective, et non simplement individuelle ; ou, pour le dire plus simplement, être victime de la mode, n’est-ce pas là une qualité proprement collective, sans laquelle aucune « mode « proprement dite ne pourrait être reconnue ?

« RESUME: La mode nous soumet à sa tyrannie et nous pousse à renoncer à notre personnalité. L'imitation est chez l'homme un puissantmoteurde comportement. La mode se fonde essentiellementsur cette imitation. Elle peut conduire certains (ou certaines)à lui sacrifier leur liberté, et même leur santé. La mode est un phénomène social dont l'objectif est d'agrémenter l'existence. Elle est aussi gratuite qu'innocente. La mode,comme les divertissements, agrémente l'existence. Elle est un fait social universel. Les hommes se sont toujours plu à se parer.Grâce aux vêtements, au maquillage, à la coif¬fure, ils acquièrent des signes de reconnaissance sociale. SYNTHESE: Tant que la mode reste un jeu social, il est difficile de concevoir qu'elle puisse faire des victimes. Or, comme l'avait pressenti auXIXe siècle Alexis de Tocqueville, les démocraties occidentales sont peu à peu devenues des sortes de systèmes to¬talitaires.Une majorité impose à l'ensemble des minorités ses goûts, ses valeurs, ses modes. De telle sorte que pour être intégrésocialement, il faut se plier à un grand nombre d'exi¬gences touchant l'apparence phy¬sique (actuellement, il s'agit de la minceur,de la vitalité, de la jeunesse,etc.). Ces exigences sont telles qu'elles peuvent effectivementfaire des victimes. La listeest longue... Il y a les «bodybuilders», qui ont recours à des molécules chimiques pour accroître leurmasse musculaire, lesadeptes du bronzage, quisont atteints de gravesmaladies de la peau à cause d'une excessive exposition au soleil, ceux que la chirurgie esthé¬tique a défigurés, ceux dont la santé a été ruinée par unrégime diététique draconien... »

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