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Pour connaître, suffit-il de bien observer ?

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* Connaître : puisque la question met en relation la connaissance et l'observation, nous limiterons le sujet aux sciences d'observation et aux sciences expérimentales. Il faudra donc préciser le sens du mot "connaître" dans ce contexte.

* Suffire : être la condition suffisante pour ; quelque chose suffit lorsqu'il n'y a pas nécessité d'autre chose pour obtenir un résultat. Ne pas confondre condition nécessaire et condition suffisante. Ce qui est nécessaire n'est pas pour autant toujours suffisant.

* Bien observer : observer suppose déjà une attitude active du sujet connaissant qui ne se contente pas de voir ou de constater. Bien observer suppose en plus une attention pour que rien n'échappe à l'observateur. Il n'empêche que l'observation reste un contact "physique" avec la chose ou le phénomène dont on reçoit des informations.

Si l'observation attentive d'un phénomène est nécessaire aux sciences expérimentales, est-elle suffisante pour établir une connaissance ? Quelles autres démarches sont nécessaires dans la constitution d'unescience ?

« Examiner quelques exemples typiques. Le rôle du langage : pour nommer le phénomène observé, il faut déjàreconnaître les caractères généraux communs à ce phénomène particulier et au genre où il se situe. De même,envisager la classification en zoologie. Comprendre un phénomène exige aussi qu'on sache le relier à ses causes ;parmi ces causes, qu'on sache distinguer les conditions nécessaires et la cause productrice. Conclure : l'observation attentive décrit avec précision le phénomène, mais ne permet pas de le comprendre. Ceci exige une activité de l'esprit. Pousser plus loin l'enquête sur l'insuffisance de la thèse. Comment se présente la connaissance scientifique ? Comme un ensemble de lois qui énoncent des relationsnécessaires, et qui sont elles-mêmes reliées à l'intérieur d'une théorie. Par ailleurs, lois et théories sont exprimées enlangage mathématique. On peut s'appuyer sur la théorie newtonienne de l'attraction universelle pour examiner cesidées. D'où vient la nécessité exprimée par une loi ? L'observation porte sur un phénomène particulier, elle n'autorise pasd'affirmations générales ni nécessaires. La nécessité vient donc d'ailleurs, soit qu'on l'attribue à l'"accoutumance"comme Hume, mais elle reste alors problématique, soit qu'on l'attribue à une exigence formelle de la raison, commeKant.Comment comprendre le rapprochement dans la théorie de Newton des lois de Galilée et celles de Kepler ?L'observation ne montre pas que la lune tombe sur la terre comme la pomme ! Il fallait une intuition géniale pour oserémettre une telle hypothèse. Comment une loi peut-elle être mathématisée ? L'exemple de Galilée est éclairant sur ce point. Le mouvement dechute d'un corps n'est plus seulement observé dans sa globalité, mais il est décomposé en éléments mesurables. Laloi énonce mathématiquement la relation entre ces éléments. La mathématisation d'une théorie, par ailleurs, ouvre sur des possibilités nouvelles et des modes nouveaux dedécouverte. En particulier la science devient déductive, c'est-à-dire que de la formule mathématique on peutdéduire l'existence "virtuelle" de phénomènes qui 66n'ont pas encore été rencontrés. Prendre l'exemple du tableau de Mendeleïev. Ce qui est à retenir, c'est qu'alorsl'observation prend un statut nouveau dans la science. Elle n'est plus au départ de l'investigation, mais elle vientconfirmer ce que le calcul avait établi. Cette présentation de la connaissance scientifique convient à une science parvenue à un haut degré de maturitécomme l'est la Physique. Elle reste un idéal à atteindre pour les autres sciences, la biologie et les scienceshumaines. D'où l'on voit que le rôle que joue l'observation mesure le degré de maturité d'une science. Conclure Si l'observation attentive est nécessaire à la description d'un phénomène et à la découverte de ses propriétés, ellene saurait suffire à la constitution d'une science qui est une organisation hiérarchisée de lois mathématiques et nonune accumulation de descriptions.• Ce qui était en jeu La complémentarité de l'expérience (observation des données) et de la théorie (activitéunificatrice de l'esprit) . »

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