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Pour se libérer du passé, faut-il l'oublier?

Publié le 29/01/2014

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Pour se libérer du passé, faut-il l’oublier ?            Certaines formes du passé nous semblent immédiatement essentielles : celles qui fondent notre expérience, nos savoirs. D’autre paraissent plus encombrantes : savoir que l’on a naguère mal agi peut susciter du remords, mais aussi gêner l’action, de peur de retomber dans les mêmes erreurs. Peut –être conviendrait-il alors de se libérer de ce passé qui freine nos décisions ou notre liberté. L’oublier constituerait-il le meilleur moyen de s’en débarrasser ?        I)   Pour se débarrasser d’un souvenir encombrant, soit parce qu’il renvoie à un événement douloureux , soit parce qu’il s’accompagne de honte ou de mauvaise conscience, on peut être tenté d’admettre que «  le mieux « serait en effet de le faire disparaître en l’oubliant. Encore faudrait-il que la faculté d’oubli obéisse à la volonté- ce qui n’est pas le cas en général, puisqu’il nous arrive bien souvent au contraire de nous considérer comme « victime « d’un oubli, c’est-à-dire de précisément regretter l’absence d’un souvenir (que l’on peut dans ce cas supposer plus heureux, ou utile).          Selon Nietzsche, la complaisance à se remémorer ce qui a eu lieu ne peut être, si elle est constante, que stérilisa...

« notre mémoire consciente, et ne demeure par ses traces que dans l'inconscient, auquel le sujet n'a pas ordinairement accès.

Un tel refoulement est d'ailleurs fréquent, puisque personne ne garde le souvenir intégral de ce qu'il a vécu.

Plus simplement, l'oubli au sens ordinaire se produit lui aussi régulièrement : comme l'a souligné Bergson, il fait partie de notre fonctionnement psychique normal, et permet l'orientation vers une conduite d'action.                II) L'oubli intégral du passé, pour un sujet, n'est que pathologique.

Celui que Jean Anouilh nomme le « voyageur sans bagages » devient incapable de vivre, puisqu'il a perdu tout repère, et même la conscience de ce qu'il est et de qui il peut être.

Les différentes catégories d'amnésie que décrit la psychiatrie déterminent toutes des incapacités à vivre « normalement »  - et il est évident que, du passé, toute personne est obligée (parce que c'est dans son intérêt) de maintenir des pans importants, ne serait-ce que ce qui concerne ses apprentissages, ses savoirs, son langage , etc.               Freud a montré combien certains refoulements peuvent être pathogènes : c'est parce que le passé n'est pas connu, et parce qu'il continu à être malgré tout actif dans l'inconscient ( qui, ignorant la durée , accueille toute représentation comme « toujours au présent ») que la névrose apparaît.

Le «  retour du refoulé » (en tant que tel méconnu par l'individu) produit ses effets négatifs dans les attitudes, les gestes, le comportement, les conduites relatives à l'environnement familial et social.

Ce qui du passé n'est pas intégré dans la mémoire consciente se révèle ainsi facteur de déséquilibre.              Si l'on transpose, de telles remarques sur le plan collectif, on peut considérer : -         Qu'un peuple sans mémoire (qu'elle soit proprement historique, au sens occidental, ou « mythique ») n'a pas d'existence cohérente : ignorant aussi bien d'où il vient que ce qui le constitue, il ne peut concevoir sa propre unité ou réalité ; -         Que, s'il est vrai qu'une conscience nationale peut s'hypertrophier et devenir dangereuse par la connaissance de sa propre histoire, il ne l'est pas moins qu'un peuple ignorant la réalité de son passé peut être manipulé par une histoire élaborée au seul profit d'un pouvoir en place ( cas des totalitarismes, ou l'histoire. »

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