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Pourquoi les productions qui surgissent de l'esprit humain ont-elles plus de valeur que les oeuvres qui imitent la nature ?

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En effet, une telle idée implique que la production qui surgit n'a pas fait l'objet d'une activité conscience de la part du sujet, qu'elle nait dans son esprit à la faveur d'un travail infra conscient, avant de se produire au monde, et d'abord à lui-même, entièrement formée. Il semble d'autre part qu'il n'y a pas lieu de distinguer rigoureusement entre ce type d'idées et celles produites par l'imitation de la nature, étant donné qu'il y a toujours une part d'imitation de cette dernière dans toutes nos productions. En effet, nous n'inventons rien sans emprunter à notre expérience de la réalité des matériaux et des formes, et si l'agencement de ces derniers est notre, l'origine de nos productions n'est pas moins naturelle : tel le rêve qui, malgré son apparente absurdité, emprunte à la nature les éléments que le psychisme recompose. Par conséquent, si nous voulons parler de « production surgissant de l'esprit humain », nous devons préciser qu'elles ne surgissent pas ex nihilo, qu'elles empruntent à la nature sans l'imiter ouvertement : elles sont le fruit d'une recomposition du donné empirique, et non d'une activité recherchant une similarité de ses objets et procès avec la nature. b.       La doctrine de l'imitation, pierre de touche de la valeur durant des siècles Par ailleurs, nous dirons que la valeur supérieure des productions surgissant de l'esprit humain n'est qu'une réalité historique, puisque l'imitation de la nature a longtemps été conçue comme l'activité la plus noble qui soit. Dans la doctrine aristotélicienne, les productions de la nature auront toujours plus de valeur que celles de l'art, car la nature manifeste une spontanéité dans la production d'effets que n'atteindra jamais l'homme ; jusqu'au XVII e siècle, l'imitation de la nature est restée en art l'idéal de la production. II.                Les productions surgissant de l'esprit humain ont plus de valeur symbolique que les imitations de la nature   a.       L'auto reconnaissance du sujet dans les productions surgies de son esprit Cependant, à la faveur de changements historiques et philosophiques considérables conduisant à la valorisation du sujet, de l'individu, les productions surgissant de l'esprit humain ont été dotées de plus de valeur que les imitations de la nature.

Cette question revient à la question fondamentale de l’imitation et de la création dans l’art, et de la prédominance de la création sur l’imitation. L’imitation semble être moins noble que la création artistique au sens où l’esprit y met moins sa marque. Il s’agira de comprendre en quoi la simple imitation ont moins de valeur que les pures créations de l’esprit. En comparaison, les créations artistiques véritables sont souvent comparées à celle du génie, qui lui est capable de créer à partir de rien. Aussi, au lieu d’opposer d’une manière assez binaire imitation et génie, il s’agit plutôt de savoir si l’art n’est pas plutôt un mixte de création et d’imitation, un mixte réussi, où ce sont les véritables qualités créatives d’un artiste qui sont admirées et ensuite imitées par d’autres artistes à l’infini. La véritable création étant capable d’engendrer une série d’imitation, rangeant les chefs d’œuvre au rang de modèle.

« b. Le champ fini de l'imitation de la nature D'autre part, nous dirons que les productions surgissant de l'esprit humain ont été dotées de plus de valeur que lesimitations de la nature car elles manifestent des potentialités infinies, alors que le champ de l'imitation de la natureest fini. En effet, l'esprit humain est capable d'une immense variété de recompositions des données empiriques, alorsque l'imitation de la nature est une activité vouée au ressassement : la nature obéissant à des lois, l'imitation de lanature ne saurait rien produire de nouveau, mais s'approcher toujours imparfaitement de son propre modèle. III. Les productions surgissant de l'esprit humain ont plus de valeur économique que les imitations de la nature a. La dévalorisation de l'imitation par rapport à l'invention pure Nous envisagerons la question sous un autre angle : celui de la valeur marchande, et non de la valeur symbolique,qui est la valeur socialement accordée aux objets. Il semble en effet que la différence de valeur des productionstient à la différence de valeur accordée aux activités qui les génèrent. L'imitation parait aujourd'hui comme uneactivité à la portée de tous, comme la simple contemplation d'un modèle préalable à sa reproduction : les valeursd'échange produites par ce moyen ont d'autant moins de valeur que l'activité est moins valorisée. En revanche,l'invention est un processus de production valorisé, car l'invention signale les capacités d'un individu unique :pensons aux équipes de brainstorming, qui font surgir des idées de valeurs d'usages, produites ensuite à grandeéchelle. b. Productions surgissant de l'esprit humain et économie de l'utilité marginale La différence des valeurs économiques s'explique par la théorie de la valeur des biens qui a pour nom la « théorie del'utilité marginale » : la valeur d'un objet décroit en fonction de sa disponibilité pour l'usager. Le désir pour un produitdiminue donc à chaque incrément (c'est-à-dire à chaque nouvelle augmentation de la disponibilité du produit). C'estdonc le rapport entre l'utilité et la disponibilité d'un projet qui est créateur de la valeur marchande, plutôt que letemps de travail nécessaire à la production des biens. Ceci explique que les produits surgissant de l'esprit humain,étant plus rares, car provenant de l'irremplaçable individualité d'un sujet, sont dotés de plus de valeur que les objetsprovenant de l'imitation de la nature, dont nous avons vu qu'elle était une activité plus aisée, donc moins valorisée. Conclusion : A première vue, la distinction rigoureuse entre productions surgissant de l'esprit humain et œuvres imitant la natureparait assez floue : il y a en effet un coefficient d'imitation irréductible dans cette production prétendument « exnihilo ». Mais les deux activités sont dotées de valeurs symboliques différentes, car les productions surgissant del'esprit humain, contrairement à celles imitant la nature, manifeste une individualité unique ; et une valeuréconomique différente, car les productions surgissant de l'esprit humain sont dotées de plus de valeur dans uneéconomie de l'utilité marginale. »

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